01/15/2026 | Press release | Archived content
Reporters sans frontières (RSF) tire la sonnette d'alarme après la perquisition menée au domicile de la journaliste du Washington Post Hannah Natanson et la saisie de ses ordinateurs portables personnels et professionnels, de son téléphone et de sa montre connectée par le Bureau fédéral d'enquête (FBI). Cette saisie, vraisemblablement illégale, met en danger Hannah Natanson et ses centaines de sources. Cet épisode marque un nouveau tournant dans la guerre menée par l'administration Trump contre la liberté de la presse. Le Congrès américain doit exiger des explications et organiser des auditions pour enquêter sur cette affaire.
Le 14 janvier, le FBI a remis à Hannah Natanson un mandat de perquisitiondans le cadre de son enquête sur un sous-traitant fédéral soupçonné d'avoir divulgué des informations classifiées. Pourtant, la plainte déposéepar le gouvernement contre ce sous-traitant ne mentionne aucune communication de documents secrets à une journaliste et le gouvernement a reconnuque Hannah Natanson ne faisait pas l'objet d'une enquête. Or, la saisie des appareils d'une journaliste dans le cadre d'un mandat visant un tiers est interdite par la loi sur la protection de la vie privée. En outre, la Cour suprême a depuis longtemps réaffirméle droit des journalistes, garanti par le premier amendement, de publier des informations classifiées qui ont été divulguées.
Cependant, la loi ne peut protéger la presse lorsque le pouvoir exécutif est prêt à la bafouer. Le Congrès a l'obligation de mettre un terme à ces abus et d'exercer son devoir de contrôle tel qu'établi par la Constitution. Les commissions judiciaires de la Chambre des représentants et du Sénat devraient organiser des auditions et exiger le témoignage de la procureure générale Pam Bondi et du directeur du FBI, Kash Patel.
Cette escalade inquiétante de l'hostilité de l'administration Trump envers les médias est intervenue le jour même où RSF publiait une chronologiedétaillée de la guerre menée par le président américain contre la presse, depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025. RSF et 30 autres organisations de défense de la liberté de la presse et de la liberté d'expression ont publié une déclaration communecondamnant l'atteinte à la vie privée de Hannah Natanson par le gouvernement.
"La perquisition et la saisie des appareils personnels et professionnels d'une journaliste par le FBI sont extrêmement dangereuses et soulignent la nécessité d'adopter des protections fédérales plus importantes pour les journalistes et leurs sources. Un gouvernement ouvertement hostile aux médias est désormais en possession de communications sensibles entre une journaliste et ses sources, qui sont donc toutes exposées à un risque important. Il est temps que le Congrès intervienne et mette un terme aux agissements d'un pouvoir judiciaire hors de contrôle.