03/31/2026 | News release | Archived content
Affecté au centre de détection et de contrôle (CDC) de la base aérienne (BA) 942 de Lyon-Mont Verdun, le sergent-chef Alexis est contrôleur de Défense aérienne. Depuis sa cabine de contrôle, il est au centre de la posture permanente de sûreté aérienne (PPS-A).
Depuis près de 10 ans, le sergent-chef Alexis passe ses journées 100 mètres sous terre. Loin d'être coupé du monde, c'est de là qu'il surveille une partie des 12 000 appareils qui survolent la France quotidiennement. Contrôleur de Défense aérienne il doit être en mesure, de jour comme de nuit, de détecter et d'identifier chaque avion pénétrant dans l'espace aérien français.
Attiré depuis toujours par les avions, il pousse les portes d'un Centre d'informations et de recrutement des forces armées (CIRFA) après l'obtention de son baccalauréat. À ce moment, c'est la spécialité de pilote qui l'intéresse. Au contact direct des avions, ce n'est finalement pas depuis un cockpit mais plutôt depuis une cabine de contrôle que le sergent-chef Alexis s'épanouit. « Après ma formation militaire initiale à Rochefort, je suis parti au Centre d'instruction du contrôle et de la Défense aérienne (CICDA, lieu où l'ensemble des contrôleurs de l'armée de l'Air et de l'Espace sont formés) pendant 8 mois, se remémore Alexis. Mon classement à l'issue m'a permis de choisir le centre de détection et de contrôle de Lyon. »
Là encore, sa formation continue puisqu'il intègre le camp d'instruction du CDC. Considéré comme un stagiaire, il assiste le contrôleur dans ses tâches quotidiennes. Et c'est seulement après un an d'instruction et le passage de nombreuses qualifications qu'il intègre enfin l'une des deux équipes de contrôleurs opérationnels. « Je suis arrivé au sein de l'équipe 2 et j'ai commencé par la permanence opérationnelle, explique le sergent-chef. Notre rôle est d'accompagner le pilote vers l'objectif à travers le trafic civil. En termes de sécurité des vols, c'est sûrement l'une des mentions les plus exigeantes car on doit le guider à travers le trafic civil. Une fois arrivé sur zone, nous lui faisons dérouler toutes les mesures adéquates en fonction du type de menace. »
Parmi les espaces aériens les plus survolés au monde, la France doit être en mesure d'identifier l'ensemble des appareils survolant le territoire. Comme le sergent-chef Alexis, ils sont plus de 450 Aviateurs à concourir à la posture permanente de sûreté aérienne (PPS-A). De jour comme de nuit, en semaine comme le week-end, les équipes du CDC de Lyon-Mont Verdun se relaient pour scruter le ciel français. « 24h/24 et 7j/,7, notre rôle va être d'identifier et de classifier l'ensemble des aéronefs entrant dans la FLIR France (Flight Information Region France - en français, Informations sur les vols Région France), développe le contrôleur de 26 ans. Nous surveillons et nous nous assurons qu'il n'y ait pas de comportement suspect. Et si une anomalie est détectée, nous déclenchons nos moyens de permanence opérationnelle adéquats.» Avec Lyon, Tours et Mont-de-Marsan, ce sont trois CDC et plus de 70 radars qui participent à cette mission essentielle.
Une fois repérée, l'alerte est transmise au centre air de planification et de conduite des opérations et de Défense aérienne (CAPCODA), unité du CDAOA également présente sur la BA942 chargé de mettre en place les mesures actives de sûreté aérienne (MASA). Cela correspond à un décollage sous très court préavis d'un aéronef d'alerte afin d'appréhender la menace, lui porter assistance ou procéder à des sommations s'il est classé hostile.
Au-delà de la PPS-A, les missions du sergent-chef Alexis sont multiples en tant que contrôleur de Défense aérienne. Détenteur de la plus haute qualification tactique pour un contrôleur de défense aérienne, il peut aujourd'hui assister un nombre illimité d'avions en mission tactique. « Lorsque j'ai commencé, j'ai obtenu la qualification basic tactics où l'on est capable de contrôler jusqu'à 2 avions contre 2 en zone, décrit-il. Ensuite, il y a la qualification 2A qui permet de faire la même chose mais à 4 contre 4. Et enfin, et c'est celle que j'ai obtenu récemment, il y a la 1A qui n'a elle pas de limite d'avions. Par exemple, lors de l'exercice ORION 26, j'ai pu analyser et suivre un raid de 20 avions contre 15. »
Fort d'une première expérience en opération extérieure à Djibouti en 2024, cette nouvelle qualification lui ouvre de belles perspectives pour l'avenir. Sur le territoire national comme en opérations extérieures, l'expertise des Aviateurs du CDAOA est au cœur de la réussite des opérations aériennes de l'armée de l'Air et de l'Espace.