IMF - International Monetary Fund

03/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/24/2026 10:39

Le conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2026 au titre de l’article IV et l’examen à mi-parcours de l’accord au titre de la ligne de crédit modulable en[...]

Washington. Le 20 mars, le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations de 2026[1] au titre de l'article IV avec le Maroc et achevé l'examen à mi-parcours de l'accord au titre de la ligne de crédit modulable (LCM) qui avait été approuvé le 2 avril 2025 (voir CP 25/085). Les autorités ont consenti à la publication du rapport des services du FMI préparé pour ces consultations[2].

La croissance du PIB réel s'est accélérée en 2025, avec un taux estimé à 4,9 %, portée par un rebond de la production agricole et une forte augmentation des projets d'infrastructure à grande échelle. Le niveau élevé du chômage demeure en revanche un défi de taille. L'inflation moyenne reste faible, à 0,8 %, autorisant Bank Al-Maghrib à conserver une orientation budgétaire neutre après les baisses de taux directeurs opérées plus tôt. Le déficit courant s'est creusé à 2,1 % du PIB, car les importations ont augmenté avec les investissements, mais le dynamisme du secteur touristique a partiellement compensé la variation. Grâce notamment à la très bonne tenue des recettes, le déficit budgétaire global a été plus modeste que prévu, à 3,5 % du PIB, alors même que les dépenses consacrées aux investissements publics et aux transferts en faveur des entreprises publiques ont dépassé les montants prévus au budget.

Pour l'avenir, les perspectives de croissance restent très favorables, reposant sur des leviers intérieurs solides. La croissance du PIB réel devrait s'établir à 4,4 % pour 2026, 4,5 % pour 2027 et 4 % à moyen terme, sous réserve d'un retour à la normale de la production agricole et d'une poursuite des investissements dans l'infrastructure avec une participation accrue du secteur privé. Les perspectives de croissance à court terme sont modérées par le conflit en cours au Moyen-Orient, dont le Maroc subit les effets par le bouleversement des marchés mondiaux des produits de base et la baisse de la demande mondiale dans un contexte général plus incertain. Aujourd'hui peu élevée, l'inflation devrait augmenter temporairement en cours d'année, notamment en raison de la hausse des prix de l'énergie, avant de s'établir à 2 % environ à moyen terme. Compte tenu de la forte teneur en importations des investissements infrastructurels et du renchérissement des importations de produits de base, le déficit courant devrait se creuser modérément. Le niveau des réserves internationales devrait rester adéquat. Les déficits budgétaires globaux pour 2026 et à moyen terme sont compatibles avec une réduction progressive du ratio dette/PIB à 60,5 % d'ici 2031.

Les perspectives risquent d'être révisées à la baisse dans un contexte de forte incertitude sur le plan extérieur. Les risques extérieurs sont la volatilité accrue des prix des produits de base liée à l'incertitude générale et le conflit en cours au Moyen-Orient, ainsi que l'augmentation des obstacles au commerce et les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, qui pourraient peser sur l'activité dans la zone euro. Sur le plan intérieur, le risque principal a trait aux bénéfices économiques des investissements publics mis en œuvre pour l'infrastructure : si les gains sont moins importants que prévu, la croissance et l'emploi seront en berne. Dans l'hypothèse où les risques baissiers se réaliseraient, la marge de manœuvre existante et la LCM aideraient l'économie à s'ajuster sans heurts.

À la suite des délibérations du conseil d'administration, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président du conseil d'administration, a fait la déclaration suivante :

« L'économie marocaine a continué de faire preuve d'une grande résilience. L'agriculture, le bâtiment et les travaux publics, et le tourisme ont stimulé l'activité économique en 2025. L'élan de croissance devrait rester puissant en 2026 et à moyen terme, soutenu par les investissements publics et privés dans l'infrastructure. À court terme, la croissance risque toutefois de subir les répercussions du conflit en cours au Moyen-Orient sous la forme d'une hausse des prix de l'énergie et d'un affaiblissement de la demande extérieure. Face à l'intensification des tensions géopolitiques et à l'incertitude mondiale, il est essentiel de maintenir des politiques macroéconomiques prudentes, de gérer avec rigueur les risques budgétaires et économiques, d'investir davantage dans le capital humain et de veiller à la mise en œuvre résolue des réformes structurelles pour stimuler une croissance inclusive et la création d'emplois.

Le Maroc continue de remplir les critères d'admissibilité au mécanisme de ligne de crédit modulable. Il a toujours mis en œuvre des politiques macroéconomiques très solides et reste déterminé à maintenir ce cap. De plus, les paramètres fondamentaux de l'économie et les cadres institutionnels demeurent très robustes. Les autorités entendent continuer de considérer la LCM comme un dispositif de précaution et prévoient d'en sortir progressivement en fonction de l'évolution des risques externes. »

Maroc : principaux indicateurs économiques, 2024-2031

Population : 36,8 millions (en 2024)

Quote-part : 894,4 millions de DTS

Principales exportations : automobiles, phosphate et produits dérivés (2024)

Principaux marchés d'exportation : Espagne et France (43 % de l'ensemble des échanges commerciaux) (2024)

2024

2025

2026

2027

2028

2029

2030

2031

Projections

Production (variation annuelle en %)

Croissance du PIB réel

3,8

4,9

4,4

4,5

4,5

4,4

4,1

4,0

Croissance du PIB réel, hors agriculture

4,6

4,9

4,1

4,5

4,6

4,6

4,2

4,1

Emploi (en %)

Chômage

13,3

13,0

12,3

11,4

11,0

11,0

11,0

11,0

Prix

Inflation (fin de période)

0,7

-0,3

2,1

1,5

2,0

2,0

2,0

2,0

Inflation (moyenne de la période)

0,9

0,8

1,6

1,6

2,0

2,0

2,0

2,0

Finances de l'administration centrale (en % du PIB) 1/

Recettes

26,9

27,7

28,1

27,6

27,3

27,2

27,2

27,1

Dépenses

30,9

31,3

31,5

30,9

30,6

30,4

30,3

30,2

Solde budgétaire

-3,9

-3,5

-3,4

-3,3

-3,3

-3,2

-3,1

-3,0

Dette de l'administration centrale budgétaire

67,7

67,1

65,9

64,8

63,7

62,5

61,5

60,5

Masse monétaire et crédit (variation annuelle en %)

Monnaie au sens large

8,0

9,4

6,5

6,7

6,0

5,6

5,4

5,3

Créances à l'économie 2/

6,9

8,9

6,2

6,4

6,0

5,8

5,6

5,6

Balance des paiements

Compte des transactions courantes (en % du PIB)

-1,2

-2,1

-3,3

-3,0

-3,2

-3,4

-3,1

-3,3

Exportations de biens (en dollars, variation annuelle en %)

8,2

10,9

12,9

8,5

8,2

7,2

6,6

6,8

Importations de biens (en dollars, variation annuelle en %)

8,2

15,9

12,2

8,1

7,9

7,8

6,7

6,5

Balance commerciale des marchandises (en % du PIB)

-17

-18

-19,2

-18,9

-19,0

-19,1

-19,0

-18,7

IDE (en % du PIB)

0,6

1,2

1,2

1,4

1,6

1,7

1,7

1,7

Réserves brutes (en mois d'importations)

4,8

5,6

5,3

5,2

5,1

5,1

5,1

5,2

Dette extérieure (en % du PIB)

42,6

45,1

45,0

43,8

43,6

43,4

43,0

42,4

Taux de change

TCER (moyenne annuelle, variation en %)

0,3

1,7

...

...

...

...

...

...

Pour mémoire

PIB nominal (en milliards de dollars)

160

183

194

212

227

245

263

284

Importations nettes de produits énergétiques (en milliards de dollars)

-11,4

-11,5

-14,9

-14,5

-15,0

-15,6

-16,3

-17,1

Monnaie nationale pour un dollar (moyenne pour la période)

9,9

9,4

...

...

...

...

...

...

Sources : autorités nationales ; estimations des services du FMI.

1/ Dons compris.

2/ Y compris le crédit aux entreprises publiques.

Note : Au 15 mars 2026. Ce tableau intègre des données à jour concernant les évolutions survenues depuis la publication du rapport des services du FMI (EBS/26/15), le 9 mars 2026, et reflète un scénario actualisé avec une évaluation initiale par les services du FMI des conséquences que le conflit au Moyen-Orient pourrait avoir sur le Maroc.

[1] Conformément à l'article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du conseil d'administration.

[2] Conformément aux Statuts du FMI, la publication des documents qui ont trait aux pays membres est facultative et nécessite l'approbation des États membres concernés. Le rapport des services du FMI sera publié prochainement sur la page www.imf.org/[Morocco].

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