08/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/27/2026 10:06
DiscorsoPubblicato il 27 agosto 2026
Berna, 27.08.2026 - Discorso della consigliera federale Elisabeth Baume-Schneider in occasione dei 30 anni del «Forum del bilinguismo». Fa stato la versione orale.
A l'instar de celles et ceux qui ont à déclarer leurs liens d'intérêt, je précise volontiers d'emblée mon attachement à la langue et aux mots, ainsi qu'à tout ce qui touche aux équilibres entre nos langues nationales. Et quel meilleur endroit que la ville de Berne pour dresser les lauriers… de la ville de Bienne? Bienne, un modèle de bilinguisme, à travers 30 années d'engagement pour illustrer la coexistence entre l'allemand et le français dans la vie quotidienne. En 1996, Biel/Bienne se déclarait officiellement ville bilingue. Au même moment - et ce n'est bien sûr pas une coïncidence - la ville affichait une volonté politique sans équivoque et créait le Forum du bilinguisme. L'idée semblait simple; elle n'en était pas moins complexe et exigeante.
Pour faire vivre le bilinguisme, il faut à la fois l'observer, le comprendre et surtout proposer des champs d'action. Le Forum s'y attelle depuis trois décennies, avec des initiatives à succès comme le Baromètre du bilinguisme, les tandems linguistiques gratuits, ainsi que de nombreux projets favorisant les échanges entre locutrices et locuteurs de différentes langues. Pour son engagement remarquable et remarqué, le Forum a été récompensé en 2024 par le Prix du fédéralisme de la Fondation.ch.
Sprache ist mehr als nur Sprache. Sie ist das Medium unserer Befindlichkeit, unserer Mentalität, unserer Werte, unsere Empfindungen, Nuancen und Gefühle … wie auch immer diese aussehen mögen. Sie trägt ein kollektives Gedächtnis und eine Identität in sich. Die Sprache des anderen zu lernen bedeutet deshalb auch, seine kulturellen Bezugspunkte und seine Art, die Welt zu sehen, besser zu verstehen.
Je cite volontiers le linguiste Alain Rey: «S'intéresser aux mots, c'est s'intéresser aux autres. Chaque mot est une fenêtre ouverte sur l'esprit humain et sur notre histoire commune.» Au fond, faire respirer et vivre le bilinguisme, c'est s'assurer des conditions-cadres, à l'échelle d'une communauté pour donner du sens au lien social au cœur de la société, c'est développer un sentiment d'appartenance particulier. A l'inverse, refuser de comprendre la langue de ma voisine ou de mon voisin, revient, si ce n'est à les rejeter, pour le moins à ne pas exprimer d'empathie à leur égard.
Préserver et promouvoir le bilinguisme invite à considérer les mots, la langue d'autrui comme un vecteur d'émotions, de débats d'idées, parfois de conflits, mais aussi de réconciliations. Dès lors parler du bilinguisme consensuel de Bienne a du sens. D'ailleurs, c'est un joli clin d'œil pour la ville de marquer les 30 ans du bilinguisme avec un nouveau label décerné par le Forum du bilinguisme. Une recertification est parfois plus marquante encore que la reconnaissance initiale…
A l'instar du bilinguisme, le plurilinguisme est au cœur des éléments constitutifs de notre identité. Notre pays s'est construit sur la volonté politique - non pas de juxtaposer, mais de faire vivre ensemble plusieurs communautés linguistiques et culturelles au sein d'un même État. Une diversité qui rappelle que notre unité repose sur la reconnaissance et le respect de plusieurs langues et cultures, sans hiérarchie, ni préséance.
Au cœur de ce paysage linguistique? 4 langues nationales qui contribuent chacune à la richesse de notre pays. Et dans les éléments constitutifs de notre identité nationale, il s'agit de valoriser les apports de la migration. Les différentes langues parlées au cœur des familles font aujourd'hui partie de notre réalité linguistique. Les reconnaître et les valoriser n'est aucunement contradictoire avec la promotion des langues nationales. Au contraire, le plurilinguisme développe des compétences précieuses: la capacité à passer d'une langue à l'autre, à comprendre différents contextes culturels et à changer de perspective. Cette souplesse constitue un indéniable atout. Vous êtes très bien placés pour le savoir, le plurilinguisme n'est pour le moins pas acquis. Il repose sur un engagement politique et sociétal constant, participatif et créatif.
Le plurilinguisme ne se résume pas à un patrimoine à préserver. C'est une ressource vitale pour renforcer l'inclusion, la participation démocratique et les liens entre les différentes régions du pays. Cet engagement se traduit par des mesures menées aux niveaux fédéral, cantonal et local, grâce à un habile maillage de collaborations et une nécessaire vigilance. Je souhaite mentionner notamment la place importante accordée par la plupart des cantons aux langues nationales dans les programmes scolaires; les investissements des hautes écoles et de la Confédération dans la recherche et la didactique des langues; le soutien aux échanges scolaires et individuels entre les régions linguistiques (Movetia); les cours de langues nationales destinés aux personnes migrantes, notamment à travers le système FIDE porté par le SEM et les cantons avec les programmes PIC; sans oublier la participation de l'économie privée aux mesures de promotion des langues.
In einer Welt, in der Englisch immer wichtiger wird, mag die Versuchung gross sein, den Landessprachen weniger Gewicht zu geben. Doch gerade, weil Englisch heute selbstverständlich geworden ist, dürfen wir nicht das vernachlässigen, was die Schweiz einzigartig macht. Unsere Mehrsprachigkeit ist kein Nachteil im internationalen Wettbewerb, im Gegenteil: Sie ist eine Stärke.
Die Diskussion über den Unterricht einer zweiten Landessprache in der Primarschule zeigt, dass der Stellenwert der Landessprachen kontinuierlich aufgewertet und verteidigt werden muss. Auslöser sind Entwicklungen in mehreren Kantonen, welche den Französischunterricht erst auf die Sekundarstufe verschieben möchten. Damit würde ein nationaler Kompromiss infrage gestellt, der seit vielen Jahren die Grundlage einer koordinierten Sprachenpolitik bildet. Es geht um die Frage, wie wir den Zusammenhalt unseres mehrsprachigen Landes auch in Zukunft sichern wollen.
Unser föderalistisches Bildungssystem lebt davon, dass die Kantone gemeinsam tragfähige Lösungen finden. Die Vernehmlassung ist deshalb keine Kampfansage an die Kantone. Sie ist eine vorsorgliche Vorbereitung für den Fall, dass diese Koordination nicht mehr gelingt. Die EDK hält an ihrer Sprachstrategie fest und wir unterstützen sie dabei. Die Bundesverfassung ist hier eindeutig: Sie überträgt den Kantonen den Auftrag, die grundlegenden Elemente der Volksschule zu harmonisieren, um den Stellenwert der Landessprachen in der Pflichtschule sichern. Kommt diese Harmonisierung nicht zustande, ist der Bund verpflichtet, im notwendigen Umfang tätig zu werden. Genau auf dieser verfassungsmässigen Verantwortung beruht die Vorlage. Föderalismus heisst doch nicht: Jeder macht auf seinem Gebiet, was er will, egal, was dies für die Schweiz bedeutet. Ich bin überzeugt, dass jeder Kanton ist ein unverzichtbarer Teil des Ganzen. Und deshalb trägt jeder Kanton auch Verantwortung für das ganze Land.
Le Conseil fédéral en est convaincu: encourager le plurilinguisme, c'est investir dans l'avenir de la Suisse. Notre ambition est donc celle d'une Suisse où la diversité linguistique est reconnue comme une force, un atout pour notre économie. Les compétences linguistiques facilitent les échanges internationaux, renforcent grandement l'employabilité, favorisent la mobilité professionnelle, attirent les talents et stimulent l'innovation. Jugez plutôt: près de 250 millions de personnes en Europe parlent l'une de nos langues nationales. Un potentiel créatif et économique dont nous pourrions sans doute tirer encore davantage parti!
Während Deutschschweiz und Romandie mit Verve ihre Sprach-Debatten pflegen, lernen das Tessin und die rätoromanische Schweiz ohne grosse Verrenkungen drei Landessprachen. Ich schliesse nicht aus, dass sie einfach besonders sprachbegabt sind. Ich habe aber vielmehr den Eindruck, dass sie etwas sehr Entscheidendes erkannt haben: Wie wichtig es ist, die Sprache des Nachbars zu verstehen - und sich in ihr ausdrücken zu können. Diese Haltung ist eine Inspiration für uns alle.