03/17/2026 | Press release | Archived content
Le gouvernement a demandé l'urgence pour accélérer l'adoption de sa réforme des pensions par le Parlement. Pour le PTB, c'est inacceptable.
Mardi 17 mars 2026
« Le Parlement est censé débattre d'un projet de loi crucial de 1 323 pages en trois demi-journées, réagit le député PTB Kim De Witte. En outre, le Bureau du Plan ne publiera son analyse d'incidence des mesures de la reforme sur l'écart de pension qu'en avril. Or, ce point a fait l'objet d'un vaste débat la semaine passée. Il est totalement absurde que le gouvernement ne veuille pas tenir compte de cette analyse. »
La procédure d'urgence permet d'accélérer fortement le débat parlementaire. Elle contraint les députés ainsi que le Conseil d'État à livrer une véritable course contre la montre. Le Conseil d'État ne disposera que de cinq jours, au lieu d'un mois, pour donner son avis sur des amendements. Dans son premier avis, le Conseil avait déjà exprimé de sérieuses réserves concernant la discrimination de fait envers les femmes, le démantèlement de la protection sociale (violation du principe de « standstill ») et une éventuelle violation du principe de confiance. Le gouvernement souhaite enterrer ces critiques au plus vite.
« Après l'accord d'été, Bart De Wever a pourtant déclaré qu'il souhaitait ajuster la réforme si certains groupes étaient trop durement touchés. Le gouvernement doit tenir cette promesse, souligne Kim De Witte. Nous n'allons tout de même pas discuter d'un sujet aussi important sans disposer des informations nécessaires. Le Bureau du Plan réalise une analyse d'incidence. Il est payé pour le faire. C'est pourquoi nous devrions inclure cette analyse dans le débat. Il n'y a rien de plus logique. »
Cette précipitation est également en contradiction avec ce qui se passe dans la société. Le 12 mars, 100 000 personnes ont manifesté dans les rues de Bruxelles avec un message clair : elles ne veulent pas d'une réforme des pensions qui les obligerait à travailler plus longtemps pour moins de pension. Huit personnes sur dix estiment que travailler jusqu'à 67 ans n'est pas faisable. Toutes ces personnes veulent de véritables solutions au défi que représentent les pensions : plus de travail faisable, des aménagements de fin de carrière décents, des services de garderie et de soins aux personnes âgées abordables, afin que le travail à temps partiel ne soit pas une obligation, et la fin du démantèlement systématique des cotisations patronales pour notre sécurité sociale, afin que nous ne soyons pas bientôt contraints d'envisager un relèvement de l'âge de la pension à 70 ans.
La demande d'urgence sera soumise à la Chambre cette semaine. « Nous rejetons cette demande, conclut Kim De Witte. Nous exigeons un débat parlementaire approprié pour une réforme de cette ampleur. Les travailleurs de notre pays le méritent. »