Ministry of Europe and Foreign Affairs of the French Republic

03/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/17/2026 01:18

Déclaration à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à son arrivée au Conseil Affaires étrangères (Bruxelles, 16 mars 2026)

L'escalade militaire incontrôlée et dangereuse au Proche et au Moyen-Orient ne nous détourne pas de l'Ukraine, où se jouent depuis quatre ans la sécurité et la paix sur le continent européen. Dans un contexte marqué par l'isolement croissant de la Russie sur le plan international - après la chute de Bachar al-Assad, celle de Nicolas Maduro et celle de l'Ayatollah Khamenei - nous poursuivons avec beaucoup de détermination et de résolution notre action le long de deux axes d'efforts : notre soutien à l'Ukraine et notre pression sur Vladimir Poutine.
Ce soutien à l'Ukraine a été exprimé par le Président de la République vendredi dernier à Paris, où il recevait le président Zelensky. Il lui a affirmé que nous poursuivons nos efforts pour que, sur le plan militaire comme sur le plan financier, l'Ukraine puisse bénéficier de tout ce dont elle a besoin pour poursuivre sa résistance contre l'agression russe. C'est dans ce cadre que nous souhaitons vivement qu'un accord puisse être trouvé sur le prêt de 90 milliards d'euros, qui mettra l'Ukraine à l'abri de toute difficulté financière pour les deux ans à venir.
Concernant la pression sur Vladimir Poutine, le week-end dernier, sans encombre, les 2.600 sanctions prises depuis le début de la guerre d'agression russe en Ukraine ont été renouvelées.

Aujourd'hui, à Bruxelles, s'ajoutent à ces mesures neuf nouvelles désignations de criminels de guerre responsables du massacre de Boutcha, dont nous allons marquer dans quelques jours le quatrième anniversaire. S'ajoutent également quatre sanctions à l'encontre des propagandistes du Kremlin, y compris un franco-russe, Adrien Bocquet, véritable agent de recrutement de combattants étrangers en Ukraine, responsable d'apologie de crimes de guerre et de campagnes de désinformation en Europe et en Afrique.

En Afrique, Vladimir Poutine continue de tenter en vain de fragiliser la relation entre la France et l'Union européenne d'un côté, et les pays africains de l'autre. Mais quelle est la contribution réelle de la Russie au développement du continent ? C'est zéro.

Je me suis rendu jeudi et vendredi en République centrafricaine : sur le terrain, je ne vois rien. Et dans les chiffres, je ne vois rien non plus. Les investissements de l'Union européenne en Afrique sont 200 fois supérieurs à ceux de la Russie. Les échanges commerciaux de l'Union européenne avec le continent africain sont 20 fois supérieurs à ceux de la Russie. L'Union européenne accueille 10 fois plus d'étudiants dans ses universités que ne le fait la Russie.

C'est cela, la réalité des faits. Il faut donc que Vladimir Poutine se rende à l'évidence : cette guerre d'agression, dans laquelle il a précipité son pays au risque de l'épuiser et de le discréditer, doit cesser. C'est un échec stratégique, politique et économique qui doit désormais prendre fin.

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