03/04/2026 | News release | Archived content
L'escadron d'instruction au vol à voile (EIVV) 21.535 « Chambord » est délocalisé entre novembre et début avril sur la plateforme aéronautique de Saint-Auban, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cet escadron-école poursuit ainsi sa mission de formation initiale des élèves-pilotes de l'armée de l'Air et de l'Espace (AAE) hors de la base aérienne (BA) 273 Romorantin.
Ce site est réputé pour ses conditions météorologiques exceptionnelles. Il offre, comme chaque année, l'opportunité d'appréhender le vol en montagne, une pratique particulièrement exigeante en raison des nombreux phénomènes aérologiques qui y sont associés.
De par leur richesse et la rigueur qu'elles demandent, les nombreuses heures de vols réalisées à proximité des reliefs ravissent tous les stagiaires, qui apprennent à évoluer dans un cadre certes magnifique, mais réellement exigeant. Qu'ils soient thermiques ou dynamiques, tous les courants empruntés en montagne créent une réelle plus-value dans le parcours d'un pilote ainsi qu'une expérience indispensable pour la suite de sa formation.
Depuis une quinzaine d'années, la formation sur planeur est un prérequis avant d'apprendre à piloter un avion de transport ou de chasse, un hélicoptère ou un drone. L'unité de Romorantin fait partie des trois EIVV de l'AAE, avec ceux des bases de Salon-de-Provence et de Saintes. Elle concentre l'essentiel des heures de planeur de l'AAE.
Le retour de l'escadron sur la base aérienne 273 de Romorantin est prévu pour la mi-avril. Ce seront cette fois les vols de plaine qui reprendront, toujours avec le même objectif : assurer les premiers vols « seul à bord » pour chaque jeune pilote militaire.
Au cours de notre entretien avec l'adjudant-chef Julien, cet instructeur vol à voile détaille cette période de l'année dans les Alpes-de-Haute-Provence.
« Saint-Auban est différent du vol que l'on pratique sur Romorantin, tout simplement parce que c'est l'hiver et que les ascendances thermiques n'y seront plus trop présentes. En revanche, nous allons bénéficier ici du vent sur les reliefs pour faire du vol de pente et, si c'est très bien alimenté, il y aura possibilité de pratiquer du vol d'onde, qui va nous permettre, pour les meilleures journées, de monter pratiquement jusqu'à 6 000 mètres. Les conditions hivernales sont plus propices ici, cela nous permet de continuer le travail et de suivre la progression de nos stagiaires, qui eux ne peuvent pas attendre les créneaux météo pour réaliser leur progression d'apprentissage du vol en planeur. Bien sûr, on délocalise nos aéronefs : les avions viennent à Saint-Auban par voie aérienne, on a un peu moins de trois heures de vol pour les amener et les planeurs sont démontés et transportés par remorque, là où il faut une dizaine d'heures pour les transférer de Romorantin à Saint-Auban par voie routière. »
« En moyenne, nous avons une douzaine de stagiaires par semaine sur la période de délocalisation. »
« La journée débute à 8 h 30 avec un prébriefing météo pour avoir la tendance de la journée : le vent (élément à prendre en compte pour le vol montagne) et l'ensoleillement seront des facteurs importants pour la séance de vol du stagiaire, l'activité pouvant être adaptée si besoin. À l'issue, tout le monde se rend au hangar, les équipages vont sortir et préparer les planeurs pour le vol. En parallèle, nous faisons de même pour les avions qui vont remorquer les planeurs. Ensuite, on revient généralement vers 10 h 00 pour réaliser un briefing météo complet (préparé tous les jours par le service météo de la base aérienne d'Avord) grâce auquel nous aurons un point de situation affiné et saurons si les missions sont réalisables par nos stagiaires. Chaque vol est briefé avec nos élèves jusqu'au déjeuner qui a lieu vers 11 h 30. Le premier décollage débute aux alentours de 12 h 45 pour un dernier posé vers 17 h 00 (en janvier) et 18 h 30 (fin mars). De manière générale, nous avons une dizaine de planeurs en vol durant la journée. »