10/16/2025 | Press release | Distributed by Public on 10/16/2025 22:28
Alors que la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, entame une visite d'État en Chine, Reporters sans frontières (RSF) lui a adressé une lettre, afin qu'elle exige la libération de l'éditeur suédois Gui Minhai, enlevé par les autorités chinoises il y a dix ans, le 17 octobre 2015. RSF rappelle que Gui Minhai, seul citoyen de l'Union européenne actuellement détenu pour avoir défendu la liberté de la presse en Chine, a été victime d'une disparition forcée orchestrée par le régime chinois. Depuis cinq ans, aucune information n'a été communiquée sur son état ou son lieu de détention.
"Cette visite d'État représente une occasion unique pour le gouvernement suédois de faire pression sur la Chine afin d'obtenir la libération de son ressortissant Gui Minhai. Dix ans d'injustice, c'est beaucoup trop long. Lors de ses rencontres avec ses homologues chinois, la ministre des Affaires étrangères Maria Malmer Stenergard doit clairement faire comprendre que tout refus de libérer Gui Minhai aura de graves conséquences politiques sur les relations bilatérales entre Stockholm et Pékin.
Selon les mots de Angela Gui, l'unique fille de l'éditeur, - qui est l'un des fondateurs de la maison d'édition hongkongaise Mighty Current, connue pour ses enquêtes sur la politique chinoise -, "le seul résultat acceptable de la visite de la ministre des Affaires étrangères serait que mon père rentre à la maison avec elle."
À l'approche de ce sinistre anniversaire, une série d'initiatives diplomatiques ou issues de la société civile ont été lancées pour exiger la libération de Gui Minhai. Le 9 octobre, le Parlement européen a adoptéune résolution appelant les acteurs de l'Union européenne à faire pression sur la Chine pour qu'elle le libère. Le 15 octobre, une coalition de 90 organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains, menée par RSF, a exhortéle gouvernement suédois à prendre des mesures immédiates pour qu'il retrouve sa liberté.
L'affaire Gui Minhai est emblématique de la campagne de répression menée par le régime chinois contre les voix critiques, dans le cadre d'une offensive croissante contre le droit à une information fiable depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012. La Chine occupe la 178e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presseétabli par RSF en 2025, et reste la plus grande prison au monde pour les journalistes selon les données de l'organisation.