07/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/23/2026 10:51
Politique étrangère
Conférence de presse
Le : 23 juillet 2026
1 - Agenda du pôle ministériel
Avant de revenir sur quelques éléments d'agenda, je voudrais, juste en quelques, réitérer notre condamnation la plus ferme de l'intimidation délibérée et préméditée de deux de nos agents par les services de sécurité iraniens. Nous avons dénoncé publiquement, lundi, au niveau du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, ces agissements, qui contreviennent aux principes qui régissent les relations diplomatiques, à la Convention de Vienne de 1961. Nous avons passé les mêmes messages en direct au chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran à Paris, qui a été convoqué mardi au Quai d'Orsay. Ces actions, qui en s'attaquant aux artisans de notre coopération, visent à nous détourner de notre soutien à la population iranienne, ne resterons pas sans conséquence.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, s'est rendu en Islande en début de semaine, un nouveau déplacement aux confins de l'Europe, après avoir été au Groenland l'été dernier, en Lettonie en janvier mais aussi en Suède en février. Ce déplacement lui a permis de signer une ambitieuse feuille de route bilatérale, actant notamment un approfondissement de nos investissements conjoints, déjà engagés dans des domaines tels que les datacenters, les télécommunications mais aussi les technologies de captage du carbone.
En Islande, le Ministre avait à cœur d'insister sur le plein engagement de la France dans l'Arctique, devenu un espace de compétition stratégique majeur. La guerre d'agression conduite par la Russie en Ukraine depuis février 2022 touche en effet directement la région, avec des menaces cyber et des incursions de drones dans l'espace aérien européen. Dans cette région, le renforcement de la sécurité européenne apparaît donc chaque jour plus essentiel. C'est ce que le Ministre est notamment venu plaider en Islande : une capacité pour l'Europe à mieux défendre ses intérêts et prendre en main son destin.
Alors que les Islandais sont appelés à se prononcer le 29 août prochain sur l'ouverture de négociations par référendum, pouvant ouvrir un éventuel rapprochement avec l'Union européenne, le Ministre poursuivra dans les prochains mois ses déplacements dans d'autres pays nordiques, aux confins de notre continent. Il insistera partout sur le caractère essentiel de l'Union européenne, dans un environnement stratégique en rapide mutation.
Ce projet politique de l'Union européenne est plus attractif que jamais : 10 pays sont aujourd'hui candidats à l'adhésion. Cette union si ambitieuse nous permet, depuis 80 ans de vivre en paix. Cet horizon commun nous permet de tendre vers un renforcement continu de notre souveraineté et de notre autonomie stratégique.
Demain, vendredi 24 juillet, le Ministre se rendra à Annecy dans le cadre de son agenda « DiploNation », qui sont des déplacements dans différentes capitales régionales. Il rejoindra la Haute-Savoie depuis Genève, à bord du Léman Express, dont les liaisons quotidiennes entre la France et la Suisse illustrent la densité de notre relation transfrontalière. À Annecy, il ira à la rencontre de citoyens, d'élus, d'acteurs économiques, d'étudiants, pour échanger sur les grands enjeux internationaux et leur impact sur le quotidien des Français.
Le ministre délégué chargé de l'Europe, M. Benjamin Haddad, se rend aujourd'hui dans la Marne pour aborder les enjeux de souveraineté européenne industrielle, aéronautique et spatial. Il s'entretient également avec M. Vahan Kostanyan, adjoint au ministre des Affaires étrangères de la République d'Arménie. Demain, il participe à une réunion en visioconférence relative aux régions ultrapériphériques, organisée avec Mme Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer.
La ministre déléguée à la Francophonie, aux partenariats internationaux et aux Français de l'étranger, Mme Éléonore Caroit, rencontre demain le Dr. Sania Nishtar, Directrice exécutive de Gavi, l'Alliance du Vaccin, pour assurer le suivi du Sommet « Une seule santé », que la France avait accueilli à Lyon, en début d'année. Lundi prochain, elle rencontrera le ministre des Affaires étrangères danois, M. Lars Løkke Rasmussen.
Je souhaitais revenir sur une annonce importante faite par la ministre déléguée, Eléonore Caroit, ces derniers jours. Grâce au travail étroit mené avec certains opérateurs téléphoniques et le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Orange et SFR intègrent désormais un lien vers la page « Conseils aux voyageurs » du ministère dans les SMS que nous recevons tous à l'arrivée sur un territoire étranger.
C'est important parce que cela facilite considérablement l'accès de chaque Français qui se rend à l'étranger à des outils qui peuvent lui sauver la vie en cas de crise. Concrètement, cet ajout permet aux voyageurs de connaître, en un clic, les informations sur leur destination et de s'inscrire sur le dispositif « Fil d'Ariane », qui leur permet de signaler leur présence à l'étranger afin d'être alertés et contactés en cas de risque. Cela permet aussi à nos ambassades et consulats d'avoir connaissance de qui est présent, et quand, en cas d'alertes sécuritaires, sanitaires, sismiques ou météorologiques.
Nous sommes le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, donc nous ne vous découragerons jamais de partir à l'étranger. Mais pour que vos vacances ou vos voyages d'affaires ne virent pas au cauchemar, nous ne pouvons que vous inciter à toujours bien choisir votre destination et à vous renseigner en amont, notamment via les « Conseils aux voyageurs ».
Voici une illustration des Conseils aux voyageurs à l'échelle du monde. Nous avons agrégé chaque pays qui existe sur le site Internet dans une carte monde. Vous pouvez y voir, à l'échelle mondiale, l'illustration de ces Conseils aux voyageurs. Ces cartes sont produites par le Quai d'Orsay, elles évoluent sans cesse, au gré des éléments sécuritaires et de l'actualité dans chacun des pays. En 2025, elles ont cumulé plus de 23 millions de vues.
Pour rappel, il existe quatre niveaux de gradation :
- Le vert, qui correspond à la vigilance normale qui doit être observée dans la zone. Il faut cependant toujours tenir compte des conseils précisés dans les onglets « Sécurité » et « Dernière minute » de la fiche du pays.
- Le jaune, qui renvoie à la vigilance renforcée qui doit être observée dans la zone. Cette couleur correspond à des risques limités, compatibles par nature avec le tourisme.
- L'orange, qui indique que les déplacements dans la zone sont déconseillés, sauf pour des raisons impératives d'ordre professionnel ou familial, en raison d'une situation sécuritaire dégradée, incompatible avec le tourisme. En cas de maintien du déplacement, il convient de faire preuve d'une vigilance particulière, de prendre des mesures de sécurité renforcées et adaptées au contexte, et de se faire connaître de l'ambassade ou du consulat de France.
- Enfin la zone rouge, qui est formellement déconseillée peu importe le motif. Dans certains pays classés en rouge, la France n'a pas de représentation diplomatique - le Yémen, l'Afghanistan, ou encore la Corée du Nord -, ou ne dispose que d'une présence très limitée, ce qui réduit considérablement les possibilités de pouvoir porter assistance à un ressortissant qui serait en difficulté.
Maintenant que nous sommes au cœur de l'été, ce sont des conseils que nous voulions remettre en avant, tout en sa
2 - Questions/réponses
Q - Bonjour, la tension reste vive au Liban Sud, avant et après la visite du président Joseph Aoun à Washington. Sur le terrain, ça ne va pas très bien. Et ma question est la suivante. Est-ce que la France a l'intention, dans le cadre de l'après-FINUL, étudier la situation beaucoup mieux et faire en sorte que les prérogatives de la FINUL, autant que possible, aident à la baisse de la tension et à la normalisation, je ne dis pas les relations entre les deux pays, mais au moins au maintien d'une paix qui permettrait aux habitants de la région libanaise, bien sûr, de revenir dans leurs foyers ?
R - Il y a eu deux séries de discussions récemment : l'une à Rome, directement entre Israéliens et Libanais, et l'autre avec la visite du président Aoun à Washington. Et alors que celui-ci rentre de Washington, nous relevons l'engagement continu des États-Unis en soutien au Liban. Nous les encourageons à peser de tout leur poids pour que cet accord-cadre, celui de fin juin, soit mis en œuvre de façon complète et juste. C'est-à-dire qu'il contribue au retour de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban, c'est-à-dire le début du retrait de l'armée israélienne du sud-Liban et le désarmement du Hezbollah. Avec cet accord, pour nous, l'exécutif libanais fait à une nouvelle fois la démonstration de sa détermination à avancer vers une paix durable avec Israël et nous soutenons cette démarche, notamment par son courage, ce que nous n'avons cessé de dire depuis notamment début mars.
Dans ce contexte, je l'avais dit la semaine dernière et je vous le redis, nous avons deux objectifs. Le premier, c'est la mise en œuvre de l'accord de fin juin. La mise en œuvre à travers la mise en œuvre concrète des zones pilotes, agrées la semaine dernière à Rome entre Israël, les États-Unis et le Liban, pour qu'elles soient rapidement et pleinement mises en œuvre. L'enjeu est de permettre que l'exécutif libanais et l'armée libanaise puissent avancer sereinement vers la reprise de contrôle au sud Liban de manière plus générale, et ce faisant, d'avancer vers le retrait israélien et le désarmement du Hezbollah. Le second objectif, c'était de formuler une offre de service française, européenne, notamment franco-italienne - vous vous rappelez les conclusions du sommet franco-italien d'Antibes -, pour participer à la mise en œuvre de cet accord-cadre du 26 juin. Avec deux éléments. Le premier, c'est que la France est prête à se mobiliser aux côtés du Liban en appui des États-Unis avec ses partenaires européens pour une coalition internationale ad hoc, pour appuyer l'armée libanaise, notamment post-FINUL, c'est-à-dire une fois que le mandat sera achevé. Il y a des discussions qui ont eu lieu la semaine dernière, qui se poursuivent à New York dans ce cadre, notamment sur la base du rapport du secrétaire général des Nations unies. Et puis la deuxième, c'est que nous sommes prêts à mobiliser la communauté internationale pour venir en soutien aux forces armées libanaises. Nous avons toujours dans l'idée d'organiser, dans les semaines et mois à venir la conférence de soutien aux forces armées libanaises et aux forces de sécurité intérieure, d'ici effectivement quelques semaines et quelques mois.
Q - Les alliés Houthis de l'Iran au Yémen viennent de déclarer avoir frappé deux pétroliers saoudiens, dans le cadre d'un blocus naval qu'ils ont imposé à l'Arabie saoudite, ce qui menace de créer un nouveau point d'étranglement sur les approvisionnements mondiaux de pétrole, parallèlement à la fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz. Quelle est votre réaction là-dessus ?
R - La France condamne avec la plus grande fermeté les attaques revendiquées par les Houthis contre deux navires de commerce qui battaient pavillon saoudien en mer Rouge cette nuit. Ces actes sont irresponsables et ils constituent une escalade grave. Nous exprimons notre soutien et notre solidarité auprès du Royaume d'Arabie saoudite et à l'ensemble de ses partenaires régionaux. Nous appelons surtout les Houthis à cesser immédiatement toute action militaire. Nous sommes pleinement engagés pour la préservation de la sécurité et de la sûreté maritime, pour la liberté de navigation. Nous le faisons depuis longtemps en mer Rouge, notamment, à travers l'opération que vous connaissez qui s'appelle l'opération Aspides, en lien avec nos partenaires.
Q - J'ai deux questions. Une sur la CPI et une sur l'Afghanistan. Sur l'Afghanistan, le 9 juillet, sur ce podium, vous avez dit que la France a initié des contacts afin de faciliter l'éloignement vers l'Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière. Ces contacts, c'était avec qui ? Est-ce que c'était avec les talibans ? Et à quel moment avez-vous commencé ces contacts ? Parce qu'environ 20 pays au niveau européen ont demandé à la Commission de faire la même chose, de prendre contact. Il y a eu une réunion récemment pour la même raison, éloigner des Afghans jugés dangereux. Donc, pourquoi ne pas y participer, en fait, si vous partagez les mêmes objectifs ? Est-ce que vous craignez d'être accusé de normaliser les relations avec les talibans ?
Deuxième question. Demain, il y aura un vote sur l'avenir de Karim Khan à la CPI. Certains pays, comme les Pays-Bas, pensent qu'il devrait être envoyé, malgré l'avis de trois juges indépendants qui pensent qu'il n'y a aucune preuve permettant d'établir les allégations au-delà du doute raisonnable. Quelle est la position de la France ?
R - M. Karim Khan a été accusé de graves manquements et il s'est mis en retrait de ses fonctions il y a maintenant un peu plus d'un an, le 16 mai 2025. Les États parties au Statut de Rome se réunissent demain, 24 juillet, à New York pour décider de la question de sa révocation. Il s'agit d'une procédure disciplinaire, et non judiciaire. Les faits établis par l'enquêtedu Bureau de contrôle interne des Nations unies sont suffisamment graves pour que le Bureau de l'Assemblée des États parties ait recommandé sa révocation. Et demain, la France votera en faveur de la révocation du Procureur, estimant que la recommandation du Bureau de l'Assemblée des États parties, au vu des données de l'enquête, de la gravité des faits et, en réalité, de la rupture de confiance entre Karim Khan et les États parties, justifie cette décision. Cette décision n'altère en rien le soutien que nous portons à l'institution. La Cour pénale internationale demeure pour nous la pierre angulaire du système de justice pénale internationale, l'une des grandes avancées de la fin du XXe siècle. Par ailleurs, la Cour doit être en mesure de s'acquitter pleinement de son mandat, sans subir de pressions, d'intimidations ou d'ingérences, comme ça a pu être le cas ces derniers jours, par certains États. Nous défendons pied à pied l'indépendance de la CPI et nous condamnons fermement toutes mesures coercitives qui seraient menées contre elle. Je sais que ce n'était pas votre question, mais c'est un élément que j'ajoute en réponse au point précis sur son Procureur. J'ajouterai enfin que le Ministre a reçu hier après-midi au Quai d'Orsay le Procureur adjoint de la CPI qui, en réalité, agit par intérim depuis maintenant un an.
Ensuite, sur votre première question, vous avez raison de dire, à l'instar d'autres pays européens, nous avons initié des contacts à des niveaux techniques afin de faciliter l'éloignement vers l'Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière et qui posaient un risque de sécurité sur le sol français. Notre priorité n'est guidée que par une seule chose, c'est la sécurité des Français. L'éloignement se fera bien entendu dans le respect de nos engagements internationaux et notamment du respect des droits humains. Pour le reste, c'est un dialogue technique, je ne vais pas être plus précis, qui va permettre cet éloignement et qui ne remet aucunement en cause notre position sur l'Afghanistan. Nous ne sommes absolument pas dans une logique de reconnaissance du régime taliban. Par ailleurs, le fait est que l'Union européenne a également un rôle à jouer, dans le respect de ses compétences, et afin de coordonner les approches des États membres vis-à-vis de la question sensible de cet éloignement des ressortissants afghans vers l'Afghanistan.
Q - Il y a quelques minutes ou une demi-heure, nous avons vu des publications comme quoi la France avait évacué son ambassade à Téhéran. Est-ce que vous pouvez confirmer ça ?
R - Non, je n'ai rien à confirmer là-dessus.
Q - Rien à confirmer, cela veut dire que vous n'avez pas évacué ou que vous ne voulez pas commenter ?
R - Non, c'est que nous n'avons pas évacué.
Q - D'accord.
Est-ce que vous pourriez donner maintenant plus de détails sur la nature de l'agression que les deux agents ont subie ? Parce que jusqu'à maintenant, le ministère est resté un peu flou sur la nature de cette agression.
Et une toute petite question sur la carte que vous avez montrée tout à l'heure. Vous avez dit qu'un critère important pour le rouge, c'était qu'il n'y avait pas de services consulaires. Or, si je ne me trompe pas, il y a pas mal de pays sur cette carte où il y a des ambassades. Les pays rouges veulent dire donc quoi ? Est-ce que vous pourriez être plus précis sur les paramètres, comment vous décidez quels sont les pays en rouge ?
R - Merci de me poser votre question parce que ce n'est pas exactement ce que j'ai dit, ce qui me permet de préciser mon propos. La couleur rouge, c'est de ne se rendre sous aucun prétexte, soit personnel ou professionnel, dans la zone qui est indiquée. Du reste, ce n'est pas forcément un pays entier : cela peut être des zones au sein des pays, et j'invite d'ailleurs chacun à vérifier au sein des pays où ces zones se situent. Ce que j'indiquais c'était que, dans certains cas, il n'y a parfois aucune présence diplomatique et consulaire ou, parfois, une présence faible, mais je n'ai pas dit qu'il n'y en avait jamais. Mais quand il n'y a effectivement aucune représentation ou une présence qui est faible, cela implique des conséquences : cela rend plus difficile de venir en aide à nos ressortissants, si nous ne sommes pas sur place.
Ensuite, sur votre premier élément, je pense qu'en réalité on a commencé à exprimer pas mal de détails, mais je suis content de vous les redonner. Déjà, le Ministre a eu l'occasion de le redire ce matin dans son interview, il s'agissait d'un incident qui était très grave et prémédité dans la mesure où les agents ont été retenus plus de 4 heures sur le lieu où cet entretien professionnel se faisait, et alors même qu'ils avaient décliné leur identité et non seulement la nature de leur présence, mais ensuite leur identité et surtout la détention d'un passeport diplomatique. Ils ont été visés, dont notre conseiller culturel, intimidés, délibérément, et on les a empêchés de contacter l'ambassade. On les a privés de leurs moyens de communication pendant les heures de ce moment où ils ont été retenus. Ces moyens ont été probablement compromis. Et tous ces éléments sont contraires notamment à l'article 29 de la Convention de Vienne de 1961. Et l'un des agents a été notamment violenté et frappé par les services de sécurité du régime iranien. Ce sont des manquements qui sont inacceptables aux principes qui régissent les relations diplomatiques entre les États. Les agents sont sous le choc. Ils sont revenus désormais à Paris depuis hier. Ils continueront leur mission jusqu'à son terme, mais cette fois, depuis Paris.
Q - Pardon d'insister mais je ne comprends pas très bien le scénario, parce qu'en fait, vous avez dit que même quand ils ont présenté leur identité, ça ne s'est pas s'arrêté. Mais en fait, comment ça a commencé, si les gens ne savaient pas qui ils étaient ? Je ne comprends pas le scénario de ce qui s'est passé ? Est-ce qu'ils savaient qui ils étaient quand ils les ont attaqués ?
R - Oui, c'est pour ça que je vous dis que c'est un acte qui était délibéré et qui s'est déroulé lors d'une rencontre professionnelle anodine, du reste, entre eux-mêmes et des prestataires de l'ambassade.
Q - Des prestataires ?
R - Des prestataires, des personnes qui travaillaient avec l'ambassade au quotidien.
Q - Pour prolonger la question, vous avez parlé de conséquences à venir, le ministre aussi. Cela fait quand même deux-trois jours maintenant que vous n'arrêtez pas de dire qu'il y aura des conséquences. Donc, est-ce que vous pouvez nous donner en tout cas une indication de quel genre de conséquences ? Parce qu'il y a des différences entre expulser des diplomates ou juste des condamnations très fortes. Donc, juste avoir une idée de quoi on parle et aussi un calendrier pour peut-être ces annonces, pour avoir une idée.
Et juste pour revenir sur l'attaque des Houthis contre les tankers saoudiens. Vu qu'il y a cette mission qui se prépare pour le détroit d'Ormuz qui ne fait pas grand-chose à ce stade, est-ce qu'éventuellement vous pourriez renforcer la mission Aspides vu qu'il y a quand même, comme vous dites, une escalade sérieuse et irresponsable ? Et donc juste pour peut-être rassurer certains pays dans la région qu'il y a des gens qui gardent un œil sur cette partie, surtout sur le Bab al-Mandeb.
R - Il y a déjà cette mission Aspides qui est sous PSDC, qui est une mission européenne à laquelle la France participe avec de nombreuses autres nations, l'Italie notamment, les Pays-Bas. Vous savez que la France a fait un très important déploiement de sa marine depuis tout début mars. En réalité, je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'autres nations qui ont fait un tel déploiement avec plusieurs frégates, avec un groupe aéronaval, etc. Depuis maintenant quelques semaines, sont présentes des capacités de déminage. Ensuite, sur l'avenir d'Aspides, en fonction des risques réels, je n'exclus pas du tout qu'il puisse y avoir des décisions au niveau national et européen pour renforcer, en fonction des besoins, les capacités. Au niveau européen, Kaja Kallas, la haute représentante, avait déjà évoqué son possible renforcement. Mais on parle bien de deux sujets, de deux formats distincts, la partie Aspides en mer Rouge et la partie mission multinationale d'exercice de liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.
Sur votre première question, pour nous, les autorités iraniennes ont franchi un palier dans leur hostilité à l'égard de notre dispositif. Et nous avons fait le choix d'y répondre. Certains au sein du régime iranien ont considéré que notamment nos actions culturelles, nos actions fortes auprès de la société civile iranienne pouvaient constituer une menace. Nous avons fait le choix d'y répondre d'abord par la dénonciation publique lundi, ensuite par des messages très fermes passés aux autorités iraniennes, à la fois par le ministre à son homologue, qu'il a eu par entretien téléphonique en début de semaine, mais aussi par la convocation du chargé d'affaires qui a été très rapidement reçu au Quai d'Orsay ce mardi. Les options, ensuite, elles sont à l'étude, ces mesures sont à l'étude. Tout est ouvert, dans un cas comme celui-ci, mais c'est toujours ad hoc et sur mesure, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'automatisme, c'est du cas par cas. Vous le voyez d'ailleurs sur l'Iran, où par le passé, nous avons utilisé une gamme variée d'outils pour répondre aux actions qui étaient hostiles, soit à l'égard de la France, soit à l'égard de la stabilité régionale. Donc pour des raisons évidentes de travail diplomatique, je ne vais pas être plus précis, mais elles seront connues le moment venu quand nos autorités politiques le décideront.
Q - Juste une précision sur Aspides. Est-ce qu'il y a une discussion qui a déjà été déclenchée pour éventuellement renforcer cette force ou c'est juste à ce stade « peut-être, on verra » ?
R - On n'exclue rien. Mais non, à ma connaissance, pas de décision.
Q - Pas de discussion.
R - Non, pas de décision.
Q - Mais est-ce qu'il y a une discussion ?
R - Ces éléments sont discutés dans les différents formats, que ce soit au niveau du COREPER, des ambassadeurs ou au niveau des ministres, oui, tout à fait.
Q - Donc, entre Européens, là, on discute sur l'éventualité de renforcer Aspides dans le court terme ?
R - Je ne dirais pas ça, je dis que les sujets Aspides sont aussi évoqués dans le cadre de discussions.
Q - Sur la situation dans la bande de Gaza, la ministre déléguée Éléonore Caroit revient tout juste, je crois, du Caire, elle est rentrée hier soir, pour s'enquérir de la situation des Gazaouis. Elle a d'ailleurs déploré une forme de silence aujourd'hui sur cette situation. Le plan de paix états-unien devrait être aujourd'hui dans sa phase 2, la phase 2 qui prévoit la démilitarisation du Hamas et le déblocage de fonds pour la reconstruction. Alors la démilitarisation n'a pas eu lieu, il n'y a donc pas de déblocage de fonds, comment tout simplement encourager cette démilitarisation ?
Et peut-être une autre question concernant le rapatriement des Palestiniens de Gaza, ces Palestiniens accueillis en France depuis 2025, il y en a eu plusieurs centaines, est-ce que ces rapatriements continuent ? Je crois qu'ils sont rendus plus difficiles ces derniers temps.
R - Ces rapatriements interviennent dans différents cas, soit des rapatriements sanitaires que nous faisons avec l'OMS, soit des retours dans le cadre du programme de boursiers du Gouvernement ou le cadre du programme PAUSE. Vous savez combien ces retours sont extrêmement difficiles à opérer sur le terrain, avec des autorisations à obtenir de différentes institutions, avec un aspect sécuritaire aussi très difficile à faire. C'est pour cela que les opérations sont difficiles. Nous espérons que nous pourrons reprendre ces opérations notamment d'ici septembre. Nous travaillons dans ce sens, mais je vous rappelle combien cette mise en œuvre est extrêmement difficile, ce qui me permet d'aller sur votre premier élément, c'est-à-dire qu'effectivement, nous faisons tout pour que nous passions à la phase 2 du plan de Charm el-Cheikh et sur Gaza et nous voyons qu'il y a un besoin. Sur tous les éléments, nous n'y sommes pas : c'est-à-dire le déploiement à Gaza du comité technique de gouvernance qui préparera le retour de l'Autorité palestinienne réformée à Gaza. Nous appelons à ce qu'il puisse revenir à Gaza, ce qui n'est pas le cas. Nous appelons à ce que l'aide humanitaire puisse entrer de manière bien plus massive face à la situation catastrophique qu'elle y a sur le terrain. Nous appelons à ce qu'également les ONG puissent être autorisées par le gouvernement israélien à pouvoir opérer. Certaines d'entre elles sont françaises et toutes sont tout à fait au niveau des normes internationales en termes de qualité et en termes de gouvernance. Et donc nous devons renforcer… et pardon, dernier élément, nous appelons à la démilitarisation et au désarmement du Hamas, en particulier à la suite de l'annonce il y a quelques semaines désormais de la dissolution des instances de gouvernance, qui devrait permettre d'avancer. Donc voilà, nous devons renforcer la pression sur toutes les parties pour la mise en œuvre du plan de paix à Gaza et de cette phase 2, alors que la situation humanitaire dans l'enclave reste catastrophique. Notre position, elle est claire s'agissant de la gouvernance de Gaza : le Hamas doit être désarmé et exclu de toute future gouvernance ; et le retour du comité technique, enfin l'arrivée en réalité du comité technique dans Gaza doit être faite dans les meilleurs délais. Nous espérons que ce développement, celui de la dissolution des instances civiles du Hamas, ouvrira la voie à la mise en place de ces conditions pour le déploiement effectif de la phase 2.
Q - Suite aux questions posées sur les Houthis, maintenant la situation s'est détériorée dans la région et le cessez-le-feu n'a pas été respecté dans la région et l'escalade a atteint la mer Rouge et maintenant le président Trump vient de menacer les Houthis. Alors, comment la France évalue-t-elle cette situation et est-ce que vous avez des initiatives pour désamorcer cette situation, cette escalade ?
R - Nous appelons à la désescalade. Nous avons condamné les frappes iraniennes contre des bateaux de commerce dans le détroit d'Ormuz qui ont déclenché maintenant il y a une dizaine de jours le cycle de violence et d'escalade que nous connaissons. Il y a un accord qui a été signé le 17 juin à Versailles qui ouvre une période de 60 jours dans laquelle nous sommes encore pour la mise en œuvre de ces négociations. Notre priorité, c'est d'œuvrer à la désescalade, de contribuer à la pleine réouverture des voies navigables dans le détroit d'Ormuz. Nous ne sommes pas dans le commentaire ou dans l'observation puisque nous avons à la fois une présence à travers l'opération Aspides en mer Rouge et à travers cette proposition de mission multinationale sur laquelle, vous savez, nous avons planché depuis maintenant plusieurs mois et avec la proposition d'avoir déjà des moyens militaires soit de déminage, soit d'escorte militaire, qui sont déjà dans la région.
Q - Bonjour, merci pour toutes ces informations. Une question sur le climat et le financement. Donc l'initiative française de 4P, j'en ai trouvé deux versions sur le nom officiel de cette initiative. Au début, c'était le Pacte de Paris pour les peuples et la planète et puis une nouvelle version qui s'appelle le Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète, donc la question est la suivante : lequel est le nom officiel ou bien il s'agit de deux initiatives distinctes ?
R - Alors vous me posez une question très précise mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agit du Pacte pour la Prospérité, les peuples et la planète. Mais c'est la même chose dans les deux cas.
Q - J'avais deux questions. Une première, savoir si vous aviez un commentaire sur l'annonce de Washington d'hier de conclure un deal sur le nucléaire civil avec l'Arabie saoudite.
Et l'autre question concernait le paquet de sanctions russes qui a été fait à Bruxelles ce matin. Il y avait deux points là-dessus que... En fait, ce que nous ont dit des diplomates, c'est que le Portugal et la France étaient opposés à une interdiction des importations de deux types de poissons qui venaient de l'Alaska russe. Donc je voulais savoir si vous pouviez confirmer ça et expliquer pourquoi et aussi, pourquoi vous ne vous n'étiez pas accordés sur les sanctions sur les personnes ayant combattu en Russie le paquet de sanctions là-dessus ?
R - Alors, sur votre première question, nous avons pris bien note des annonces de coopération entre les États-Unis et l'Arabie saoudite. La France encourage le développement de l'industrie nucléaire civile dans le respect des standards internationaux de sûreté, de sécurité et de non-prolifération et des obligations des États découlant du TNP, du Traité de non-prolifération. Je n'irai pas plus loin dans le commentaire.
Sur le deuxième, et pour revenir déjà sur le paquet qui a été adopté en réalité ce matin après réunion de nos représentants permanents à Bruxelles. Il s'agit du plus important paquet adopté depuis le début de l'agression russe en Ukraine, en termes de désignation individuelle. Nous en avons 220. Et depuis deux mois, il faut le remarquer, l'Union européenne adopte un nombre record de nouvelles sanctions visant la Russie et c'est notable. Et ça démontre non seulement notre unité, je tiens à le dire, et aussi notre détermination, notamment dans le sillage de la réunion de la Coalition des volontaires lundi dernier. En réalité, c'est un des éléments d'application, puisqu'il y a trois éléments dans la Coalition des volontaires. Le premier, c'est le soutien et la poursuite du soutien à l'Ukraine. Le second, c'est l'augmentation de la pression sur la Russie pour aller vers des négociations de paix. Et le troisième, c'est la préparation des garanties de sécurité. Ce paquet, il cible en particulier le secteur financier russe, avec de nombreuses désignations qui concernent des banques russes et l'utilisation de réseaux de paiement alternatifs en pays tiers tels que les crypto-monnaies. Et s'agissant du complexe militaire ou industriel, ce paquet comprend environ une quarantaine d'entités qui font partie de l'écosystème du drone Garpiya. L'adoption de ce paquet démontre notre détermination.
Sur les anciens combattants, je suis content que vous me posiez cette question parce qu'il y a eu plusieurs éléments débattus en presse ces derniers jours sur ce qui est la réalité de notre position. Pour être clair, nous avons soutenu le principe de la mesure que vous mentionnez. Cette mesure vise à interdire l'octroi de visa aux individus ayant activement combattu au sein des forces armées russes dans le cadre de la guerre d'agression russe de l'Ukraine. Maintenant, il y aura besoin d'un nouvel acte pour sa mise en œuvre et c'est ce point-là qui va ensuite nécessiter toute notre attention dans les jours et les semaines à venir.
Q - Il y a une personnalité russe en France qui fait beaucoup débat, c'est Xenia Fedorova. Il y a eu un article du Monde hier qui disait que vous travailliez avec le ministère de l'Intérieur à des sanctions la concernant. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus là-dessus ?
R - L'essentiel du 21e paquet touche des sujets de sanctions sectorielles. Il y a des sanctions individuelles, mais pas sur la base juridique des acteurs de déstabilisation russes. Ces sanctions concernent d'abord l'effort de guerre russe. Cela étant dit, nous ne sommes pas naïfs. Nous avons depuis longtemps et sur une ligne constante dénoncé l'alignement de Mme Federova sur la propagande du Kremlin. Pas plus tard que la semaine dernière, le ministre l'a encore souligné dans un post sur X.Mme Federova est une propagandiste diffusant activement de la désinformation dans le paysage médiatique. Donc oui, il y a des discussions et des échanges sur cette situation qui ont lieu. Et après, pour des raisons de confidentialité évidentes, je ne rentrerai pas dans les détails.
Merci à toutes et tous pour cette dernière conférence de presse de l'année et dans cette salle. Et je vous dis à très bientôt en septembre dans de nouvelles conditions.