03/18/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/18/2026 19:54
Reporters sans frontières (RSF) appelle Hanoï à libérer immédiatement le journaliste indépendant Le Anh Hung, qui risque une deuxième peine de prison pour des accusations absurdes. L'acharnement des autorités contre ce journaliste n'a d'autre objectif que de le réduire au silence.
Après avoir subi cinq ans de prison et de torture en raison de son travail de journaliste, Le Anh Hungn'a pas renoncé à écrire. Mais le régime vietnamien s'acharne à le réprimer. Le journaliste indépendant de 53 ans a été officiellement inculpé de "propagande contre l'État", un crime inscrit à l'article 117 du Code pénal et passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Il a été arrêté le 9 mars, alors qu'il séjournait chez un ami dans le centre du Vietnam, et a ensuite été transféré dans une prison à Hanoï, la capitale, dans l'attente de la suite de la procédure judiciaire.
Le Anh Hung publiait des articles sur divers thèmes tels que la politique et la société vietnamiennes sur son blog personnelet sur des médias en ligne indépendants tels que Thien Dan. Ancien contributeur de Voice of America (VOA),il a couvert pour le radiodiffuseur international basé aux États-Unis des affaires de corruption impliquant le parti au pouvoir au Vietnam.
En raison de ses publications, Le Anh Hung avait déjà été arrêté et emprisonnéentre 2018 et 2023 sous l'accusation d'avoir "abusé des libertés démocratiques". Durant sa détention, il a été soumis à des actes de torture, incluant notamment un internement forcé dans un établissement psychiatrique où il a subi des traitements médicaux sans son consentement, selon les informations recueillies par RSF. Il a également été nourri de force par sonde lors d'une grève de la faim. Des proches qui ont pu lui rendre visite ont signalé qu'il était visiblement amaigri, physiquement affaibli et présentait des signes de dépression. À sa libération, il a déclaré souffrir d'une perte auditive à l'oreille gauche, vraisemblablement causée par des coups reçus en détention.
"Cette nouvelle arrestation, fondée, une fois de plus, sur des accusations fabriquées de toutes pièces, est accablante. En raison des traitements inhumains que Le Anh Hung a subis lors de sa première détention, nous craignons pour sa vie. La communauté internationale doit agir maintenant et exiger du régime vietnamien qu'il soit libéré et que les accusations contre lui soient abandonnées.
Cadre législatif draconien
Le cadre légal vietnamien est déjà l'un des plus répressifs au monde. La loi sur la presse de 2016 interdit de factola création de médias indépendants et oblige les organes de presse existants à "assurer la propagande et la diffusion des politiques d'État". En outre, le régime dispose d'un arsenal législatif pour réprimer tout acteur de l'information qui pourrait le déranger : les articles 117 et 331 du Code pénal prévoient de lourdes peines de prison - respectivement jusqu'à 20 ans pour diffusion de "propagande contre l'État" et jusqu'à sept ans pour "abus des libertés démocratiques".
Symbole de cette répression, la journaliste Pham Doan Trang, lauréate du prix RSF pour la liberté de la presse 2019, purge actuellement une peine de neuf ans de prison pour une accusation de diffusion de "propagande contre l'État" en représailles à son travail d'information.
Depuis 2016, sous l'influence du secrétaire général du Parti communiste To Lam, plus de 70 journalistes vietnamiens ont été incarcérés, souvent dans des conditions mettant leur vie en danger. À ce jour, 29 d'entre eux se trouvent encore derrière les barreaux. Le Vietnam se classe 173e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2025 de RSF.