04/29/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/29/2026 01:46
Asmara - La région centrale montagneuse de l'Érythrée abrite des populations qui se déplacent en fonction des saisons. Le mode de vie nomade complique l'accès aux services de base, en particulier pour les femmes et les enfants, qui sont exposés à des risques sanitaires plus élevés, tels que la mortalité maternelle et des lacunes en matière de vaccination, en raison de l'isolement géographique, de la mobilité et, parfois, de pesanteurs culturels.
Surmonter ces obstacles nécessite d'adapter la prestation des services grâce à des actions de proximité flexibles, menées par les communautés elles mêmes. Une évaluation de la couverture et de l'équité du Programme élargi de vaccination réalisée en 2020 a révélé que 18 des 58 sous régions de l'Érythrée présentaient des barrières physiques à l'accès à la vaccination, telles que des terrains rocheux et montagneux.
En réponse, les autorités sanitaires érythréennes, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), des partenaires, des organisations de la société civile et des équipes de gestion locales, ont élaboré un plan global visant à améliorer la couverture de la vaccination de routine chez les enfants de moins de 2 ans, les filles âgées de 9 ans et les femmes en âge de procréer.
La stratégie consiste à déployer environ 90 agents vaccinateurs ainsi que plus de 200 relais communautaires et superviseurs dans un village ou un groupe de villages, aux côtés des « médecins aux pieds nus » d'Érythrée - des agents de santé de première ligne qui fournissent des services de santé essentiels aux communautés les plus reculées du pays.
Le concept des médecins aux pieds nus est apparu en Chine dans les années 1960, dans le cadre d'un effort national visant à remédier à la grave pénurie de professionnels de santé dans les zones rurales. Des personnes issues de divers horizons, allant des agriculteurs aux jeunes diplômés, recevaient une formation médicale et paramédicale de base afin de fournir des soins médicaux essentiels et des services de prévention aux communautés. Le terme « pieds nus » fait référence au fait que nombre de ces praticiens étaient des agriculteurs qui travaillaient pieds nus dans les rizières tout en dispensant des soins médicaux.
Ce modèle a été utilisé par l'Érythrée durant la guerre d'indépendance, puis après l'indépendance, avec un renforcement de la formation et de l'équipement.
« Nos médecins aux pieds nus rendent visite aux familles à domicile pour les sensibiliser à nos efforts en faveur de la vaccination. Ils accompagnent également les enfants ayant manqué leurs rendez vous vers les postes de santé ou orientent nos équipes vers les personnes dans le besoin », explique Milkias Negash, chef du poste de santé de Dirfo, dans le centre de l'Érythrée.
Ces stratégies ont permis d'améliorer la couverture vaccinale en Érythrée. Selon les données nationales, en 2024 et 2025, le pays a enregistré des taux de couverture vaccinale de 95 % et 97 % pour l'ensemble des 13 antigènes recommandés dans la vaccination de routine de l'enfant, respectivement chez les enfants de moins de 12 mois et ceux âgés de 24 à 35 mois. Ces taux élevés sont également observés dans les zones difficiles d'accès.
« Le programme du gouvernement protège nos enfants contre les maladies. Ils sont en meilleure santé aujourd'hui, et nous en sommes reconnaissants », déclare Amna Omar Mohammed, habitante du village de Dirfo.
Par ailleurs, 95 % des personnes qui ont en charge des enfants ont bénéficié de séances d'éducation à la santé, et 95 % des femmes enceintes et les femmes en âge de procréer ont été vaccinées contre le tétanos et la diphtérie.
« Ce succès est le fruit d'un engagement fort au plus haut niveau du gouvernement », souligne Tedros Yehdego, responsable du Programme élargi de vaccination au ministère érythréen de la Santé. « Nous avons également des partenaires qui travaillent étroitement avec nous dans le pays, à savoir l'OMS et l'UNICEF. Grâce à ce travail conjoint, la couverture vaccinale a augmenté. »
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avi, l'Alliance du Vaccin, couvre les coûts annuels de douze vaccins, achetés par l'intermédiaire de la Division des approvisionnements de l'UNICEF. En 2024 et 2025, l'OMS a financé les coûts opérationnels de quatre cycles d'intensification périodique de la vaccination de routine (PIRI), avec le soutien de l'Aide ciblée aux pays de Gavi et du Fonds central d'intervention pour les urgences des Nations Unies. Ces coûts comprennent l'hébergement, la formation, les indemnités journalières et le transport des équipes de vaccination.
« Avec le soutien des partenaires, des agents de santé engagés, de volontaires communautaires et des autorités locales, le programme de proximité a posé des bases solides pour les efforts futurs », explique la Dre Mary Stephen, représentante de l'OMS en Érythrée.
L'OMS a fourni un appui technique pour élaborer des protocoles de gestion et des normes pour les services de vaccination de proximité, et a fourni des outils de planification essentiels à l'ensemble des districts. Des responsables techniques de l'OMS ont été chargés du suivi et de l'évaluation étroits des activités. Des guides de terrain, outils de rapportage et listes de contrôle de supervision ont été élaborés par l'OMS et le ministère de la Santé au niveau national, puis distribués à toutes les régions.
« Tous les deux mois, nous organisons des activités de proximité pour desservir sept villages reculés », explique Saidia Ibrahim Suleman, infirmière assistante au poste de santé de Dirfo. « Quatre de ces villages sont accessibles en véhicule, bien que difficilement, tandis que les trois autres ne peuvent être atteints qu'à pied ou à dos de chameau. Malgré ces défis, nous veillons à ce qu'aucun enfant ne soit laissé de côté. »
Ces succès renforcent également le moral du personnel de santé. « Il n'y a pas de plus grande joie que de savoir que chaque enfant est protégé », affirme Daniel Haile, infirmier assistant au poste de santé de Dirfo. « Notre objectif ultime est de faire en sorte que chaque enfant reçoive ses vaccins, en surmontant tous les obstacles sur notre chemin. »
Communications and Media Relations Officer
WHO Regional Office for Africa
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