Les Engagés - Action Solidaire asbl

03/20/2026 | News release | Archived content

Allier cohérence et efficience

Un an après le début du gouvernement Arizona, quel bilan personnel tires-tu de cette première année ?

Cette année a été à la fois exigeante et profondément marquante. Elle m'a confrontée à l'ampleur des responsabilités ministérielles (et l'agenda !), à la nécessité de décider dans un contexte souvent complexe, et à l'intensité du rythme institutionnel. C'est une fonction qui oblige à la lucidité, à l'humilité, à l'écoute, à la rigueur et à une grande capacité d'endurance.

Si cette année a comporté des moments de doute et de tension, elle a surtout renforcé ma conviction première : l'engagement public n'a de sens que s'il est guidé par l'intérêt général. Je me suis engagée pour servir, non pour me servir, et cette exigence guide chacune de mes décisions.

Gouverner au sein d'une majorité suppose un travail permanent de dialogue et d'équilibre. Il faut défendre ses priorités, entendre celles des autres, et construire des compromis solides, capables de s'inscrire dans la durée et tournés vers le bien commun.

Le contexte budgétaire contraint a pesé sur cette première année et nous a conduits à poser des choix difficiles. Nous les assumons, parce que gouverner, c'est aussi protéger aujourd'hui pour garantir demain.

Cette première année m'a confirmé que la politique utile est celle qui privilégie la nuance, la rigueur et l'action concrète, loin des slogans et au plus près des réalités et des besoins des citoyens.

Tu as des compétences très larges. Comment fais-tu pour garder une vision transversale et cohérente ?

Quand la liste de mes compétences m'a été communiquée, ma première réaction a été un grand point d'interrogation. Ces matières sont vastes, techniques et très différentes. La question n'était pas seulement de les maîtriser, mais de comprendre le sens que je pouvais leur donner et le fil conducteur qui les relierait.

Très vite, j'ai compris que la cohérence ne se trouvait pas uniquement dans la technicité des dossiers, mais dans leur utilité concrète. Ce qui m'importe, c'est l'impact réel des politiques publiques sur la vie des citoyens.Qu'il s'agisse de la politique scientifique, des entreprises publiques, de la fonction publique, du numérique ou de la Régie des Bâtiments, je m'appuie sur une même boussole : contribuer au bien commun, moderniser l'État et renforcer l'intérêt général, en veillant à ne laisser personne de côté et en protégeant les plus fragiles.

Cela se traduit concrètement : via la Régie des Bâtiments, nous avons mobilisé des bâtiments fédéraux inoccupés pour permettre à des communes d'y accueillir des personnes durant les périodes de grand froid. À long terme, le sans-abrisme ne se règle pas uniquement par des ouvertures temporaires : cela relève de politiques structurelles de logement et d'accompagnement. Mais je veux que la mobilisation des bâtiments fédéraux inoccupés ensituations d'urgencedevienne un réflexe, encadré et organisé.

Dans le numérique, je poursuis mon combat pour mieux protéger les victimes de violences en ligne. En 2026, je déposerai un projet de loi visant à lutter contre l'anonymat malveillant sur internet et à instaurer une limite d'âge pour l'accès aux réseaux sociaux. Ce qui est interdit dans l'espace public doit l'être également en ligne. J'ai aussi tenu à honorer un engagement pris de longue date et qui prévoit une alternative non numérique pour chaque démarche administrative, un projet de loi a été adopté par le gouvernement en 1relecture car 40% de personnes sont en fragilité numérique et que je souhaite que personne ne soit exclu du train de la digitalisation.

La Belgique a été sélectionnée pour accueillir une Antenne IA européenne. Qu'est-ce que cela présente comme opportunités ?

En effet, en octobre dernier, la Belgique a été sélectionnée pour accueillir une Antenne IA. C'est une reconnaissance importante, fruit d'un travail coordonné avec les Régions et de nombreux partenaires académiques et publics.

Concrètement, cela signifie que notre pays rejoint le réseau européen des infrastructures stratégiques en matière d'intelligence artificielle. Une Antenne IA met à disposition des capacités de calcul intensif, des ressources technologiques avancées et une expertise de haut niveau.

Ces infrastructures permettent d'entraîner des modèles complexes et de développer des applications innovantes dans des domaines comme la santé, la mobilité, l'énergie ou les services publics.

Pour la Belgique, l'impact est multiple : un accès facilité à des moyens technologiques, un renforcement des collaborations entre universités, centres de recherche et acteurs économiques. Au-delà, c'est un enjeu de souveraineté : réduire notre dépendance et garantir que ces technologies soient développées selon nos valeurs et nos règles. C'est une excellente nouvelle pour l'innovation, pour notre économie et l'autonomie stratégique de l'Europe, et la Belgique y prendra pleinement sa part.

Tu as obtenu un budget supplémentaire pour le spatial. Pourquoi était-ce important ?

Renforcer l'investissement dans le spatial était essentiel. D'abord parce que c'est un secteur économique majeur : plus de 100 entreprises, 13 centres de recherche, 9 universités, et plus de 6.000 emplois directs hautement qualifiés. Chaque euro investi génère en moyenne trois euros de retombées économiques : soutenir ce secteur, c'est soutenir l'emploi, l'innovation et la compétitivité.

Ensuite, le spatial est un enjeu d'autonomie stratégique pour l'Europe. Une grande partie des satellites en orbite appartient à des acteurs privés américains, en particulier SpaceX (Elon Musk). Préserver un accès européen autonome à l'espace est une nécessité.

Enfin, les retombées sont très concrètes : des technologies spatiales trouvent des applications notamment dans le domaine médical et l'imagerie. Investir dans le spatial, c'est un choix d'avenir.

Tu t'engages activement à amener plus de femmes à se tourner vers le numérique et la science, pourquoi est-ce important ?

C'est un combat d'égalité, mais aussi d'efficacité et d'innovation. Aujourd'hui, les femmes ne représentent que 17,7 % des spécialistes IT en Belgique. Or, les technologies façonnent notre société : si les femmes sont sous-représentées dans ces métiers, elles le sont aussi dans les décisions qui structurent le monde de demain.

La diversité améliore la qualité des solutions et la compétitivité, surtout dans un contexte de pénurie de talents. Concrètement, j'ai lancé des appels à projets pour renforcer la participation des femmes dans les filières technologiques : sensibilisation, lutte contre les stéréotypes, mentorat, accompagnement et mise en réseau. Le changement doit être structurel, dès l'orientation scolaire et dans les environnements de travail.

Un dossier dont tu es particulièrement fière ?

Le renforcement du quota d'emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique fédérale. L'objectif de 3% existait depuis longtemps, mais nous plafonnions à 1,36%. Ce décalage n'était plus acceptable.

J'ai porté une adaptation du cadre réglementaire pour rendre l'objectif réellement effectif : définition du handicap élargie (et qui inclut les maladies chroniques), suppression de certaines dérogations, et mécanisme de responsabilisation des administrations en cas de retard.

Pour moi, l'inclusion passe par l'emploi. Les services publics doivent être exemplaires : derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes qui possèdent des talents et des compétences.

Tes priorités pour les années à venir ?

Je l'ai déjà mentionné, mais la lutte contre l'anonymat malveillant en ligne est prioritaire. L'objectif est que chaque compte sur les réseaux sociaux soit rattaché à une identité vérifiée, sans que les plateformes ni l'État n'aient accès aux données personnelles : l'identité serait certifiée par un tiers de confiance et seule l'autorité judiciaire pourrait lever l'anonymat en cas d'infraction.

Il ne s'agit pas d'interdire le pseudonymat, mais d'éviter que l'espace numérique devienne une zone de non-droit. Les femmes et les jeunes sont particulièrement exposés. Je travaille aussi à une régulation de l'âge sur les médias sociaux pour les mineurs avec une vérification d'âge pour mieux protéger les enfants et les adolescents. Renforcer la responsabilité en ligne, c'est créer un environnement numérique plus sûr et accessible à tous et toutes sans crainte de contenus inadéquats ou illicites, sans crainte de subir des violences en ligne.

Les Engagés - Action Solidaire asbl published this content on March 20, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on March 24, 2026 at 15:42 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]