10/16/2025 | Press release | Distributed by Public on 10/16/2025 10:39
Les journalistes Alaa al-Sarraj, Emad Zakaria Badr al-Ifranji et Shady Abu Sedo, arrêtés illégalement par les forces israéliennes dans la bande de Gaza, ont été libérés le 13 octobre dans le contexte du cessez-le-feu. Mais 16 journalistes arrêtés au cours des deux dernières années dans ce territoire et en Cisjordanie demeurent en détention. Reporters sans frontières (RSF) exige leur libération immédiate et sans condition.
Trois journalistes ont figuré, ce 13 octobre, parmi les 1 968 prisonniers palestiniens (dont l'immense majorité a été détenue sans charge, ni inculpation, ni jugement) libérés par Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu impliquant, lors d'une phase initiale cruciale, un échange d'otages et de prisonniers entre Israël et le Hamas.
Parmi ces journalistes libérés, le caméraman de l'agence de presse publique palestinienne Alray, Alaa al-Sarraj, est celui qui a subi la plus longue période de détention, plus d'un an et dix mois. Selon les informations de RSF, il était détenu dans la prison de Ketziot-Al Naqab. Il avait été arrêté en raison de son travail par les forces armées israéliennes le 1er décembre 2023 au sud de la ville de Gaza, lors de son déplacement forcé du nord au sud de l'enclave palestinienne assiégée.
Les deux autres, Emad Zakaria Badr al-Ifranjiet Shady Abu Sedo, arrêtés le 19 mars 2024 dans la ville de Gaza, ont passé un an et six mois dans les geôles israéliennes. Le premier, âgé de 55 ans et directeur du site d'information en ligne Watan, avait été arrêté par les forces armées israéliennes à son domicile situé à proximité de l'hôpital Al-Shifa. Le second, journaliste pour la chaîne Palestine Today, avait été arrêté en reportage dans ce même établissement hospitalier.
Dans des vidéos diffusés par des chaînes d'information arabophones, comme Al-Jazeeraet Palestine Today, et sur les réseaux sociaux, Emad Zakaria Badr al-Ifranji et Shady Abu Sedo, aux visages extrêmement amaigris, ont dénoncé des actes inhumains et dégradants, qu'ils ont qualifiés de "torture", infligés par leurs geôliers israéliens en détention.
"RSF exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les journalistes palestiniens détenus arbitrairement par Israël. Ceux libérés comme celles et ceux toujours détenus n'auraient jamais dû être enlevés illégalement par les forces israéliennes. RSF dénonce les actes inhumains et dégradants infligés par les autorités pénitentiaires israéliennes et rapportés par les trois journalistes libérés. Ces actes, s'ils sont avérés, équivalent à de la torture.
Vingt-et-un journalistes palestiniens toujours aux mains d'Israël, dont 16 kidnappés après le 7 octobre 2023
Sur fond d'offensive militaire israélienne dévastatrice à Gaza, les arrestations de journalistes palestiniens par Israël ont bondi au cours des deux dernières années, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie. Alors que cinq professionnels palestiniens des médias étaient arbitrairement incarcérés avant le 7 octobre 2023, 20 l'ont été après cette date, selon RSF. Parmi eux, le journaliste Baha al-Ghoul, arrêté par l'armée israélienne dans la bande de Gaza le 16 novembre 2023, a été libéré le 28 février 2025 de la prison de Ketziot-Al Naqab.
Parmi ces journalistes palestiniens arrêtés à la suite du 7 octobre 2023, 16 sont toujours en détention. En tout, 21 demeurent détenus illégalement par Israël.