04/27/2026 | Press release | Archived content
développement durable
Les communautés du département de l'Artibonite en Haïti se sont réunies dans le cadre d'un processus de planification participative de trois jours afin de donner forme à une nouvelle initiative de l'OIT et du PAM, soutenue par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, qui établit un lien entre les moyens de subsistance, le travail décent et la consolidation de la paix.
27 avril 2026
GONAÏVES, Haïti (OIT Info) - Les acteurs locaux du département de l'Artibonite en Haïti ont franchi une première étape cruciale vers le relèvement et la consolidation de la paix grâce à un processus de planification participative de trois jours qui place les communautés au cœur des solutions à leurs problèmes. Du 23 au 25 avril 2026, les autorités locales du Conseil d'Administration de la Section Communale (CASEC), les organisations communautaires (OCB), des groupes de la société civile et des agriculteurs se sont réunis à Gonaïves et à Saint-Michel-de-l'Attalaye pour définir les priorités et identifier les bénéficiaires d'un programme de deux ans financé par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF) et dirigé conjointement par l'Organisation internationale du travail (OIT) et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Ce processus de planification marque le lancement officiel du projet intitulé « Renforcer la paix et la cohésion sociale grâce à la résilience socio-économique le long de chaînes de valeur inclusives pour les populations vulnérables du département de l'Artibonite ». Cette initiative soutiendra les petits agriculteurs, renforcera les coopératives agricoles inclusives et mettra en place un mécanisme communautaire de suivi des tensions sociales et des besoins socio-économiques. Ce mécanisme est conçu pour anticiper et désamorcer les conflits avant qu'ils ne s'aggravent.
Courant jusqu'en février 2028, le projet vise à dégager des enseignements pouvant être transposés à d'autres zones prioritaires à travers Haïti. Le PNUD, l'OIM et l'UNICEF sont également des partenaires actifs susceptibles de contribuer utilement à ce projet dans le cadre du portefeuille plus large du PBF dans le pays
Haïti continue de faire face à une crise socio-économique et sécuritaire complexe, marquée par une augmentation des déplacements de population, de l'insécurité alimentaire et de la pression sur les ressources naturelles. Dans l'Artibonite - la principale région productrice de riz du pays - ces défis intensifient la concurrence pour les moyens de subsistance et accentuent le risque de tensions locales.
«Ce processus participatif est essentiel pour garantir que le projet réponde aux besoins réels sur le terrain», a déclaré Fabrice Leclercq, coordinateur national de l'OIT en Haïti. « En réunissant dès le départ les communautés, les autorités et les partenaires, nous renforçons l'appropriation, la confiance et les fondements d'un impact durable. »
Le projet se concentrera sur le renforcement de la chaîne de valeur du riz afin de créer des emplois et d'améliorer les revenus des groupes vulnérables, notamment les personnes déplacées à l'intérieur du pays et les rapatriés. Il accordera également une priorité particulière aux femmes et aux jeunes, qui sont souvent confrontés aux obstacles les plus importants à la participation économique dans les contextes fragiles. Les activités comprendront un soutien aux coopératives agricoles, le développement des compétences et un meilleur accès aux marchés. Il est important de noter que le projet mettra les agriculteurs en relation avec des marchés stratégiques notamment par le biais du programme d'alimentation scolaire du PAM.
Ce processus s'inscrit dans le cadre de l'approche de l'OIT en faveur de systèmes de marché inclusifs (AIMS), qui privilégie le renforcement des capacités des producteurs parallèlement à un meilleur accès aux marchés afin d'opérer un changement durable et systémique. Il reflète également l'approche plus large de l'OIT visant à promouvoir le travail décent comme voie salutaire vers la résilience et la paix dans les contextes fragiles.
Alors que la mise en œuvre commence, les résultats des consultations de trois jours guideront les activités sur le terrain, contribuant à garantir que l'aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin tout en favorisant la coopération et la confiance. Dans un contexte où les approches du sommet à la base peinent souvent à s'imposer, ce démarrage piloté localement envoie un message clair : la paix et le développement durables commencent par un dialogue inclusif local et une appropriation partagée.