United Nations Security Council

01/08/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/08/2026 14:34

Conseil de sécurité: pour l’ONU, une occasion décisive se présente pour débarrasser la Syrie de toutes ses armes chimiques

Lors de la séance du Conseil de sécurité consacrée, ce matin, à l'examen du dernier rapport mensuel de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), Haut-Représentant adjoint pour les affaires de désarmement a salué l'intensification de la coopération entre le Gouvernement syrien de transition et l'OIAC. Une « occasion décisive » se présente pour débarrasser la Syrie de toutes ses armes chimiques, a-t-il affirmé, tout en exhortant les membres du Conseil à apporter le soutien nécessaire à cet effort « sans précédent ».

Selon M. Adedeji Ebo, contrairement aux périodes antérieures marquées par des blocages, les autorités syriennes actuelles se sont engagées à clarifier l'ampleur réelle du programme chimique hérité de l'ancien régime, dont la déclaration initiale demeure jugée incomplète depuis 2014. Cette dynamique nouvelle, a-t-il souligné, vise à garantir une conformité durable à la Convention sur les armes chimiques et à ouvrir la voie à une clôture crédible du dossier.

« La page de l'opacité est tournée »

Sur le plan opérationnel, M. Ebo a mis en avant les avancées substantielles enregistrées en 2025, saluant des résultats qu'il a qualifiés de « significatifs et sans précédent ». Depuis mars, a-t-il détaillé, 19 sites ont été visités avec l'appui logistique des autorités syriennes, permettant la collecte d'échantillons, l'audition d'anciens experts et la récupération de plus de 6 000 documents.

Le Gouvernement syrien de transition et le Secrétariat technique de l'OIAC envisagent également de se rendre dans plusieurs sites prioritaires à proximité de Lattaquié, a-t-il ajouté, tout en signalant que certains de ces sites se situent dans des zones dangereuses, présentant des risques importants pour les équipes sur le terrain.

Parmi les autres avancées, le Haut-Représentant adjoint a cité la nomination d'un Représentant permanent de la Syrie auprès de l'OIAC et le rétablissement d'une présence continue de l'Organisation sur le territoire syrien.

« La page du mépris et de l'opacité est tournée », a déclaré de son côté le représentant de la Syrie qui a mis en avant la volonté du Gouvernement de transition de s'acquitter pleinement de ses obligations juridiques afin de « clore définitivement ce chapitre de notre histoire ».

« Nous avons hérité d'un programme secret et criminel dont le peuple syrien lui-même a été la première victime », a rappelé le représentant de la Syrie qui a mis en avant l'accès sans entrave accordé aux équipes de l'OIAC, la transmission de milliers de documents et la nomination d'un nouveau Représentant auprès de l'Organisation.

En outre, il a appelé à un soutien international renforcé pour la destruction sur site, le déminage et le renforcement des capacités institutionnelles, dénonçant au passage les frappes israéliennes qui compliquent les opérations de sécurisation et de destruction.

Divergences autour du rôle du Secrétariat technique de l'OIAC

Dans l'ensemble, les membres du Conseil ont reconnu que la période actuelle représente une opportunité historique pour progresser vers l'élimination complète et vérifiable des armes chimiques en Syrie, malgré des divergences persistantes au sujet du rôle du Secrétariat technique de l'OIAC.

Notant que le rétablissement d'une présence permanente de l'OIAC en Syrie constitue un « tournant majeur », les États-Unis ont appelé à un soutien financier accru, notamment de la part des États de la région.

Un appui résolu, technique mais aussi financier, doit être apporté par la communauté internationale pour aider les autorités syriennes à remplir leurs obligations et faire face aux défis « très singuliers », a souligné la France qui a par ailleurs estimé que le rétablissement éventuel à la Syrie des droits et privilèges d'État partie à l'OIAC constituera une étape importante dans la réintégration du pays au sein de la communauté internationale.

Le Danemark, le Pakistan, les A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie), Bahreïn, le Royaume-Uni, et la Grèce ont également insisté sur la nécessité d'un appui technique et financier renforcé, considérant que l'ampleur des opérations dépasse largement les capacités nationales actuelles de la Syrie.

La question de la reddition de comptes a également été évoquée à plusieurs reprises, le Danemark estimant qu'il s'agit là d'un pilier essentiel pour une transition politique crédible. La Colombie a insisté sur l'importance de la préservation des preuves, tandis que les A3 se sont préoccupés des incidents sécuritaires ayant entravé certaines activités de vérification.

Des points de friction ont toutefois émergé, principalement soulevés par la Fédération de Russie qui a pointé les décisions « hâtives et politisées » de l'OIAC.

« Nous ne pouvons accepter des conclusions prédéterminées qui ignorent les réalités du terrain », a déclaré la délégation russe, qui a critiqué la décision d'accélérer la destruction in situ, jugée susceptible de créer des précédents dangereux.

La décision d'accélérer la destruction sur site constitue un arrangement spécifique à la situation syrienne et ne doit pas être interprétée comme un précédent, a renchéri la Chine qui a par ailleurs encouragé la Syrie dans ses efforts de lutte contre le terrorisme afin d'empêcher toute utilisation ou fabrication d'armes chimiques par des groupes armés.

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