03/12/2026 | News release | Distributed by Public on 03/12/2026 10:44
« Entre 600.000 et 1 million de foyers iraniens sont actuellement déplacés temporairement à l'intérieur du pays en raison du conflit en cours, ce qui représente jusqu'à 3,2 millions de personnes », a annoncé le HCR dans un communiqué.
Selon l'agence onusienne, « ce chiffre devrait continuer d'augmenter tant que les hostilités se poursuivent ».
La plupart de ces déplacés auraient fui Téhéran et d'autres grandes zones urbaines pour se réfugier dans le nord du pays et dans les zones rurales. Les familles de réfugiés accueillies dans le pays, principalement des Afghans, sont également touchées.
Sur le terrain, le HCR travaille avec les autorités nationales et ses partenaires pour évaluer les besoins émergents à mesure que les mouvements de population s'intensifient.
L'agence souligne la nécessité urgente de maintenir l'accès humanitaire et de veiller à ce que les frontières restent ouvertes à ceux qui cherchent à se mettre en sécurité, conformément aux obligations internationales.
La situation sécuritaire se détériore rapidement, rendant l'aide humanitaire encore plus cruciale et fragile. Jeudi matin, l'armée israélienne a annoncé des bombardements « de grande ampleur » sur tout le territoire iranien. Quelques instants plus tôt, Téhéran a affirmé avoir ciblé des bases militaires israéliennes.
Au Liban, plusieurs personnes sont mortes dans la nuit de mercredi à jeudi, dans des frappes israéliennes censées viser le mouvement pro-iranien Hezbollah et ses installations.
Ces violences aggravent la vulnérabilité des populations civiles, déjà confrontées à des déplacements forcés et à des difficultés d'accès aux soins.
Les déplacements massifs s'accélèrent, avec plus de 800.000 déplacés internes et près de 84.000 personnes ayant traversé la frontière syrienne depuis le 2 mars.
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), les ordres d'évacuation imposant des déplacements répétés dans des délais très courts perturbent gravement l'accès aux soins obstétriques et maternels d'urgence, en particulier pour les femmes en déplacement.
L'OCHA, qui ne donne pas de chiffres, note que « beaucoup accouchent en dehors des établissements de santé ou arrivent trop tard à l'hôpital ». « Cela augmente les risques de mortalité maternelle et néonatale », ajoute le bureau dans son dernier rapport de situation.
L'agence de l'ONU en charge des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA) s'est également inquiétée du sort des femmes déplacées. Selon l'agence, l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive est extrêmement perturbé au Liban, en raison « des routes encombrées par la circulation et des hôpitaux débordés ». Cela augmente les risques de grossesses non désirées et de complications potentiellement mortelles pour les femmes enceintes.
Au moins deux femmes auraient accouché dans la rue alors qu'elles étaient bloquées dans les embouteillages à la suite d'ordres d'évacuation massive.
De plus, deux bébés morts à leur naissance ont été signalés dans le gouvernorat de Baalbek El Hermel en raison de retards dans l'accès à un établissement de santé.
Les réfugiées syriennes, en particulier, ont énormément de mal à accéder aux soins maternels dans les hôpitaux des gouvernorats de Bekaa et de Baalbek El Hermel.
Ces derniers développements interviennent alors que les hostilités ont contraint à la fermeture de 49 centres de soins de santé primaires et de cinq hôpitaux dans le sud et dans la banlieue sud de Beyrouth. Depuis le 28 février, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 25 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 16 morts et 29 blessés parmi le personnel soignant et les patients.
Pour atténuer les risques, les partenaires humanitaires facilitent les transferts depuis les refuges collectifs afin de garantir que les femmes puissent se rendre dans des hôpitaux équipés pour accoucher en toute sécurité.
Les agences de l'ONU rappellent que le ministère libanais de la Santé coordonne étroitement ses efforts avec les partenaires du secteur de la santé afin d'assurer des soins de santé secondaires vitaux, des services de soins intensifs néonatals et pédiatriques. « Cependant, cette approche reste très dépendante des ressources et nécessite un soutien opérationnel soutenu », précise l'OCHA.