06/24/2026 | News release | Distributed by Public on 06/24/2026 12:33
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'insécurité et l'escalade de la violence à El Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan du Nord, ont de graves répercussions sur l'accès des populations à l'aide humanitaire et aux services vitaux. « Cela accroît le risque d'épidémies, en particulier chez les femmes et les enfants », a déclaré sur le réseau social X, le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Cette situation fait craindre une aggravation de la crise humanitaire dans cette région déjà fragilisée par le conflit qui oppose depuis plus de trois ans les forces armées soudanaises (FAS) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
© UNICEF/ Mohammed Jamal Un enfant soudanais dont la famille a fui El Fasher, au Darfour du Nord, est assis à côté d'un fourneau, dans la ville avoisinante de Tawila.Le lundi 22 juin, des frappes de drones auraient visé deux sites accueillant des personnes déplacées, faisant au moins trois morts et quatorze blessés, selon des informations transmises au Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
Plusieurs abris auraient également été endommagés, aggravant encore les conditions de vie de populations déjà privées d'un accès suffisant aux services essentiels. Les partenaires humanitaires continuent de également de signaler des pénuries de carburant, ainsi qu'une disponibilité limitée de pain, d'eau potable et d'autres denrées alimentaires essentielles à El Obeid.
L'OCHA reste préoccupé par le fait que les combats continuent de forcer les habitants à fuir leurs foyers à El Obeid. Dans le Darfour du Nord, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a signalé mardi que 2.200 personnes avaient été déplacées vendredi dernier en raison de l'insécurité dans les villages d'Orschi et de Dou, dans la localité d'Um Baru.
Face à ce regain de tension, l'OMS appelle à la réouverture immédiate des couloirs humanitaires afin de garantir l'acheminement sûr et durable de l'aide humanitaire. « Nous appelons également au respect du caractère sacré de la santé et à la protection des professionnels de santé et des patients », a ajouté le Dr Tedros.
Dans ce contexte d'urgence, l'enjeu est désormais de maintenir l'accès aux soins tout en répondant à des besoins humanitaires qui s'amplifient de jour en jour.
A El Obeid, l'ONU et ses partenaires poursuivent leurs opérations d'aide auprès des populations touchées par le conflit. L'OMS a notamment prépositionné des fournitures médicales essentielles pour traiter les traumatismes et les blessures, prévenir et combattre les maladies transmissibles, soutenir la santé reproductive, maternelle et infantile, ainsi que répondre aux besoins nutritionnels.
Ces stocks permettraient de prendre en charge plus de 25.500 personnes. Mais face à l'ampleur de la crise, « les besoins restent considérables et continuent de croître », a ajouté le Dr Tedros.
Parallèlement, les partenaires du secteur de la santé ont prépositionné des fournitures destinées à la lutte contre le choléra ainsi que des médicaments essentiels, afin de renforcer la préparation face à une éventuelle épidémie.
© UNFPA Effets personnels de réfugiés au camp d'Abu Al Naja, qui accueille des personnes ayant fui le Kordofan.De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit de fournir une aide alimentaire à plus de 72.000 personnes déplacées à l'intérieur du pays ce mois-ci et le mois prochain, environ 12.600 personnes ayant déjà été prises en charge à ce jour.
Au-delà de l'aide alimentaire, les acteurs humanitaires renforcent également leurs interventions dans le domaine de la santé et de la nutrition, alors que les besoins continuent de s'accroître. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et ses partenaires ont ainsi pris en charge plus de 95.000 enfants de moins de cinq ans entre vendredi et dimanche derniers dans le cadre d'une campagne de nutrition.
Face à l'ampleur de la crise et à l'augmentation des besoins, les organisations humanitaires alertent sur l'urgence de disposer de moyens supplémentaires pour poursuivre leurs opérations.
Le Plan de réponse humanitaire 2026, qui requiert 2,9 milliards de dollars pour venir en aide à plus de 20 millions de personnes, n'est actuellement financé qu'à hauteur de 39 %.