02/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/24/2026 09:31
GENÈVE - Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, renouvelle son appel en faveur d'un financement urgent afin d'intensifier l'aide vitale au Burundi. Le pays est soumis à une pression humanitaire croissante, alors qu'il accueille plus de 90 000 réfugiés ayant fui le conflit en République démocratique du Congo (RDC) au cours des trois derniers mois.
Cet afflux comprend également le retour de 10 000 ressortissants burundais qui ont eux aussi fui les combats. Dans le même temps, le Burundi procède à la réintégration d'un nombre croissant de réfugiés burundais de retour après des années d'exil depuis d'autres pays de la région, en particulier la Tanzanie.
À l'issue d'une visite officielle au Burundi la semaine dernière, la Haut Commissaire assistante du HCR chargée de la protection, Ruvendrini Menikdiwela, a souligné l'écart croissant entre la hausse des besoins humanitaires et les ressources limitées disponibles pour y répondre efficacement.
Sur le site de réfugiés surpeuplé de Busuma, qui accueille désormais plus de 66 000 réfugiés congolais arrivés au Burundi depuis la fin de l'année 2025, Ruvendrini Menikdiwela a constaté une pénurie aiguë d'eau potable, de nourriture, de médicaments, d'abris et de services de protection. Le choléra et d'autres maladies évitables demeurent une menace sérieuse, tandis que près de 10 000 personnes restent bloquées dans des centres de transit aux infrastructures limitées, dans l'attente d'un transfert vers ce site déjà saturé.
Sur les 35 millions de dollars nécessaires pour fournir une assistance vitale au Burundi cette année, seuls 20 % ont été reçus à ce jour. Le Burundi accueille actuellement plus de 230 000 réfugiés, principalement originaires de la RDC.
« Le Burundi a fait preuve de générosité en accueillant des dizaines de milliers de personnes fuyant les violences dans l'est de la RDC », a déclaré Ruvendrini Menikdiwela. « Cela doit aller de pair avec une solidarité internationale renforcée et un financement immédiat et durable. Sans cela, des vies sont en danger. »
Le HCR a souligné que si l'assistance d'urgence reste essentielle, les sites de réfugiés qui sont isolés, comme celui de Busuma, constituent une mesure à court terme. Le HCR appelle l'ensemble des partenaires à répondre aux besoins humanitaires immédiats tout en soutenant des approches d'accueil communautaire bénéficiant à la fois aux réfugiés et aux communautés burundaises hôtes. L'inclusion et l'investissement dans les communautés d'accueil sont essentiels pour favoriser une autonomie durable.
La pression sur les ressources est accentuée par le retour continu de réfugiés burundais depuis les pays voisins. Au centre de transit de Nyabitare, à la frontière avec la Tanzanie, Ruvendrini Menikdiwela a pu constater directement l'impact du manque de ressources en rencontrant des familles burundaises de retour après près de dix années d'exil.
Depuis 2017, plus de 300 000 réfugiés burundais sont rentrés volontairement depuis différents pays de la région, principalement la Tanzanie. Au cours des deux premiers mois de 2026, plus de 28 000 réfugiés burundais sont revenus de Tanzanie, dont plus de 8 000 au cours de la seule semaine écoulée. Ce chiffre dépasse largement l'objectif hebdomadaire de 3 000 retours convenu lors de la réunion de la Commission tripartite de novembre 2025 entre les gouvernements de la Tanzanie et du Burundi et le HCR.
Le HCR a exprimé sa préoccupation face au fait que, lors de la récente accélération des retours depuis la Tanzanie, des abris de réfugiés ont été démolis, contraignant des personnes à trouver refuge temporairement dans des centres de départ déjà surpeuplés et aggravant encore les conditions sur le terrain. Certains réfugiés auraient également été victimes de mauvais traitements. Le HCR continue de plaider auprès du gouvernement tanzanien, à tous les niveaux, afin de garantir le respect des droits et des besoins des réfugiés et de veiller à ce que tous les retours soient volontaires, sûrs et réalisés dans la dignité.
Les capacités des centres d'accueil et de transit au Burundi sont également fortement dépassées. L'augmentation des retours, la diminution des ressources et les effectifs limités exercent une pression considérable sur les opérations des deux côtés de la frontière.
« Nous continuerons de soutenir les gouvernements du Burundi et de la Tanzanie afin qu'ils respectent leurs engagements pris dans le cadre des accords tripartites sur le rapatriement volontaire, et en particulier pour garantir que les réfugiés et leurs besoins demeurent au cœur de chaque étape du processus de rapatriement. Nous appelons la communauté internationale, y compris les partenaires du développement, à renforcer son soutien afin de permettre aux rapatriés de se réintégrer dans leurs communautés et de vivre dans la dignité », a déclaré Ruvendrini Menikdiwela.
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