IndustriALL Global Union

02/23/2026 | News release | Distributed by Public on 02/24/2026 11:46

Les syndicats argentins orchestrent une grève nationale contre la réforme du travail

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23 février, 2026Les affiliés d'IndustriALL en Argentine ont organisé une grève nationale qui a paralysé le pays ce 19 février, confirmant ainsi la décision des travailleurs et travailleuses de rejeter la réforme de la loi du travail préconisée par le gouvernement de Javier Milei.

L'objectif était d'opposer un refus, le jour même de son débat en Chambre des députés, au projet de loi sur la « modernisation du travail » promu par le Président argentin Milei. Les salariés affirment que ce texte, qui ampute certains droits individuels et collectifs inscrits dans la Constitution nationale, pourrait accroître la précarité de l'emploi.

Vendredi dernier, en tout début de matinée, les Députés ont approuvé la réforme du travail par 135 voix pour et 115 contre. Cependant, en raison de nouveaux amendements, le Sénat doit ratifier le texte avant sa promulgation. La modification majeure réside dans l'abandon de l'article 44, qui portait une coupe sombre à l'indemnisation des congés de maladie, avec une couverture réduite à 75 % voire 50 %.

Dans son appel officiel à la grève nationale, la Confédération générale du travail de la République argentine (CGT) a mis en avant la perte de quelque 120.000 emplois dans le secteur privé et 80.000 dans le secteur public. Le nombre d'employés de maison a, quant à lui, baissé de 25.000 durant les deux années du mandat de Milei. Elle a également mis le doigt sur l'aggravation de la crise, la destruction du tissu industriel, la hausse du chômage, la diminution du pouvoir d'achat ainsi que sur l'accroissement de la dette publique et privée.

La CGT a fait ressortir que les graves problèmes de pauvreté, de chômage, de précarité et de détérioration du contexte social ne découlent pas des réglementations inhérentes au marché du travail, mais sont la conséquence directe d'une absence de croissance et d'investissements productifs au plan des politiques économiques nationales. Elle a souligné, par ailleurs, que ses adhérents sont ouverts à une véritable modernisation du travail, qui soit respectueuse des droits acquis et qui fasse œuvre commune afin que le pays, en équilibrant croissance et progrès, puisse offrir de meilleures perspectives de développement personnel, familial et communautaire.

Les Centrales syndicales argentines CTA-A et CTA-T se sont également jointes à la grève contre la réforme du travail, la qualifiant de régressive pour la classe ouvrière. La CTA-A a déclaré que le projet de loi en question constitue à la fois une attaque directe contre les droits de la population dans son ensemble et une atteinte à la démocratie. Elle a martelé qu'il abolit des acquis historiques tels que les congés payés, le repos hebdomadaire, les indemnités de licenciement, la journée de travail de huit heures et les dispositifs de protection de base. Elle anticipe les conséquences de l'adoption d'un tel document, à savoir une plus grande précarité, une flambée du travail informel, une hausse du chômage et une exclusion sociale accrue.

La CTA-T a qualifié la réforme d'acte d'agression du gouvernement contre les travailleurs et travailleuses, qui survient dans un contexte anxiogène, alors que l'Argentine affiche l'un des salaires moyens les plus bas d'Amérique latine assorti d'une perte du pouvoir d'achat d'environ 30 %, le tout sur fond de milliers de nouveaux licenciements. Elle a expliqué que la réforme du travail et son cortège de mesures d'austérité ne constituent pas un volet isolé, mais s'inscrivent dans un projet régressif qui vise à faire peser le poids de la crise sur les épaules de celles et ceux qui vivent de leur travail.

IndustriALL soutient fermement les syndicats argentins dans leur opposition à la réforme du travail. Celle-ci soulève de sérieuses préoccupations du point de vue syndical, car elle propose des mesures susceptibles d'affaiblir la négociation collective, de restreindre l'activité syndicale et de porter atteinte aux droits fondamentaux reconnus par les normes internationales du travail de l'OIT, en particulier la liberté d'association, le droit à la syndicalisation et à la négociation collective.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

« Je félicite nos affiliés argentins de résister à ces assauts contre les droits des travailleurs. La réforme de la loi du travail prouve à quel point le Président Milei se moque du sort des travailleurs et travailleuses. La grève nationale témoigne d'une opposition forte dont le Parlement devra tenir compte. »

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