10/22/2025 | Press release | Distributed by Public on 10/23/2025 07:41
Des agents de la police de Los Angeles (LAPD) ont commis au moins 15 violations de la liberté de la presse, dont des agressions violentes, contre des journalistes couvrant la manifestation "No Kings" du 18 octobre 2025 dans la ville. Les actions du LAPD semblent contrevenir à une injonction judiciaire, prononcée plus tôt cette année, interdisant toute interférence policière injustifiée dans l'exercice du travail des journalistes. Reporters sans frontières (RSF) appelle le maire et le conseil municipal de Los Angeles à sanctionner le chef de la police et les agents pour leurs tentatives d'entrave à la liberté de la presse.
En juillet, à la suite de dizaines d'agressionscontre des journalistes couvrant les manifestations à Los Angeles, un juge fédéral a émis une injonction contre le département de police de Los Angeles (LAPD). Cette décision interdit à la police d'agresser les journalistes, de restreindre leur accès, de les entraver ou de les détenir dans l'exercice de leurs fonctions. Les membres du LAPD ont violé cette ordonnanceà plusieurs reprises, notamment samedi lors des manifestations dans le cadre d'une journée nationale de protestations contre l'administration Trump. Selon les données recueillies par le club de la presse de Los Angeles et consultées par RSF, la police a, à plusieurs reprises, entravé le travail des journalistes ou les a délibérément pris pour cible alors qu'ils couvraient les manifestations.
En prévision des manifestations, le procureur de la ville de Los Angeles avait déposé une requêteau nom du LAPD demandant la levée de l'injonction, arguant que la restriction interdisant l'usage excessif de la force contre les journalistes était "trop large"et créait une "incertitude opérationnelle". Non seulement le juge a rejeté cette demande scandaleuse, mais le conseil municipal de Los Angeles à l'unanimité a ordonné au procureur de retirer sa requête.
"RSF salue la décision du conseil municipal de rejeter la demande du LAPD de lever l'injonction et l'exhorte à continuer de défendre la liberté de la presse en imposant des sanctions contre le LAPD. À maintes reprises, la police de Los Angeles a agi de manière irresponsable, violente et illégale contre des journalistes qui essayaient simplement de faire leur travail. Le journalisme n'est pas un crime, et le LAPD doit cesser de traiter les reporters comme des criminels. Nous appelons les dirigeants politiques de Los Angeles à se mobiliser pour la liberté de la presse et à demander des comptes aux forces de l'ordre pour leurs violations flagrantes du premier amendement.
Plusieurs journalistes ont déclaré avoir été victimes de violences ciblées de la part de la police de Los Angeles dans la soirée du 18 octobre, alors qu'ils s'étaient clairement identifiés comme journalistes. Parmi eux, le photographe Ted Soquide l'agence Sipa Photoa déclaré avoir été "atteint au dos par une balle non létale tirée par le LAPD"et frappé à coups de bâton "par l'unité équestre du LAPD". Le photojournaliste indépendant Nick Sterna déclaré à RSF avoir été renversé par un cheval de police et menacé d'arrestation alors qu'il montrait son badge de presse. En réponse à un passant déclarant aux agents du LAPD qu'ils tiraient sur des journalistes, une vidéo diffusée sur les réseaux sociauxa montré un agent déclarant : "Ce n'est pas la presse. C'est de la fausse presse."
Les États-Unis se classent 57e sur 180 pays et territoires au Classement mondial de la liberté de la presse2025 de RSF. Ils ont perdu 12 places ces cinq dernières années et ont constaté une hausse alarmante des violationsde la liberté de la presse depuis l'investiture du président Donald Trump pour la deuxième fois en janvier 2025.