06/10/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/10/2026 07:22
Alors que les premiers éléments de l'enquête suggèrent que le meurtre de Nestor Micator pourrait être lié à ses reportages sur le trafic de drogue, Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités à identifier et poursuivre les auteurs et d'éventuels commanditaires.
Reporter et présentateur à la radio locale D'Empire FM Radio, Nestor Micator a été abattu le 21 mai 2026 à Malidegao, dans la région du Bangsamoro, dans le sud des Philippines. Le journaliste de 56 ans s'apprêtait à rentrer chez lui avec son épouse lorsque deux hommes armés les ont attaqués, avant de prendre la fuite à moto, selon la police. Atteint d'une balle à la tête, le journaliste a été déclaré mort à son arrivée à l'hôpital.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le meurtre pourrait être lié à sa couverture du trafic de drogue dans la région. La veuve de Nestor Micator et son frère ont indiqué à la police, que des individus récemment arrêtés lors d'une opération antidrogue lui reprochaient leurs interpellations et l'accusaient d'être un informateur de la police en raison de ses reportages. La police enquête actuellement sur trois suspects.
Dans un communiqué, le groupe de travail présidentiel sur la sécurité des médias (PTFoMS) a appelé les enquêteurs à explorer toutes les pistes possibles afin d'identifier et de traduire rapidement en justice les responsables de ce meurtre.
"Ce crime odieux ne doit pas rester impuni. Si, comme les premiers éléments l'indiquent, Nestor Micator a été ciblé en raison de son travail, à travers lui c'est toute la communauté journalistique des Philippines qui est attaquée. Nous appelons les autorités philippines à mener une enquête approfondie afin que les auteurs et les éventuels commanditaires de cet meurtre soient traduits en justice au plus vite.
Nestor Micator est le deuxième journaliste tué aux Philippines en 2026. En avril, RJ Nichole Ledesma, journaliste du média en ligne Paghimutad-Negros, a été tué par l'armée, lors d'une opération contre un groupe armé. Elle a justifié ce crime en accusant le reporter d'être membre de la milice ciblée, alors que ses collègues et proches soutiennent qu'il se trouvait sur place dans le cadre d'un reportage.
Avec au moins 148 journalistes tués depuis le rétablissement de la démocratie en 1986, et une journaliste, Frenchie Mae Cumpio, actuellement détenue dans le cadre d'un dossier monté de toutes pièces, les Philippines demeurent l'un des pays les plus dangereux pour les reporters. En 2026, l'archipel se classe 114e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF.