Ministry of Europe and Foreign Affairs of the French Republic

02/27/2026 | Press release | Archived content

Déclarations à la presse de M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à bord du porte-avions Charles de Gaulle, lors de son déplacement en Suède[...]

Bonjour à toutes et tous,

Nous sommes à la passerelle du porte-avions Charles de Gaulle, qui est entouré par le mouvement aéronaval qui fait escale pour la première fois de son histoire à Malmö, en Suède. Et si je suis ici, c'est pour saluer ce moment historique et pour accueillir le Premier ministre suédois, la ministre des affaires étrangères et le ministre de la défense qui sont montés à bord pour découvrir ce prodige de technologie grâce auquel la France concourt à la sécurisation de l'Europe et à son flanc nord en particulier par la présence du groupe aéronaval et les exercices qu'il mène dans cette région, soit dans un cadre bilatéral avec nos partenaires dans la région, soit dans le cadre de l'OTAN qui concourt, qui assure la sécurité de l'Atlantique Nord.

Cette présence est aussi le témoignage de la force qui unit la France et la Suède, coopération qui est fondée bien sûr sur la coopération en matière de défense, avec des approvisionnements croisés et une unité de vision sur la souveraineté et la sécurité de l'Europe. Une coopération qui s'étend aussi à d'autres domaines, et en particulier celui de l'énergie, où nous sommes convaincus, en France comme en Suède, de l'importance de développer l'énergie nucléaire civile pour la décarbonation, la souveraineté et la compétitivité de l'industrie européenne.

Coopération qui s'étend aussi à la question des minerais critiques, qui a fait l'objet, il y a quelques semaines, de la signature d'une lettre d'intention liant nos deux administrations. Coopération qui s'étend enfin à la recherche fondamentale et je me rendrai dans quelques instants visiter l'accélérateur de particules ESS, auquel contribuent 13 pays, dont la France, avec des liens étroits, avec des institutions de recherche françaises, notamment à Grenoble. Au-delà de ces domaines de coopération qui font la force de la relation entre la France et la Suède, il y a bien sûr les liens humains entre nos deux pays, les liens économiques aussi. Les entreprises françaises sont à l'origine de 55.000 emplois en Suède et réciproquement, les entreprises suédoises que les Français connaissent bien, comme Volvo, comme Securitas ou encore comme Ikea, sont à l'origine de 100.000 emplois dans notre pays. Il y a de nombreux échanges dans tous les domaines. J'aurai d'ailleurs l'occasion sur le pont de ce porte-avions dans quelques instants de m'entretenir avec les enfants qui apprennent le français ici à Malmö. Je suis donc de disposition pour répondre à toute question.
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Q - Monsieur le ministre, est-ce que l'on peut revenir sur l'incident qu'il y a eu lieu ici-même, il y a deux jours, ce drone qui a survolé le Charles de Gaulle ? Votre homologue suédois parle d'un drone qui provient de la Russie, d'un bateau militaire à proximité du Charles de Gaulle. Qu'est-ce qu'on en sait aujourd'hui ?

R - D'abord, le drone n'a pas survolé le Charles de Gaulle, il est arrivé à proximité, mais en aucun cas, il a mis en cause la sécurité du porte-avions et de son groupement aéronaval. D'autre part, ce que je veux souligner, c'est l'efficacité avec laquelle le dispositif de sécurité mis en place par les autorités suédoises et les forces suédoises ont permis de neutraliser rapidement ce drone. Et enfin, s'agissant de son origine, de sa provenance, même si ce stade, je n'ai pas d'éléments pour vous la confirmer, si les propos du ministre de la défense suédois sont exacts et que la question est posée d'une provocation russe, elle serait tout simplement dérisoire. Puisque comme je le disais, en aucun cas et d'aucune manière, elle a engagé la sécurité du groupement aéronaval.

Q - Pour l'instant, on n'a aucune confirmation de l'origine, de la provenance de ce drone ? Est-ce que vous allez dans le sens de votre homologue suédois qui, lui, parle de drone russe ?

R - Je n'ai aucun élément pour le confirmer, mais si je dois confirmer quelque chose, c'est que si toutefois il s'agit là d'une provocation en provenance de la Russie, elle est parfaitement dérisoire et ridicule.

Q - Le Kremlin a démenti ce matin en parlant même de propos absurdes, quelle est votre réaction ?

R - A propos du Kremlin, je n'en ai pas d'autres que ce que je viens de vous livrer à l'instant.

Q - Et qui avait descendu le drone ?

R - Le dispositif de sécurité qui a été mis en place par notre partenaire suédois pour sécuriser l'arrivée à bon port du Charles de Gaulle et de son groupement aéronaval a permis d'éloigner, d'écarter cette menace, et toutefois, on peut la qualifier de menace.

Q - Is it possible for you to explain in English as well your opinion or comments on this drone incident ?

R - Sure, first thing first, the drone was neutralized away from the Charles de Gaulle aircraft carrier, and in no way was the security of the aircraft carrier and its group threatened by this drone. The second point I wanted to raise is to praise the security provided by the Swedish authorities and armed forces that allowed for an efficient treatment of this incident. And the last thing I raised is that if indeed, as the Ministry of Defence suggested, there is a potential Russian origin for this incident, the only conclusion I would draw is that this would be a ridiculous provocation.

Q - You don't think it's serious ?

R - What I'm saying is that in no way can a drone, wherever it may come from, raise or threaten the security of the Charles de Gaulle, its group, under the cooperation with the Swedish armed forces. This is just not possible.

Q - Monsieur, permettez-moi, je m'appelle Frederikke Ingemann, je suis danoise, je viens du média (inaudible). Notre ministre des armées, M. Troels Lund Poulsen, avait exprimé il y a quelques jours la volonté et le désir du Danemark de stocker et d'aider à financer les armes nucléaires dont celles de la France. Est-ce que vous considérez, avec les propos assez récents aussi de M. le président Macron, qu'il sera concevable de stocker effectivement des armes nucléaires sur le sol danois en temps de paix ?

R - Le président de la République, comme ses prédécesseurs, a rappelé en 2020 que les intérêts vitaux de la France ont naturellement une dimension européenne. L'année dernière, il a invité un certain nombre de nos partenaires les plus proches à s'engager dans un dialogue stratégique portant sur la dimension européenne des intérêts vitaux et donc de la dissuasion française. Le président de la République aura l'occasion très prochainement de donner plus de détails sur la mise en œuvre concrète de ce dialogue stratégique auquel nos partenaires les plus proches ont été associés.

Q - We have the same question (inaudible), is that an ongoing discussion with the Swedish government (inaudible) French side (inaudible) to deploy nuclear weapons in Sweden ?

R - Like all his predecessors, President Macron expressed back in 2020 that France's vital interests have a European dimension. More recently, last year, he suggested or invited our European partners, closest partners, to a strategic dialogue on the European dimension of those vital interests. In the near future, President Macron will have an opportunity to come forward and express how this strategic dialogue is going to materialize.

Q - When you met your Swedish counterpart, did you discuss the possibility of selling frigates to Sweden and how did this discussion go ?

R - Thank you very much for this question. Like I said, one of the pillars of our strategic partnership with Sweden is indeed defence cooperation. Our two countries have strong similarities with among the strongest industrial and technological defence bases. This is an asset and this is a way for both countries to show the value of the European procurement and preference. You remember that France made the decision recently to acquire a Swedish technology with the GlobalEye planes that we are very proud to have acquired to support our air forces. This is one example of a fruitful cooperation between our two countries. On the other hand, Sweden has in the past procured some of its equipment with French defense companies and French companies stand ready to provide Swedish armed forces with their know-how and their technology in all fields and we, as public authorities and government, support such endeavours by French companies because we want to see more and more cooperation in the field of defence. And as you know, cooperation in the field of defence rests on cross-procurement across defence spaces.

Q - But did you discuss in particular these frigates ?

R - We discussed all possible propects of cooperation and procurement in the field of defence.

Q - In the future, do you see a possible increased French presence in the Baltic Sea area ?

R - We're already seeing it. Count the number of military ships that have done port calls in Sweden in the past few months or years. Compare this to what was happening a few years back, and you will observe that there is an increase in the French presence and therefore cooperation with our Nordic and Baltic friends and partners. President Macron was on the line with the leaders of the group called NB8, Nordic and Baltic 8, last Monday, on the eve of the fourth anniversary of the war of aggression of Russia in Ukraine. There is an increase in the frequency of these contacts because we know for a fact that the security of the North of Europe, of the Baltics, of the Arctic depends on the security of the rest of Europe and the security of France. That's why we are here with Charles de Gaulle, the airstrike carrier and its group to assert our willingness to contribute to the security of this sensitive or this important flank of our union and continent.

Q - Permettez-moi une question. Nous, les Danois, on est très inquiets de l'évolution internationale avec nos anciens amis américains qui se retirent de plus en plus. Il y a beaucoup de Danois aussi qui sont très reconnaissants envers la France pour votre soutien, par rapport au Groenland. Est-ce que vous pourriez élaborer un tout petit peu sur le rôle tel que vous le voyez actuellement dans ce climat de tension internationale tellement tendu à la fois au Groenland, mais évidemment aussi en Europe, et le rôle que la France souhaite jouer, peut-être aussi un peu en remplaçant les États-Unis ?

R - Je crois que la question qui est posée, c'est le rôle de l'Europe dans le monde dans lequel nous entrons et qui est marqué, en réalité, si on regarde les choses avec lucidité, par une rivalité croissante, voire même d'une certaine manière, une conflictualité entre les États-Unis et la Chine. La responsabilité de l'Europe, étant donné son histoire, les valeurs auxquelles elle est attachée, auxquelles les Français comme les Suédois sont attachés, c'est d'ouvrir une troisième voie pour éviter que l'Europe, mais aussi d'autres pays du monde, ne se retrouvent entraînés dans des conflits qu'ils n'auraient pas choisis. Et pour cela, la priorité principale de l'Europe doit être de construire les conditions de son autonomie stratégique, de son indépendance, de manière à pouvoir avec l'allié américain, avoir les meilleures relations possibles. Une Europe forte et indépendante, c'est un atout précieux pour les États-Unis et c'est un atout précieux pour les Européens également. Et puis ensuite, l'indépendance, une fois construite, ainsi que la force, le Premier ministre de la Suède, le président de la République, travaillent ensemble à rendre l'Europe plus forte par une simplification et une unification du marché intérieur. L'étape suivante, cela doit être d'entraîner avec nous d'autres pays, d'autres régions du monde, qui eux aussi entendent rester libres et qui ne veulent pas choisir un camp. Ils sont nombreux, de l'Asie du Sud-Est jusqu'à l'Amérique du Sud, en passant par l'Afrique, à attendre que l'Europe lève la tête et qu'elle montre la voie. Je crois que c'est cela, ce à quoi nous devons…

Q - (inaudible) ils l'ont dit là récemment, les États-Unis ne sont plus considérés comme un allié. On n'a plus confiance en eux. Est-ce que vous, la France, considérez toujours, malgré les positionnements divergents de Trump, les États-Unis vraiment comme un allié ? Un allié qui menace de prendre les territoires du Groenland ?

R - Avec les États-Unis, nous sommes alliés au sein de l'OTAN, mais nous ne sommes pas pour autant alignés. Et lorsque l'allié américain formule une proposition qui est inacceptable, il faut savoir lui dire « non ». Et c'est ce que nous avons fait dans le cas que vous soulevez, qui est celui du Groenland. Je vous remercie beaucoup.

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