03/17/2026 | News release | Distributed by Public on 03/17/2026 12:32
Selon une analyse du Programme alimentaire mondial (PAM), jusqu'à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë en 2026 si le conflit se poursuit et si les prix du pétrole restent élevés.
Les attaques américano-israéliennes contre l'Iran, qui ont débuté le 28 février et ont été suivies par des représailles iraniennes à travers la région, ont bloqué des voies d'acheminement de l'aide humanitaire essentielles, notamment le détroit d'Ormuz, retardant ainsi les livraisons vitales destinées à certaines des zones les plus touchées par la crise dans le monde.
Cette portera donc le total mondial au-delà de son niveau record actuel de 318 millions de personnes.
« Cela porterait le niveau de la faim dans le monde à un record historique, et c'est une perspective terrible, vraiment terrible », a déclaré le Directeur exécutif adjoint du PAM, Carl Skau, à des journalistes à Genève.
Selon l'agence onusienne basée à Rome, le conflit dans cette région pourrait entraîner la pire perturbation des opérations de secours depuis la pandémie de Covid. « Au-delà des répercussions immédiates au Liban, le conflit a également eu des répercussions majeures sur les opérations humanitaires mondiales. Nous en ressentons vraiment les conséquences », a ajouté M. Skau.
Il a indiqué que les opérations de secours souffraient d'allongement des délais de livraison et d'une augmentation des coûts, alors que l'escalade de la violence au Moyen-Orient se trouve dans sa troisième semaine. « Nos chaînes d'approvisionnement pourraient bien être au bord de la plus grave perturbation depuis la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine en 2022 ».
Pendant la pandémie de Covid-19, les opérations humanitaires mondiales ont été confrontées à des perturbations sans précédent : fermeture des frontières, effondrement des vols commerciaux et paralysie des chaînes d'approvisionnement.
À un moment donné en 2020, le trafic aérien mondial de passagers a chuté de plus de 60 % selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), ce qui a contraint l'ONU à mettre en place des ponts aériens d'urgence pour assurer l'acheminement de l'aide et des vaccins.
Les retards dans les expéditions et la flambée des coûts de transport ont ralenti les livraisons dans le monde entier, tandis que les besoins humanitaires atteignaient des niveaux records.
En attendant, au milieu des hostilités en cours, les frais de transport du PAM ont augmenté de 18 % jusqu'à présent. « Et nous avons des milliers de camions sur les routes chaque jour », a expliqué M. Skau. « Ceux-ci roulent désormais avec un carburant beaucoup plus cher, en raison des prix du pétrole ».
Il a déploré l'impact de la hausse des coûts, qui « signifie acheter moins de nourriture ou fournir moins d'argent aux bénéficiaires ».
Dans ce climat d'incertitudes, l'agence a été contrainte de réduire les rations alimentaires destinées aux populations en situation de famine au Soudan et ne peut venir en aide qu'à un enfant sur quatre souffrant de malnutrition aiguë en Afghanistan.
En écho, le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) note que les perturbations de l'espace aérien et des couloirs de transport au Moyen-Orient entraînent déjà des répercussions sur les opérations humanitaires et les chaînes d'approvisionnement commerciales.
Cela menace l'acheminement des produits de première nécessité, risque d'entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires et met encore davantage à rude épreuve des systèmes de santé déjà fragiles.
Selon l'agence onusienne, ce climat d'inquiétude n'est pas étranger à la situation d'un monde « confronté au plus grand nombre de conflits violents depuis la Seconde Guerre mondiale », avec notamment un quart de la population mondiale qui vit dans des régions touchées par des conflits.
Plus globalement, le PAM a souligné que la flambée des coûts mondiaux des denrées alimentaires et des carburants « pourrait priver des millions de familles de denrées de base, en particulier dans les pays dépendants des importations, comme l'Afrique subsaharienne et l'Asie ».
Pour mesurer l'impact concret sur les plus vulnérables, le PAM détaille la répartition des hausses de l'insécurité alimentaire :
Afrique du Nord et Moyen-Orient : 12 pays analysés ; 5,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 14 %.
Afrique orientale et australe : 16 pays analysés ; 17,7 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 17,7 %.
Afrique de l'Ouest et centrale : 12 pays analysés ; 10,4 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 21 %.
Asie : 10 pays analysés ; 9,1 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 24 %.
Amérique du Sud et Caraïbes : 3 pays analysés ; 2,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 16 %.