04/09/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/09/2026 12:12
Mécanismes d'alerte pour les journalistes en danger, ateliers de sensibilisation pour une meilleure application de la loi relative à la liberté de la presse, baisse du coût des accréditations pour les professionnels de l'information étrangers… Ce sont les engagements pris par le ministre de la communication et des médias et porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, devant Reporters sans frontières (RSF) à l'occasion de la publication du rapport de l'ONG "Dans la peau d'un journaliste des Grands Lacs". RSF salue cette volonté politique et encourage les autorités à en assurer rapidement leur mise en œuvre dans un plan d'action transparent.
"J'ai réaffirmé notre engagement à parachever les réformes en cours, à garantir une presse libre et à renforcer la protection des journalistes, à travers un mécanisme d'alerte spécialement dédié", a déclaré sur Xle ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, à la suite d'une rencontre avec RSF à Kinshasa le 30 mars dernier.
L'organisation lui a remis et présenté son rapportpublié quatre jours plus tôt, Dans la peau d'un journaliste des Grands Lacs, qui plonge dans le quotidien des professionnels des médias de la région, particulièrement en République démocratique du Congo (RDC), qui concentre la majorité des attaques envers la presse dans la région. En cause, notamment, le conflit dans l'est du pays, opposant l'armée congolaise à une mosaïque de groupes armés, dont, notamment, le Mouvement du 23 mars (M23).
Lors de cet échange, en présence de Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l'organisation congolaise Journaliste en danger (JED), RSF a formulé des recommandations à Patrick Muyaya, qui en a pris acte et a pris des engagements concrets pour protéger les journalistes, parmi lesquels :
"RSF salue l'ouverture au dialogue et les engagements pris par le porte-parole du gouvernement de la RDC - premier pays de la région à qui notre rapport sur l'exercice du journalisme dans les Grands Lacs a été présenté - qui constituent des avancées encourageantes pour la protection des journalistes. Il est désormais essentiel que ces annonces se traduisent rapidement par des mesures effectives sur l'ensemble du territoire, afin d'améliorer les conditions d'exercice des journalistes dans ce pays particulièrement marqué par les atteintes portées contre eux. Notre organisation se tient attentive à leur mise en œuvre.
Dans son rapport Dans la peau d'un journaliste des Grands Lacs, RSF révèle les violences multiformes auxquelles sont confrontés les professionnels des médias de la région. L'épicentre des difficultés se trouve dans l'est de la RDC. Depuis la prise de Goma début 2025, informer de manière indépendante depuis l'est du pays, frontalier avec l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie, est devenu quasiment impossible. Menaces, enlèvements, tortures, arrestations arbitraires, et contrôle du narratif de la guerre par les parties au conflit y sont monnaie courante. La RDC demeure l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes dans la région et sur le continent, avec cinq reporters tués en raison de leur travail depuis 2021, dont quatre dans les provinces de l'est.