02/03/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/04/2026 01:40
Freetown - Autrefois en Sierra Leone, un diagnostic de cancer du col de l'utérus signifiait que la patiente devait voyager vers des pays voisins pour recevoir un traitement, si elle en avait les moyens. Aujourd'hui, grâce au leadership soutenu du ministère de la Santé, en étroite collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'UNFPA, Friends of Africa et des partenaires internationaux, des services essentiels de prévention et de prise en charge deviennent de plus en plus accessibles dans le pays. Des partenariats Sud Sud avec la Zambie et la Chine ont renforcé les capacités nationales, offrant de l'espoir aux femmes et sauvant des vies.
Le cancer du col de l'utérus demeure l'une des principales causes de décès chez les femmes dans le pays. Conscient de l'urgence, la Sierra Leone a considérablement élargi l'accès à la prévention, au dépistage précoce et au traitement. En novembre 2025, le dépistage du cancer du col de l'utérus avait été étendu à au moins un centre de santé dans chacun des 16 districts du pays, portant le total à 25 sites fonctionnels de dépistage. Depuis 2022, ces services ont permis de toucher plus de 34 900 femmes, atteignant une couverture de 100 % au niveau des districts.
« Ces réalisations ne sont pas le fruit du hasard. Le ministère, le gouvernement et nos partenaires travaillent ensemble pour relever de grands défis sanitaires et assurer une voie durable vers l'élimination du cancer du col de l'utérus », déclare la Dre Jalikatu Mustapha, vice ministre de la Santé II.
Les professionnels de santé utilisent l'inspection visuelle à l'acide acétique, une méthode économique de dépistage du cancer du col qui consiste à appliquer de l'acide acétique sur le col de l'utérus afin d'identifier des lésions anormales. Si une lésion précancéreuse est détectée, les professionnels de santé procèdent immédiatement à un traitement par ablation thermique ou par procédure d'excision électro-chirurgicale à l'anse.
Ces deux interventions permettent de retirer le tissu anormal de la surface du col, réduisant ainsi le risque d'évolution vers un cancer invasif. Le dépistage est intégré aux services de santé sexuelle, reproductive et de lutte contre le VIH, garantissant que les femmes les plus à risque reçoivent des soins en temps opportun.
Le ministère de la Santé, avec l'appui de l'OMS, a formé des professionnels de santé - notamment des infirmières, médecins et cliniciens - à effectuer l'inspection visuelle à l'acide acétique, l'ablation thermique et la procédure d'excision électro-chirurgicale à l'anse dans les 16 districts du pays. L'OMS a facilité les formations et fourni un soutien financier pour assurer une mise en œuvre efficace.
Pour les femmes diagnostiquées d'un cancer du col à un stade précoce, l'accès à la chirurgie est essentiel. En réponse, le ministère de la Santé, soutenu par l'OMS, Friends of Africa et grâce à une collaboration Sud Sud avec la Zambie, a lancé en 2024 un camp de chirurgie pour les interventions complexes liées au cancer du col de l'utérus à un stade précoce. Cette initiative a permis à des gynéco oncologues expérimentés de Zambie de travailler aux côtés de spécialistes nationaux, renforçant ainsi l'expertise locale. Le troisième camp chirurgical sur le cancer du col a eu lieu en décembre 2025, consolidant davantage les capacités nationales de prise en charge complète du cancer. L'OMS a assuré un soutien et une supervision afin de garantir une prestation de services de haute qualité.
Depuis le premier camp en 2024 dans le pays, 11 femmes ont bénéficié de chirurgies qui ont permis de leur sauver la vie. Ces camps servent également de plateforme de mentorat pratique, contribuant progressivement au développement des compétences locales.
Selon le Dr Groesbeck Parham, expert principal de l'Initiative pour l'élimination du cancer du col de l'utérus et membre de l'équipe chirurgicale, la collaboration est essentielle au succès. « Nous avons contribué à la formation des professionnels de santé et à la fourniture d'équipements pour l'offre de services de dépistage et de traitement », a-t il indiqué.
Pour la patiente Ramatulai Kamara, la chirurgie pour un cancer du col invasif a changé sa vie. Avant l'intervention, elle souffrait de douleurs intenses et de saignements persistants qui perturbaient sa vie de famille et rendaient ses activités quotidiennes difficiles.
« Je n'avais pas l'argent pour aller au Ghana me faire traiter, alors j'étais très heureuse de l'opération. Une semaine après la chirurgie, j'ai repris mes activités de commerce », dit elle. « Après tout ce que j'avais traversé, je n'aurais jamais imaginé pouvoir me tenir ici aussi en bonne santé que je le suis aujourd'hui. »
L'hôpital Princess Christian Maternity à Freetown, la capitale du pays, joue un rôle central dans ces efforts. Il s'agit du principal hôpital de référence pour la santé des femmes et de l'hôpital universitaire pour l'obstétrique et la gynécologie en Sierra Leone. « La mise en place d'un centre de dépistage et de prévention du cancer du col de l'utérus dans cet hôpital est une étape historique. Elle permet d'autonomiser les femmes et de garantir que leur santé soit une priorité », souligne le Dr Amadu Sesay, médecin chef de l'hôpital Princess Christian Maternity.
L'OMS continue de soutenir le ministère de la Santé dans l'offre d'un paquet complet de services contre le cancer du col de l'utérus, allant de la prévention au traitement. L'Organisation a également soutenu le ministère dans la budgétisation de la Politique et de la Stratégie nationales pour l'élimination du cancer du col de l'utérus, ainsi que dans l'élaboration d'un plan d'investissement complet. Ce cadre financier offre une feuille de route claire pour orienter la mobilisation des ressources, prioriser les interventions à fort impact et garantir la durabilité des efforts d'élimination.
« L'élimination du cancer du col de l'utérus nécessite la mobilisation de tous - gouvernement, agences des Nations Unies, secteur privé et partenaires comme Gavi, l'Alliance du Vaccin. L'OMS travaille au renforcement des capacités à tous les niveaux pour nous assurer de maintenir les interventions et les acquis réalisés jusqu'ici », explique le Dr George Ameh, représentant de l'OMS en Sierra Leone.
Alors que la Sierra Leone progresse vers l'élimination du cancer du col de l'utérus, ces efforts combinés se traduisent par des résultats concrets pour les femmes et les familles, tout en posant les bases d'un système de santé résilient et équitable qui ne laisse personne de côté.
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WHO Regional Office for Africa
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