05/10/2026 | News release | Distributed by Public on 05/11/2026 09:38
Le navire est arrivé au large des îles Canaries après plusieurs semaines en mer au cœur d'une réponse internationale de santé publique déclenchée par une épidémie d'hantavirus qui a fait trois morts.
Le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige une équipe déployée à Tenerife, a insisté sur le fait que le risque pour la population générale demeure faible.
« Ce n'est pas un autre COVID », a-t-il déclaré dimanche devant la presse, ajoutant que « le risque pour le public est faible » et que la population « ne doit ni avoir peur ni paniquer ».
Jusqu'à vendredi, huit cas liés au navire avaient été recensés, dont six confirmés en laboratoire comme des infections par hantavirus. Tous ont été attribués au virus des Andes. Aucun nouveau décès n'a toutefois été signalé depuis le 2 mai.
L'opération de débarquement a débuté tôt dimanche matin, lorsque les autorités sanitaires espagnoles sont montées à bord afin d'évaluer les passagers et les membres d'équipage avant leur transfert progressif à terre, selon leur nationalité et la disponibilité des vols.
Selon Diana Rojas Alvarez, responsable des opérations sanitaires de l'OMS à Tenerife, les passagers et membres d'équipage espagnols, français, canadiens et néerlandais figuraient parmi les premiers groupes à quitter le navire.
« Cela a été extrêmement intense, mais aussi très bien organisé », a-t-elle déclaré lors d'un point de presse de l'OMS.
Environ 46 passagers et membres d'équipage devaient débarquer dimanche, les opérations devant se poursuivre lundi. Une trentaine de membres d'équipage devraient rester à bord pendant le retour du navire vers les Pays-Bas, accompagnés par une équipe médicale.
Les responsables de l'OMS ont précisé qu'aucun passager ne voyagerait sur des vols commerciaux. Des vols affrétés pour le rapatriement sont coordonnés avec les autorités nationales dans le cadre de protocoles sanitaires stricts.
La Directrice de la gestion des épidémies et pandémies de l'OMS, Maria Van Kerkhove, a indiqué que les passagers et membres d'équipage feraient l'objet d'un suivi sanitaire actif pendant une période pouvant aller jusqu'à six semaines en raison de la période d'incubation du virus.
OMS Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus (deuxième à partir de la gauche) lors d'un point de presse sur le débarquement des passagers et des membres d'équipage du MV Hondius.« Notre recommandation est un suivi actif, c'est-à-dire une surveillance quotidienne afin de détecter une éventuelle fièvre ou d'autres symptômes », a-t-elle expliqué, ajoutant que l'OMS recommande une quarantaine et un suivi pendant 42 jours, à domicile ou dans des structures dédiées.
« Il s'agit d'une approche de précaution afin de nous assurer que ce virus n'ait aucune possibilité de se transmettre à d'autres personnes. Nous recommandons également qu'après avoir quitté le bateau et lorsqu'ils sont en présence d'autres personnes, les passagers portent un masque respiratoire comme couche supplémentaire de protection », a-t-elle ajouté.
L'hantavirus est une maladie rare généralement liée à une exposition à des rongeurs infectés et pouvant provoquer de graves atteintes respiratoires. La souche des Andes associée à cette flambée est la seule forme connue d'hantavirus dont la transmission interhumaine a été documentée, même si l'OMS estime que le risque de transmission demeure faible.
L'agence onusienne a également indiqué que l'opération menée à Tenerife repose sur une coordination étroite entre l'Espagne, les Pays-Bas, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et les équipes de l'OMS déployées sur le terrain.
« C'est ce que fait l'OMS », a souligné Maria Van Kerkhove, rappelant que l'agence coordonne régulièrement les réponses internationales aux menaces infectieuses, même lorsque l'attention du public reste limitée.