UNOG - United Nations Office at Geneva

05/18/2026 | News release | Distributed by Public on 05/18/2026 14:33

RDC : la nouvelle épidémie d'Ebola frappe un pays déjà durement touché par la faim et les déplacements

Au lendemain de la déclaration par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) d'une urgence de santé publique de portée internationale liée à la nouvelle flambée d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, des experts ont averti que le risque d'une nouvelle pandémie comparable à celle de la COVID-19 ne cessait de croître, dans un contexte de multiplication des épidémies et de vulnérabilité accrue des systèmes de santé.
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« Le monde n'est pas plus à l'abri des pandémies », ont affirmé lundi les experts du Conseil mondial de surveillance de la préparation (GPMB), soulignant la vulnérabilité du monde, mise à nu par une épidémie d'Ebola il y a une décennie, puis par la « catastrophe mondiale » que fut la Covid-19.

« À mesure que les épidémies de maladies infectieuses se font plus fréquentes, elles deviennent également plus dévastatrices, entraînant des répercussions sanitaires, économiques, politiques et sociales de plus en plus vastes, tout en réduisant notre capacité à nous en relever », ont déclaré les experts dans un nouveau rapport.

Point sur l'épidémie d'Ebola

La maladie à virus Ebola est une affection grave, souvent mortelle, qui touche les humains ainsi que d'autres primates.

Au samedi 16 mai, les autorités sanitaires avaient recensé huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province de l'Ituri, dans l'est de la RDC.

Dimanche, des informations non confirmées ont fait état d'un individu ayant été testé positif au virus Ebola à Goma, ville contrôlée par les rebelles, capitale de la province du Nord-Kivu et agglomération d'un million d'habitants.

Le cas confirmé serait celui de l'épouse d'un homme décédé après avoir contracté le virus Ebola à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri. Un autre individu, ayant effectué le trajet de Bunia à Beni (Nord-Kivu), a également été testé positif au virus Ebola.

Des cas ont par ailleurs été confirmés à Kinshasa, la capitale de la RDC, ainsi que de l'autre côté de la frontière, en Ouganda, où deux personnes infectées arrivées de RDC ont été admises en soins intensifs. La capitale ougandaise, Kampala, est également touchée, a précisé l'OMS.

L'agence apporte son soutien à la riposte menée par le gouvernement, mobilisant 42 professionnels de santé sur le terrain ainsi que du matériel déjà déployé.

L'agence a mis en garde contre la probabilité que l'épidémie soit plus étendue que ne le laissent supposer les données actuelles, signalant l'existence de foyers de décès inexpliqués, un taux de positivité élevé parmi les échantillons analysés et une compréhension encore limitée des modes de transmission du virus. Au moins quatre décès survenus parmi le personnel soignant ont suscité des inquiétudes quant à l'efficacité des mesures de prévention des infections au sein des établissements de santé.

Dans un communiqué, l'agence des Nations Unies a fait observer qu'il n'existe à ce jour aucune thérapie ni aucun vaccin approuvé pour traiter le virus Bundibugyo, responsable de l'épidémie actuelle.

« L'insécurité persistante, la crise humanitaire, la forte mobilité de la population, le caractère urbain ou semi-urbain de l'actuel foyer épidémique ainsi que le vaste réseau d'établissements de santé informels aggravent encore le risque de propagation, comme on a pu l'observer lors de la grande épidémie de maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri en 2018-2019 », a souligné l'OMS.

© OMS De l'aide destinée à renforcer la riposte contre l'épidémie d'Ebola arrive en Ituri, dans l'est de la RDC.

« Nous savons comment maîtriser Ebola »

« Ebola est une maladie très grave, mais c'est une maladie que nous savons maîtriser », a déclaré Mohamed Janabi, Directeur de l'OMS pour l'Afrique, à ONU Info.

Le Dr Janabi a expliqué que l'agence onusienne a classé cette maladie comme une urgence de santé publique de portée internationale, ce qui permet d'attirer l'attention de la communauté internationale, de mobiliser des ressources plus rapidement et de garantir une collaboration coordonnée entre les pays.

« Mais cela ne signifie pas que la population doit paniquer. Cela signifie que le système mondial fonctionne comme il se doit, en détectant la maladie et en y répondant avec une grande détermination », a-t-il ajouté, appelant les médias à diffuser des informations exactes.

L'IA : une aubaine ou un échec ?

Soulignant le potentiel de l'IA pour améliorer la préparation et surveiller les menaces pandémiques, le Conseil mondial de surveillance de la préparation (GPMB) a insisté sur le fait que, sans une gouvernance et des garanties efficaces, les innovations technologiques pourraient en réalité compromettre la sécurité sanitaire et creuser les inégalités d'accès aux soins qui ont caractérisé la pandémie de Covid-19.

Le GPMB est un organe indépendant de suivi et de responsabilisation, créé en 2018 par l'OMS et la Banque mondiale afin de renforcer la préparation aux crises sanitaires mondiales.

UNOG - United Nations Office at Geneva published this content on May 18, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on May 18, 2026 at 20:33 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]