02/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/27/2026 08:30
Près de huit mois après la plainte déposée par la journaliste environnementale ukrainienne Olena Mudra pour entrave à son activité professionnelle, les responsables de la campagne de diffamation dont elle a été la cible n'ont toujours pas été identifiés. Les révélations publiées par le média d'investigation ukrainien NGL.media, et corroborées par Reporters sans frontières (RSF), interrogent sur l'efficacité de l'enquête menée par la police. RSF appelle les autorités ukrainiennes à conduire une investigation indépendante et rigoureuse.
"Globalement, j'ai l'impression que la police ne souhaite pas coopérer dans cette affaire, ni avec moi ni avec mon avocat", confie à RSF la journaliste environnementale indépendante Olena Mudra. Huit mois après avoir saisi la justiceen juin 2025 pour "entrave à l'activité journalistique" et "atteinte à la vie privée", les responsables de la campagne de diffamation dont elle a été la cible n'ont toujours pas été identifiés. Cette campagne composée de fausses vidéos a été lancée après la publication par Olena Mudra d'une enquêtesur la construction d'un parc éolien controversé dans les montagnes des Carpates. Ces vidéos, dont certaines sont des photomontages pour la revêtir d'un uniforme russe, et d'autres l'accusant notamment d'enquêtes mensongères au profit de la Russie, circulent encore sur Facebook et YouTube.
Une mystérieuse plainte déposée contre la journaliste
Alors que sa plainte patine, Olena Mudra a découvert dans le même temps, la semaine du 22 février, qu'une procédure pénale avait été ouverte contre elle, sans qu'elle en soit informée, malgré ses auditions à la police. Cette procédure aurait été enregistrée le 5 juillet 2025 à la suite d'une lettre l'accusant, avec une écologiste ukrainienne, d'avoir détourné des fonds pour organiser un événement fictif, selon une enquêtepubliée par le média d'investigation local NGL.media. L'auteur présumé de la lettre à l'origine de l'ouverture d'une enquête pour escroquerie contre Olena Mudra, qui se présente sous le nom de "Marik Fedirko", n'existe vraisemblablement pas selon la même enquête journalistique. Ce nom est également lié à un faux profil Facebook ayant contribué à diffuser des vidéos mensongères visant la journaliste : dans l'une de ces vidéos, un personnage du même nom, vraisemblablement généré par intelligence artificielle (IA) selon les observations réalisées par RSF.
"L'enquête relative à la campagne de diffamation visant Olena Mudra ne montre pas d'avancée, alors même qu'il est indispensable qu'elle aboutisse à des résultats concrets. L'absence de progrès dans l'enquête sur sa diffamation contraste avec la rapidité avec laquelle une procédure pénale a été engagée contre elle sur la base d'accusations anonymes et non vérifiées, selon les informations publiées par le média d'investigation ukrainien NGL.media, et corroborées par RSF. RSF appelle la police ukrainienne à mener une investigation rigoureuse et indépendante.
RSF a contacté la police ukrainienne en charge du dossier, sans obtenir de réponse.