Armée de l'Air et de l'Espace

05/04/2026 | News release | Archived content

BAP : les Aviateurs français œuvrent à la protection des pays baltes, sur le flanc est de l’OTAN

BAP : les Aviateurs français œuvrent à la protection des pays baltes, sur le flanc est de l'OTAN

Direction : Air / Publié le : 04 mai 2026

Depuis le 1er avril, une centaine d'Aviateurs est déployée sur la base aérienne de Šiauliai en Lituanie pour assurer, durant 4 mois, la mission Baltic Air Policing 71 (BAP71). Mettant en œuvre quatre Rafale B, ils participent à la protection et la souveraineté de l'espace aérien des pays baltes sous commandement otanien.

Des aéronefs russes sont régulièrement escortés par les équipages français.
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Le 31 mars, le lieutenant-colonel Alexandre recevait symboliquement les clés de la mission Baltic Air policing en relève d'un détachement de l'Ejército del Aire y del Espacio (armée de l'Air et de l'Espace espagnole) qui, durant 4 mois d'un hiver rigoureux, avait assuré la mission BAP70. Depuis 2004, c'est la 71e fois que des détachements de l'OTAN se relaient en solidarité avec les pays baltes, dépourvus de capacités aériennes de combat, pour en assurer la protection aérienne. Pour le chef du détachement français, bien qu'il s'agisse pour lui d'une première sous ces longitudes, la mission est parfaitement maitrisée, c'est pour lui « un honneur et une fierté » d'être ainsi déployé.

Les Aviateurs sont entrainés pour assurer la police du ciel en France, dans le cadre de la posture permanence de sûreté Air (PPS-A). Cependant, plusieurs différences marquent ce détachement par rapport aux plots métropolitains. Ici, les appareils escortés n'ont rien d'avions de tourisme. Seuls des aéronefs militaires sont interceptés par les équipages français. En effet, si l'OTAN déploie des moyens, c'est pour assurer la mission de protection et de défense de l'espace aérien des alliés dans une approche militaire et non civile. La chaîne de commandement est également différente, bien que le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) garde un œil averti sur l'activité. Les avions sont placés directement sous le commandement opérationnel (OPCON) de l'OTAN et c'est le Combined Air Operation Center CAOC - Centre des opérations aériennes combinées) de Uedem en Allemagne, en charge de la surveillance du nord de l'Europe, qui transmet les ordres de décollage et d'interception aux avions français. Ces derniers sont déployés dès lors qu'un avion suspect est détecté dans la zone de responsabilité balte.

Des missions en contexte interalliés

Les Français n'assurent pas seuls la protection de l'espace aérien dans la région. Selon un schéma de rotation, trois plots de quatre chasseurs sont déployés. L'un est localisé à Ämari, en Estonie, tandis que les deux autres sont implantés à Šiauliai, en Lituanie. Les nations impliquées dans les missions doivent, en outre, être en mesure de décoller et d'intervenir en quelques minutes seulement. Depuis leurs différentes emprises, les Français évoluent aux côtés de deux détachements de chasseurs F-16. Le premier, Roumain, opère depuis la Lituanie, le second, Portugais, est stationné en Estonie.

Dans ce cadre et depuis le début de leur mandat sur le flanc est de l'OTAN, et près d'une dizaine de fois, les Rafale français ont dû s'approcher d'aéronefs russe survolant la zone de responsabilité des pays baltes, sans plan de vol ni contact radio. Ce chiffre est stable depuis plusieurs années.

Des Rafale B français armés œuvrent à la surveillance de l'espace aérien des pays baltes.
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Des Rafale B français armés œuvrent à la surveillance de l'espace aérien des pays baltes.

Pour le commandant Dorian, pilote et commandant en second du détachement, ces interceptions, parfois physiquement épouvantes, sont surtout « un accomplissement de mission ». Le 21 avril, les équipages français ont conduit une des missions les plus importantes en interceptant un dispositif complet d'avions bombardiers stratégiques russes Tupolev Tu-22M, accompagnés de plusieurs chasseurs Soukhoï Su-30 et Su-35. « Dans ce genre de situation, il faut rester professionnel, et ne pas avoir de comportement qui pourrait entraîner une escalade » confie le commandant du détachement. Le commandement aérien de l'OTAN (AIRCOM) précise, après cette mission, qu'une mission russe d'une telle ampleur dans la zone n'avait pas été observée depuis plus de deux ans.

S'entraîner ensemble

Une semaine sur trois, le régime d'alerte est abaissé avec un délai de réaction de quelques heures. Ce n'est pas pour autant que le détachement français se retrouve sans activité. Profitant d'une zone avec de nombreux et larges terrains d'entraînement au combat aérien, de la présence de plusieurs détachements au sol pour des exercices d'appui aérien rapprochés, les Français multiplient les échanges avec les nations hôtes et les différents détachements de l'OTAN, notamment britanniques et canadiens.

Les équipes au sol ont également profité de la proximité avec le détachement roumain pour échanger sur les procédures et manières de travailler sur avion F-16. Régulièrement, des délégations de représentants militaires ou civils lituaniens viennent également voir le détachement français en vue de conduire des échanges et d'entretenir la connaissance mutuelle.

Dans quelques semaines équipes et avions biplaces seront relevés par des équipages opérant sur Rafale C. Ces derniers assureront la mission jusqu'au 31 juillet prochain.

Armée de l'Air et de l'Espace published this content on May 04, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on May 06, 2026 at 10:52 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]