07/03/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/03/2026 13:00
Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté le meurtre de la journaliste Roxana Berenice Guzman Ramirez, directrice du média Pulso Informativo del Sureste, enlevée le 2 juin à Nanchital, dans l'État de Veracruz, et retrouvée morte près d'un mois plus tard. Ce crime confirme l'incapacité des autorités à protéger la presse et vient alourdir le déjà lourd bilan de trois journalistes tués dans cet État depuis le début de l'année 2026. RSF appelle le bureau du procureur général de la République à mener sans délai une enquête approfondie, transparente et exhaustive afin d'identifier et de poursuivre l'ensemble des responsables.
Le matin du 2 juin, des hommes armés et encagoulés ont fait irruption au domicile de Roxana Berenice Guzman Ramirez, à Nanchital, dans le sud de l'État de Veracruz. Après l'avoir menacée, ils l'ont enlevée. Le bureau du procureur général de la République s'est saisi de l'enquête et, à ce jour, huit personnes ont été arrêtées, dont quatre policiers municipaux d'Ixhuatlan del Sureste, une localité du sud de l'État de Veracruz. Autre suspect dans l'enlèvement, José del Carmen Cadena Escayola, alias "Delta 7", a été identifié grâce aux images de vidéosurveillance de l'attaque, selon des médias mexicains. Après son arrestation, il aurait indiqué un lieu où la journaliste pouvait se trouver, où les autorités ont découvert des restes humains. Le bureau du procureur général de l'État de Veracruz a confirmé le 3 juillet que les restes humains découverts dans un ranch situé entre les municipalités d'Ixhuatlan del Sureste et de Moloacan étaient bien ceux de la journaliste Roxana Guzman.
La journaliste dirigeait Pulso Informativo del Sureste, une page sur Facebook consacrée à l'actualité des communautés, aux problèmes des citoyens, aux services publics, à la politique municipale et aux questions de sécurité.
"Trois journalistes tués dans l'État de Veracruz au cours du premier semestre de l'année : c'est le signe incontestable de l'effondrement des garanties permettant d'exercer le journalisme dans cet État. Le meurtre de Roxana Guzmán, après près d'un mois de captivité, constitue un crime d'une extrême gravité qui exige des réponses immédiates. Les autorités doivent rendre compte des mesures qu'elles ont prises au cours des recherches, elles doivent expliquer pourquoi elles n'ont pas réussi à la retrouver vivante, et déterminer si ce crime est lié à son activité journalistique. L'impunité qui entoure ces crimes ne fait qu'alimenter de nouvelles attaques contre la presse. Rompre ce cycle est indispensable pour enrayer l'escalade de la violence à laquelle sont confrontés les journalistes à Veracruz comme dans l'ensemble du Mexique.
Le meurtre de Roxana Guzmán est le troisième meurtre d'un journaliste enregistré dans l'État de Veracruz et le quatrième au Mexique en seulement six mois. Carlos Leonardo Ramirez Castro et Luis Angel Lopez Valdez ont tous deux été tués dans la ville de Poza Rica. La répétition de ces meurtres dans un même État démontre que les violences visant la presse continuent de s'intensifier, tandis que les autorités demeurent incapables de les prévenir.