06/30/2026 | News release | Distributed by Public on 06/30/2026 22:33
Près d'un million de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté, tandis que les pertes économiques pourraient atteindre plusieurs milliards de dollars en Afrique si la crise s'aggrave.
Selon l'analyse du PNUD, l'épidémie actuelle causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement à ce jour, agit comme un « choc régressif de pauvreté » en RDC et dans les pays voisins, notamment l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud.
© OMS Le personnel de santé de la mission de paix de l'ONU en RDC (MONUSCO) est formé à la prévention des infections à virus Ebola.Les mesures nécessaires pour contenir la propagation du virus, comme les quarantaines et les restrictions sanitaires, perturbent les échanges commerciaux, les déplacements et les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.
« Ebola ne s'arrête pas aux portes des hôpitaux », a déclaré Ahunna Eziakonwa, directrice régionale du PNUD pour l'Afrique. « Cela affecte les moyens de subsistance, l'éducation, la sécurité alimentaire, le commerce, les finances publiques et la confiance. Si nous traitons cette épidémie uniquement comme un problème de santé, nous risquons de passer à côté de l'urgence de développement beaucoup plus vaste qui se déroule autour d'elle ».
Les autorités sanitaires ont annoncé lundi que l'épidémie s'est étendue à une quatrième province congolaise, le Haut-Uélé, frontalier du Soudan du Sud et de la République centrafricaine. Jusqu'à présent, trois provinces congolaises étaient touchées : l'Ituri (frontalier de l'Ouganda et du Soudan du Sud), le Nord-Kivu voisin et le Sud-Kivu.
Déclarée le 15 mai, cette flambée d'Ebola a fait 360 morts sur 1.274 cas recensés. L'épicentre reste la province de l'Ituri, où 1.165 cas et 301 décès ont été enregistrés.
Le rapport du PNUD estime que, même dans un scénario où l'épidémie est maîtrisée en RDC et en Ouganda, les conséquences économiques resteront considérables. La RDC pourrait enregistrer plus d'un milliard de dollars de pertes de produit intérieur brut réel et perdre environ 55.000 emplois.
À l'échelle du continent africain, les perturbations commerciales, les restrictions aux frontières, les retards dans les transports, la baisse de la confiance des consommateurs et les difficultés des marchés informels pourraient entraîner une perte de 2,37 milliards de dollars de PIB continental, même si la transmission reste limitée.
Les ménages les plus pauvres seraient les plus durement touchés. Les 20 % des foyers les plus vulnérables pourraient voir leur consommation quotidienne diminuer de 1,76 %, annulant des progrès fragiles réalisés en matière de développement et risquant d'alimenter une crise durable de la pauvreté.
Le PNUD souligne également l'impact disproportionné de l'épidémie sur les femmes. Très présentes dans le commerce transfrontalier informel, elles sont particulièrement exposées aux restrictions de déplacement et aux perturbations économiques. Elles représentent aussi une grande partie des agents de santé en première ligne et assument souvent la responsabilité principale des soins au sein des familles, augmentant leur risque d'exposition au virus.
La crise pourrait également provoquer des effets indirects sur les systèmes de santé. La réorientation des ressources vers la lutte contre Ebola pourrait entraîner jusqu'à 2.520 décès supplémentaires de nourrissons en RDC dus à d'autres causes que le virus, selon l'évaluation.
Face à ces risques, le PNUD appelle à une réponse combinant lutte sanitaire et mesures de développement. L'agence recommande notamment des aides financières ciblées pour les ménages les plus fragiles, en particulier ceux dirigés par des femmes, des contrôles aux frontières plus adaptés plutôt que des fermetures générales, ainsi que la protection des services essentiels de santé maternelle et infantile.
« Nous devons aller au-delà des modèles traditionnels de réponse aux épidémies », estime le PNUD, appelant les gouvernements, partenaires de développement et institutions financières internationales à investir simultanément dans les systèmes de santé, la protection sociale, les moyens de subsistance et la résilience économique.