IndustriALL Global Union

06/17/2026 | News release | Archived content

L’UGT et les CCOO à nouveau en grève chez Iberdrola contre une « Transition juste » qui laisse les travailleurs au bord du chemin

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17 juin, 2026Plus de 9.000 salariés d'Iberdrola s'apprêtent à faire grève à travers l'Espagne ce 19 juin alors que les négociations collectives entamées en janvier 2025 restent dans l'impasse après seize mois. L'Union Générale des Travailleurs (UGT) et les Commissions Ouvrières (CCOO), syndicats affiliés à IndustriALL, affirment que l'entreprise énergétique refuse de protéger le pouvoir d'achat de son personnel alors même qu'elle affiche des bénéfices record.

Il s'agit de la deuxième grève générale au sein d'Iberdrola en un peu plus d'un an. La première a eu lieu le 6 juin 2025 lorsque plus de 9.000 salariés ont débrayé pour la toute première fois.

Seize mois, zéro progrès

Les négociations en vue d'une nouvelle convention collective ont débuté en janvier 2025. Seize mois plus tard, l'UGT et les CCOO soutiennent que les discussions n'ont pas avancé d'un iota, l'entreprise se montrant réticente à faire des concessions sur les augmentations salariales, le rétablissement du pouvoir d'achat ou encore les conditions de travail.

Selon les syndicats, depuis 2021, la main d'œuvre espagnole d'Iberdrola a perdu 19 % de son pouvoir d'achat, les salaires n'ayant augmenté que de 2,8 % face à une inflation bien plus élevée. Les syndicats qualifient l'offre salariale de l'entreprise de véritable « honte » pour une société qui se pose elle-même comme un leader mondial de l'énergie. L'ELA et la CIG appellent à la grève dans les régions où elles sont présentes (respectivement au Pays Basque et en Galicie), en soutien à la grève nationale.

Des bénéfices record, des salaires gelés

Iberdrola a enregistré un bénéfice net de 6,285 milliards d'euros en 2025. Depuis l'entrée en vigueur de la convention collective actuelle en 2021, le bénéfice net s'est accru de 12 %, cumulant un bénéfice total de 24,924 milliards d'euros sur cette période. La capitalisation boursière de l'entreprise a atteint près de 135 milliards d'euros. Iberdrola, qui se présente comme le premier groupe électrique européen en termes de valeur boursière, s'apprête à distribuer plus de 4,5 milliards d'euros à ses actionnaires pour l'année 2025. Au cours de la même période, le Président-directeur général de l'entreprise, Ignacio Sánchez Galán, a augmenté sa propre rémunération de 6,45 % la portant à 14,11 millions d'euros.

Les syndicats font savoir que l'Espagne représente 23 % des effectifs mondiaux d'Iberdrola mais a contribué à hauteur de 46 % à son bénéfice net en 2025, tandis que les chiffres avancés par l'entreprise elle-même, relatifs à un salaire moyen de plus de 88.000 € par salarié, ne reflètent absolument pas ce que le personnel empoche réellement.

Une série de litiges

Les syndicats mettent en évidence les décisions répétées rendues contre Iberdrola par La Haute Cour nationale espagnole durant ces deux dernières années, notamment en ce qui concerne un système salarial illégal à deux vitesses, l'utilisation illicite du vote électronique lors des scrutins syndicaux et le non-alignement des prestations de retraite au taux d'inflation.

Les représentants de l'UGT et des CCOO ont également mené une action de protestation de cinq jours, 24 heures sur 24 devant le siège d'Iberdrola à Bilbao, en amont de l'assemblée générale des actionnaires de l'entreprise qui s'est tenue plus tôt cette année,

Cette grève a lieu la semaine où Iberdrola, dont les origines remontent à la fondation de Hidroeléctrica Ibérica à Bilbao en 1901, célèbre son 125e anniversaire.

Une « Transition juste » mais pas pour les travailleurs

Iberdrola s'est positionnée à l'échelle mondiale comme un leader dans la mise en œuvre de ce qu'elle appelle une « Transition juste » vers les énergies propres, mettant en avant la fermeture de ses centrales à charbon et ses investissements dans les énergies renouvelables comme preuves de sa volonté de placer les travailleuses et travailleurs au cœur de cette transition. L'UGT et les CCOO affirment que cet engagement apparaît sous un autre jour vu de l'intérieur, accusant l'entreprise de faire exactement ce contre quoi les syndicats mettent en garde depuis des années : des bénéfices et des dividendes sans précédent au sommet, un pouvoir d'achat gelé à la base

« Nous apportons tout notre soutien à nos affiliés espagnols alors qu'ils se mettent en grève pour la deuxième fois en un an. Seize mois de tergiversations ce n'est pas une négociation, c'est un refus de dialoguer. Une entreprise qui bat chaque année ses propres records de bénéfices a les moyens de protéger le pouvoir d'achat de ses salariés. Une transition, qu'il s'agisse de la fermeture d'une centrale à charbon ou de la restructuration d'un secteur, n'est «juste» que si elle protège les emplois, les salaires et les conditions de travail des travailleuses et travailleurs concernés»

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d'IndustriALL.

IndustriALL Global Union published this content on June 17, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 19, 2026 at 06:38 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]