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08/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/27/2026 14:50

Conseil de sécurité: l’Envoyé spécial pour la Syrie condamne les activités militaires d’Israël en Syrie

10215e séance - matin
CS/16441
27 août 2026

Conseil de sécurité: l'Envoyé spécial pour la Syrie condamne les activités militaires d'Israël en Syrie

L'Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, M. Claudio Cordone, a condamné, ce matin, devant le Conseil de sécurité, à l'instar d'une majorité de délégations, la poursuite des activités militaires d'Israël en Syrie, et notamment la frappe contre une base aérienne, le 18 août, dans le nord du pays. Sur le plan intérieur, il s'est félicité de perspectives économiques encourageantes, favorisées par la décision des États-Unis de retirer la Syrie de la liste des États parrains du terrorisme.

À l'entame de son propos, M. Cordone a fait état de la poursuite des activités militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, incluant des incursions terrestres répétées, des perquisitions de domiciles et la destruction de biens privés et agricoles. Il s'est également dit préoccupé par les déclarations de hauts responsables israéliens préconisant une présence militaire israélienne à durée indéterminée sur le territoire syrien.

Les activités israéliennes se sont poursuivies en violation de la souveraineté de la République arabe syrienne et de l'Accord de désengagement des forces de 1974, a-t-il dénoncé, rappelant qu'au regard du droit international et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale, le plateau du Golan est un territoire syrien occupé.

Il a également condamné la frappe israélienne contre la base aérienne de Abu al-Dhuhur le 18 août, avant d'appuyer les efforts des États-Unis en vue d'un arrangement sécuritaire entre Israël et la Syrie et d'un mécanisme de déconfliction.

Les agissements d'Israël largement condamnés

De nombreuses délégations lui ont emboîté le pas, à l'image de la Chine ou de la Türkiye, cette dernière réfutant le parallèle établi par Israël entre son occupation du territoire syrien et la coopération d'Ankara avec le Gouvernement syrien en matière de sécurité. « Le renforcement des capacités nationales de la Syrie relève de son droit souverain et ne constitue une menace pour aucun pays », a-t-elle fait valoir, accusant Israël de vouloir ainsi justifier ses propres violations du droit international.

Résumant la position d'une majorité de membres du Conseil, la France a appelé Israël à « cesser ses incursions déstabilisatrices sur le sol syrien et à respecter l'Accord de désengagement de 1974 ».

Le Danemark a également condamné cette escalade dangereuse susceptible de déstabiliser davantage la région, jugeant inacceptables « les déclarations du Gouvernement israélien concernant un maintien indéfini dans des zones situées en Syrie ».

La délégation danoise a, en outre, salué la volonté de la Syrie de rechercher une solution diplomatique à ces tensions, tandis que la Grèce se réjouissait de la tenue de pourparlers directs entre les deux pays, en espérant qu'ils aboutissent à des résultats concrets. De son côté, la Somalie, au nom des A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie), a souligné la nécessité que la Syrie ne devienne pas le théâtre d'une confrontation plus large. Les États-Unis ont, eux, appelé Israël et la Syrie à œuvrer à la désescalade et assuré qu'ils continueront de collaborer étroitement avec les deux capitales.

La charge la plus forte est venue du représentant de la Syrie, qui a estimé que les efforts internationaux de taille déployés depuis des mois pour rétablir la stabilité de la région « risquent d'être battus en brèche en raison d'un Gouvernement extrémiste ». Il a appelé, à cet égard, à « faire attention aux calculs politiques étriqués du Premier Ministre israélien ».

« Si Israël veut la stabilité, elle ne peut intervenir qu'avec la fin des attaques et des incursions, le respect de l'Accord de désengagement et le retrait israélien des territoires occupés », a-t-il martelé. S'agissant du Golan syrien occupé, il a soutenu qu'il s'agit d'un territoire occupé qui reviendra au peuple syrien, « peu importe le temps que cela prendra ».

Satisfaction autour de la décision des États-Unis

La décision des États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États parrains du terrorisme a été applaudie par la France, Bahreïn ou encore la Türkiye.

Pour l'Envoyé spécial, cette mesure permettra de créer des conditions plus favorables au relèvement économique du pays, aux investissements et à un engagement international. Il s'agit, selon M. Cordone, d'une « nouvelle étape dans le processus de levée des sanctions ». En parallèle, les autorités syriennes mettent en place un système bancaire fiable et un cadre contre la corruption pour favoriser le retour des investissements étrangers, s'est félicitée la France.

« Ce jalon témoigne des progrès accomplis par les autorités syriennes dans les domaines politique, humanitaire et sécuritaire », a déclaré la représentante des États-Unis. Elle a ajouté que cette décision « contribuera à la reconstruction d'un État en paix avec lui-même et avec ses voisins ».

« Nous avons terminé l'ère de l'isolement et nous entrons dans une nouvelle époque marquée par l'ouverture », a commenté le délégué syrien. La Fédération de Russie a, elle, plaidé pour la levée complète des sanctions.

La transition politique jugée à l'aune de la place des femmes

Sur le plan politique, Bahreïn a salué l'intégration des Forces démocratiques syriennes dans les institutions de l'État, la convocation de l'Assemblée populaire ainsi que les efforts en matière de justice transitionnelle, de personnes disparues et de réconciliation nationale.

La France a appelé à poursuivre les efforts entrepris dans le cadre de la transition politique, en luttant contre l'impunité et en consolidant un État uni et démocratique, intégrant l'ensemble des composantes du peuple syrien et respectueux des droits des femmes.

Sur ce point, Mme Rola Roukbi, représentante de la société civile syrienne et Directrice de l'organisation Women Now for Development-Liban, s'est déclarée inquiète de la place des femmes dans la « nouvelle Syrie », près de deux ans après la chute du régime de Bachar el-Assad. La représentation des femmes au Parlement est inférieure à 11% et le Gouvernement de transition ne compte qu'une seule femme, a relevé l'intervenante.

« Les droits des femmes ainsi que les libertés personnelles et civiles ne sont pas des questions que l'on peut remettre à plus tard », a-t-elle affirmé, exprimant le vœu que le soutien de la communauté internationale « contribue à garantir que les nouvelles institutions ne reproduisent pas les anciens schémas de pouvoir incontrôlé ».

D'autres intervenants, tels que le Danemark ou l'Envoyé spécial, ont rappelé la place centrale qui doit revenir aux femmes. Ce dernier a relayé le message du Secrétaire général, qui s'est rendu le mois dernier en Syrie -une première pour un Secrétaire général en 17 ans. « Le succès de la transition se mesurera à l'aune de la façon dont tous les Syriens seront représentés ».

Une situation humanitaire toujours difficile

La situation humanitaire a été au cœur de l'intervention de M. Indrika Ratwatte, Sous-Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires par intérim et Coordonnateur adjoint des secours d'urgence. Malgré des signes de reprise en Syrie et le retour de près de 2 millions de déplacés internes et de plus de 1,7 million de réfugiés depuis décembre 2024, les besoins humanitaires restent immenses, a-t-il dit.

« Le retour ne signifie pas la fin du besoin humanitaire; pour de nombreuses familles, c'est le début d'une nouvelle lutte pour reconstruire leur vie », a averti le haut fonctionnaire, rappelant que plus de 5,5 millions de personnes demeurent déplacées.

Dans ce contexte préoccupant, la Fédération de Russie a regretté que le plan humanitaire pour la Syrie ne soit financé qu'à hauteur de 30%. Elle a cependant salué l'allocation de 75 millions de dollars du Fonds humanitaire des Nations Unies pour la Syrie, destinée à soutenir les retours et la réintégration des Syriens ainsi que le déminage. La délégation a souhaité que l'aide internationale ne se limite pas aux besoins immédiats, mais contribue aussi à la reconstruction des infrastructures et à la relance des sources de revenus.

Pour le délégué Syrie, le redressement est en bonne voie, grâce au soutien de la communauté internationale. « Pour les Syriennes et les Syriens, le rétablissement des vols directs, l'ouverture d'un compte bancaire, les transferts bancaires électroniques, trouver un emploi, ce ne sont pas là des éléments insignifiants mais des signes d'un retour à la normalité, à la vie, à la paix et à la sécurité », s'est-il enthousiasmé.

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