05/07/2026 | News release | Distributed by Public on 05/07/2026 02:13
Jusqu'au bout, le 8 mai 1945, l'enfant des Hauts-de-France devenu l'homme de la France Libre aura dû se battre pour que notre Nation soit officiellement partie prenante dans le camp des vainqueurs.
"La guerre est gagnée ! Voici la victoire ! C'est la victoire des Nations Unies et c'est la victoire de la France ! L'ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l'Ouest et de l'Est. Le commandement français était présent et a participé à l'acte de capitulation… ! C'est par ces mots que le Général de Gaulle, l'enfant des Hauts-de-France devenu l'homme de la France libre, annonce le 8 mai 1945 à la radio la capitulation sans réserve de l'Allemagne.
Si ce discours est entré dans l'histoire, il n'allait pas de soi, pourtant, que la présence de la France soit assurée à la table des signataires de l'acte officiel de l'armistice. Il aura fallu en effet toute la détermination et le sens politique du général pour vaincre les réticences des alliés et des Allemands à accepter de voir notre pays s'asseoir à la table des vainqueurs.
Jusqu'au bout, en effet, comme le relate le Général dans ses mémoires, les Allemands ont tenté, dans les négociations préalables, d'écarter la France. Représentant l'Union Soviétique, puissance invitante à Berlin, le général Joukov tente lui aussi de l'ignorer, alors que la signature un peu moins officielle, la veille à Reims, n'avait soulevé aucune difficulté. À Berlin, aucun drapeau français n'avait été prévu pour la cérémonie de signature de l'acte officiel et c'est à la hâte, bricolé avec de petits morceaux de tissus, qu'il fallut en confectionner un de justesse. Peu d'empressement aussi chez les Anglais qui, profitant de la situation, traînent plus ou moins ouvertement les pieds.
De Gaulle, représenté par le fidèle et habile-général de Lattre de Tassigny, sent qu'il se passe quelque chose et multiplie les interventions diplomatiques. Il réussit alors le tour de force, en acceptant que la France soit signataire comme témoin, de faire reconnaître notre Nation comme État, exactement au même titre que le Royaume-Uni et les États-Unis.
Cette victoire diplomatique permet ainsi à notre pays d'être officiellement signataire de l'acte final de capitulation, ce qui sera déterminant pour la suite des événements. Ce mardi 8 mai 1945, à 15 heures, De Gaulle peut alors annoncer aux Français dans son allocution radiophonique : "C'est la victoire des Nations Unies et c'est la victoire de la France ".
Télégramme du général de Gaulle au général de Lattre de Tassigny
"Paris, le 7 mai 1945.
Je vous ai désigné pour participer à l'acte solennel de la capitulation de Berlin. Il est prévu que seuls le général Eisenhower et le représentant du commandement russe signeront comme parties contractantes. Mais, vous signerez comme témoin. Vous devrez, en tout cas, exiger des conditions équivalentes à celles qui seront faites au représentant britannique, à moins que celui-ci signe pour Eisenhower."