06/29/2026 | News release | Distributed by Public on 06/29/2026 08:29
Malgré le cessez-le-feu encore fragile du 19 juin dernier, le bilan de la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah au Liban est lourd. Depuis le 2 mars 2026, plus d'un million de personnes ont été déplacées de force dans le pays, aggravant ainsi une situation sanitaire déjà compliquée et le lourd traumatisme psychologique de la population.
Certains parlent d'accalmie ces derniers jours. Pourtant, les actualités continuent de charrier leur lot de morts et de blessés au Sud-Liban, ciblé par des bombardements ou des drones de l'armée israélienne. Les derniers chiffres du ministère de la Santé libanais rapportent 4 211 personnes tuées et 12 173 blessées depuis le début du conflit. Actuellement, un peu plus de 100 000 personnes sont hébergées dans 634 centres collectifs à travers le pays, dont certains, notamment à Beyrouth et au Mont-Liban sont saturés par l'afflux de population. À tel point que les trois quarts des familles doivent se rabattre sur des solutions temporaires de fortunes : des abris collectifs comme des écoles réquisitionnées le plus souvent, parfois des bâtiments abandonnés, leurs voitures, la rue.
Dans ces conditions, il devient de plus en plus compliqué d'accéder à une alimentation adéquate, aux médicaments et aux soins de santé. Comme nous le confie Stéphanie Bou Gebrayel, coordinatrice santé mentale et activités psychosociales pour Médecins du Monde au Liban, c'est aussi le cas « dans les abris collectifs où les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, car il manque des toilettes, les femmes ne peuvent pas retirer leur voile devant des inconnus et elles ne reçoivent pas non plus de produits d'hygiène. Au final, c'est un mélange de besoins psychologiques et besoins en matière de santé physique. »
Les populations les plus fragilisées, femmes, enfants, personnes âgées ou en situation de handicap, migrant·es et communautés non libanaises restent particulièrement exposés à l'insécurité et aux obstacles d'accès aux services. Les partenaires du secteur de la santé avec lesquels Médecins du Monde collabore signalent des besoins croissants en :
Le système de santé libanais est d'autant plus touché que les déplacements internes ont également affecté les opérations humanitaires, notamment celles de Médecins du Monde, avec plusieurs membres du personnel contraints de quitter la banlieue sud de Beyrouth. D'autre part, l'afflux de déplacés dans certaines régions du pays renforce la mise sous pression des centres de santé, débordés par les besoins de la population. À tout cela s'ajoutent enfin les attaques répétées de l'armée israélienne contre les structures de santé - hôpitaux, centres, ambulances - et le personnel médical.
Le 30 mai, le ministère de la Santé a indiqué qu'une frappe aérienne à Maaroub (gouvernorat du Sud) avait tué quatre personnes, dont un ambulancier, et blessé cinq autres. Le 1er juin, deux frappes dans le district de Tyr ont gravement endommagé les infrastructures de l'hôpital Hiram, blessant 13 membres du personnel, ainsi que l'hôpital Jabal Amel, où au moins 86 civils, dont des soignants, ont été blessés.
contre les soins de santé depuis
le 2 mars 2026
liés à ces attaques
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le 2 mars 2026
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C'est dans ce contexte détérioré que Médecins du Monde tente de contribuer à la continuité des soins et au maintien d'un accès aux services de santé.
Les actions de Médecins du Monde au Liban s'appuient sur le soutien déjà apporté au système de santé libanais, notamment à travers le renforcement des trois centres intégrés dans ses programmes depuis le début de l'année 2026, dans les régions de Beyrouth, Baalbek-Hermel et Bekaa. Ici, nous appuyons une prise en charge multidisciplinaire, capable de gérer les besoins de santé primaire, la vaccination, la santé sexuelle et reproductive, mais aussi la santé mentale.
Désormais, Médecins du Monde est l'un des premiers acteurs à intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial dans une réponse d'urgence mobile au Liban, en accord avec le Programme de santé mentale national. Grâce à l'installation de tentes garantissant la confidentialité, nos unités médicales mobiles effectuent un travail de premier secours psychologique et de sensibilisation à la santé mentale jusque dans des lieux plus isolés où ils peuvent traiter les personnes non couvertes par les dispositifs existants. Les psychologues peuvent ainsi assurer un suivi régulier lors de visites répétées sur les mêmes sites et, lorsque c'est nécessaire, par téléphone.
Enfin, des séances de groupe ciblées sont proposées, que ce soit par exemple autour de la parentalité en situation d'urgence ou du soutien aux seniors.
Au Liban, la fin hypothétique de la guerre ne signifie pas le retour à la normale, alors même que l'armée israélienne continue d'étendre ses positions au sud du Liban. « Lorsque le cessez-le-feu a débuté, les habitants sont retournés vérifier l'état de leur maison, raconte Stéphanie Bou Gebrayel de Médecins du Monde, et c'est là que l'état de santé mentale se dégrade à nouveau, surtout pour les gens avec des problèmes déjà existants. »
Dans la ville de Nabatiyé, où certains habitants reviennent peu à peu, presque tout a été détruit : écoles, hôpitaux, banques, immeubles, maisons… Dans ce contexte, Médecins du Monde étudie également la possibilité d'étendre son soutien au Sud Liban pour permettre un accès aux soins de santé y compris santé mentale dans des zones lourdement frappées.