02/12/2026 | News release | Distributed by Public on 02/13/2026 07:29
Il y a 35 ans, la France s'engageait dans la guerre du Golfe (1990-1991) avec l'opération Daguet. Avant même le déclenchement de l'offensive terrestre, l'armée de l'Air jouait un rôle déterminant dans l'acquisition de la supériorité aérienne, la destruction d'objectifs dans la profondeur du théâtre et la dislocation du dispositif militaire iraquien. Un rôle fondateur, dont les enseignements résonnent encore aujourd'hui à l'heure des exercices de haute intensité comme « Orion ».
Le 2 août 1990, l'invasion du Koweït par l'Iraq constitue une rupture majeure de l'ordre international. En réponse, la France décide de participer à la coalition internationale agissant sous mandat des Nations unies et placée sous l'égide des États-Unis. Déclenchée dès le mois d'août, l'opération Daguet conduit à l'engagement d'une composante aérienne et à la projection d'une division française en Arabie saoudite.
Compte tenu des élongations, l'armée de l'Air s'impose comme un acteur central dans la mise en place des forces françaises. Pour des raisons politiques et opérationnelles, l'aviation de chasse - Mirage 2000, Mirage F1 et Jaguar - accompagnée d'un dispositif de protection sol-air est regroupée sur la base d'Al Ahsa, en Arabie saoudite. Initialement peu adaptée à un usage militaire intensif, cette plateforme est rapidement transformée en base aérienne projetée capable de soutenir des opérations de combat. Les moyens de transport et de ravitaillement sont basés à Riyad.
En quelques semaines, l'armée de l'Air démontre sa capacité à projeter et à soutenir une force aérienne à plus de 7 000 kilomètres du territoire national. Cette montée en puissance constitue une véritable ouverture de théâtre, condition préalable à tout engagement interarmées.
Le 17 janvier 1991 marque le déclenchement de l'opération Desert Storm (Tempête du désert). Conformément aux principes de la guerre moderne, l'action aérienne est engagée en premier afin d'acquérir la maîtrise du ciel au-dessus du théâtre d'opérations. Dès les premières heures, les avions français participent aux frappes initiales contre les capacités militaires iraquiennes, notamment lors du raid de Jaguar sur la base d'Al Jaber au Koweït.
Tout au long de la campagne, l'armée de l'Air contribue à l'acquisition de la supériorité aérienne, à la neutralisation des systèmes de commandement adverses, à l'interdiction des flux logistiques et au renseignement, afin de préparer l'offensive des forces terrestres. Bien que représentant une part limitée du volume aérien de la coalition, l'aviation française mène près de 1 200 missions de combat sans subir de perte, démontrant sa capacité à s'intégrer dans une coalition et à participer à des opérations complexes dans un conflit de haute intensité.
Pendant plus d'un mois, l'action aérienne alliée affaiblit méthodiquement les forces iraquiennes. Les unités ennemies sont désorganisées, leurs capacités de manœuvre et de ravitaillement fortement réduites. Lorsque l'offensive terrestre est lancée le 24 février 1991, la division Daguet peut progresser rapidement vers ses objectifs, notamment la prise de la localité d'Al Salman, avec un minimum de résistance.
En trois jours, les forces terrestres appuyées par la composante aérienne libèrent le Koweït et détruisent une grande partie des capacités militaires iraquiennes. La réussite de la manœuvre terrestre repose directement sur le travail préparatoire conduit par les forces aériennes alliées. En garantissant la liberté d'action, la protection des forces engagées et la connaissance de l'adversaire, la puissance aérienne a créé les conditions du succès au sol.
35 ans après l'opération Daguet, les enseignements de la guerre du Golfe conservent leur pertinence. L'exercice « Orion » qui se déroule en métropole durant le premier semestre 2026 s'inscrit dans cette continuité. Il met à nouveau en lumière le rôle central de la puissance aérienne dans les phases initiales d'un engagement de haute intensité, depuis l'ouverture de théâtre jusqu'à l'appui direct des forces terrestres.
Si l'armée de l'Air est devenue l'armée de l'Air et de l'Espace, la logique demeure inchangée. La maîtrise du milieu, en particulier des basses couches de l'atmosphère jusqu'à l'Espace en passant par la très haute altitude, reste une condition indispensable à la conduite des opérations interarmées et à la réussite de la manœuvre globale.
La 10 février 2021, à l'occasion du 30e anniversaire de la première guerre du Golfe, le Centre d'études stratégiques aérospatiales (CESA) organisait une conférence diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l'armée de l'Air et de l'Espace.