PTB - Parti du Travail de Belgique

08/19/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/19/2026 08:41

Trump n'a rien à faire dans le détroit d'Ormuz

  1. Home
  2. Actualités

Trump n'a rien à faire dans le détroit d'Ormuz

« On va tout simplement faire du détroit d'Ormuz un territoire américain », a tonné le président américain Donald Trump le 14 août. Après le Venezuela, le Panama, le Groenland - et la liste s'allonge -, le voilà qui veut annexer les rives d'un détroit situé à des milliers de kilomètres des côtes américaines. Lorsqu'il avait parlé du Groenland, ses propos avaient fait scandale. Cette fois, presque aucun gouvernement européen n'a réagi. Cette banalisation d'un discours colonial est dangereuse pour les peuples et pour la paix. Il faut la combattre résolument.

Mercredi 19 août 2026

Une artère vitale de l'économie mondiale

Commençons par rappeler ce qu'est réellement le détroit d'Ormuz. Il s'agit d'un détroit situé dans le golfe Persique. À son point le plus étroit, ce bras de mer ne mesure qu'une quarantaine de kilomètres de largeur, avec l'Iran au nord et Oman au sud. Cette distance n'est que de quelques kilomètres supérieure à celle qui sépare la France et l'Angleterre au niveau de la Manche.

Pour des pays comme le Koweït, l'Irak, le Qatar, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l'Iran et l'Arabie saoudite, ce détroit constitue une voie de passage essentielle pour l'exportation de pétrole et de gaz. Jusqu'à récemment, 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) et 25 % du transport maritime de pétrole transitaient par le détroit d'Ormuz. Compte tenu de l'intensité du trafic maritime, celui-ci s'effectue sur deux voies étroites d'un peu plus de 3 kilomètres de largeur chacune.

Jusqu'au début de cette année, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz se déroulait sans trop de difficultés. Mais lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran fin février, la situation s'est envenimée. L'Iran a imposé un blocus du détroit. Ce faisant, l'Iran disposait d'une arme économique puissante et a réussi à frapper les États-Unis là où cela fait mal : l'économie.

Comment rouvrir le détroit d'Ormuz ?

Quelques mois ont passé et la machine de guerre américaine s'est cassé les dents sur l'Iran. Les tentatives de provoquer des soulèvements en s'appuyant sur des figures de l'opposition iranienne ont échoué. L'arsenal militaire américain est épuisé. Les sanctions économiques, comme le blocus des ports iraniens, n'ont aucun effet. L'Iran ne cède pas. Il refuse toute capitulation. Pas étonnant que Trump soit frustré.

Entre-temps, l'Iran négocie avec Oman afin de trouver ensemble une solution pour la gestion du détroit d'Ormuz. C'est logique : il s'agit de leurs eaux territoriales. Et sans accord, il est impossible d'assurer la navigation dans ce détroit étroit. Il en a toujours été ainsi et il en sera encore ainsi à l'avenir. Sans la coopération et l'accord des deux pays, la navigation est impossible.

Des accords internationaux

L'Iran souhaite également obtenir une compensation financière pour le passage dans le détroit d'Ormuz. Cette demande est évidemment controversée. Même s'il s'agit des eaux territoriales de l'Iran et d'Oman, cela ne signifie pas pour autant que ces pays peuvent instaurer librement un droit de péage. Il existe en effet un droit maritime international, formalisé par la CNUDM (la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, UNCLOS en anglais). Or la CNUDM considère le détroit d'Ormuz comme un détroit international dans lequel le libre passage doit être garanti.

Cela signifie-t-il qu'une compensation financière est nécessairement exclue ? Ce n'est pas si certain. Certains experts font référence au détroit de Malacca, qui sépare notamment l'Indonésie, Singapour et la Malaisie. Ces trois pays ont conclu des accords concernant la gestion du détroit, notamment en matière de sécurité et de protection de l'environnement. Ils ont également créé un fonds commun, alimenté par les pays qui tirent le plus grand bénéfice du trafic maritime traversant le détroit de Malacca : la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Inde, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Ormuz n'est pas Malacca, et créer un fonds commun est évidemment différent d'imposer un droit de péage. Mais l'exemple de la gestion du détroit de Malacca montre qu'il est tout à fait possible d'organiser une gestion commune d'un détroit. Une condition est ici d'une importance exceptionnelle : les pays concernés doivent pouvoir parvenir eux-mêmes à des solutions par la voie de négociations pacifiques. Cela est possible dans le cadre d'accords internationaux plus larges, comme la CNUDM, qui permettent de faire appliquer des principes similaires partout dans le monde.

Mieux sans Trump

Négociations pacifiques, accords internationaux... Voilà précisément des choses dont Trump et les États-Unis se soucient fort peu. N'oublions pas que ce sont les États-Unis qui ont déclenché la guerre contre l'Iran et que c'est Trump qui menace de s'emparer purement et simplement du détroit d'Ormuz - et donc de parties de l'Iran et d'Oman - comme à l'époque coloniale. Il menace même de bombarder Oman - pourtant un allié - si le pays « mettait quelque chose sur le chemin » des États-Unis.

D'ailleurs, les États-Unis sont l'un des rares pays à n'avoir jamais ratifié la CNUDM. Trump fait la leçon à tout le monde, mais son propre pays ne respecte pas les règles internationales. L'hypocrisie à son comble !

En résumé, la meilleure chose qui puisse arriver pour parvenir à une solution concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz serait que les États-Unis cessent de s'en mêler. Ce n'est que lorsque les ingérences et les menaces cesseront, et lorsque l'ensemble de la machine de guerre américaine aura quitté la région, qu'une solution pourra émerger.

La Belgique et l'Europe auraient également tout à y gagner, car le pétrole et le gaz pourraient alors à nouveau transiter sans entrave par le détroit d'Ormuz. Comment convaincre nos responsables politiques de s'engager pleinement en faveur d'un retrait américain et du soutien aux initiatives locales en faveur de la paix et de la compréhension mutuelle ?

  • Partager
Partagez cette page
PTB - Parti du Travail de Belgique published this content on August 19, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on August 19, 2026 at 14:41 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]