UNOG - United Nations Office at Geneva

04/16/2026 | News release | Distributed by Public on 04/16/2026 12:18

Liban : une moyenne de 2 morts et 5 blessés par jour dans les attaques contre les hôpitaux

Alors que plus de 2 100 personnes ont été tuées et 1,2 million de personnes déplacées depuis le début de la guerre au Liban, les établissements de santé ont été frappés en 44 jours par 133 attaques. L'agence sanitaire mondiale de l'ONU recense 88 morts et 206 blessés, soit une moyenne de deux décès et cinq blessés quotidiens.

Ce bilan effroyable témoigne de l'escalade des violences dans le secteur sanitaire. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le personnel et les établissements de santé au Liban ont été touchés à plusieurs reprises par de telles attaques, dont certaines ont fait de nombreuses victimes.

Dans ce climat de violence, 15 hôpitaux et 7 centres de soins de santé primaires ont été endommagés, et 5 hôpitaux et 56 centres de soins de santé primaires ont fermé leurs portes.

« Ces attaques exposent non seulement les intervenants de première ligne à un risque grave, mais compromettent aussi de manière critique la sécurité des patients et l'accès aux services de santé essentiels », déplore l'OMS dans son dernier rapport.

Ces attaques ont non seulement déstabilisé les infrastructures médicales, mais ont aussi exacerbé les risques pour le personnel soignant et les patients.

© WFP/Alfredo Zuniga
Un bâtiment lourdement endommagé à Beyrouth après de récentes frappes aériennes au Liban.

Afflux de blessés, hôpitaux saturés

L'attaque du 14 avril contre l'hôpital de Tebnin illustre tragiquement l'ampleur des destructions et l'impact direct sur les services vitaux.

Le service des urgences, y compris la salle d'isolement, les équipements et les systèmes de ventilation, a été fortement touché, tout comme l'entrée principale, la salle d'attente et des services essentiels tels que la pharmacie, le service de consultations externes et le service des admissions.

L'explosion a entraîné la destruction généralisée des vitrages, des plafonds, des portes, des systèmes électriques, des réseaux informatiques et des infrastructures de surveillance, touchant plusieurs étages, notamment les services d'hospitalisation, la maternité, les soins cardiaques, les bureaux administratifs.

« L'hôpital public de Tebnin, au Liban, l'un des hôpitaux de prise en charge des traumatismes les plus fréquentés du sud du pays, a été endommagé à la suite de deux frappes consécutives à proximité, les 12 et 14 avril. Onze membres du personnel ont été blessés et le service des urgences, y compris des équipements essentiels tels que les respirateurs, les moniteurs, les brancards et les chariots, a été endommagé », a réagi sur le réseau social X, le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Cet incident illustre la pression croissante exercée sur le système de santé libanais, déjà fragilisé par des conditions extrêmes. En écho à l'alerte de l'OMS, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) rapporte que la pression sur le système de santé s'est maintenue.

Les établissements de santé sont non seulement surchargés par le nombre de blessés, mais aussi par des défis logistiques et sécuritaires accrus. « Les hôpitaux restent débordés, devant prendre en charge à la fois les blessés liés au conflit et les soins de routine, dans un contexte de pénurie de fournitures, de manque de personnel et de dégâts aux infrastructures ».

© UNICEF
L'UNICEF livre des fournitures médicales dans des zones difficiles d'accès du sud du Liban.

1,2 million de déplacés

Dans le même temps, « des attaques et des menaces visant le personnel de santé, les ambulances et les établissements de santé ont continué d'être signalées au cours de cette période, ce qui a accru les inquiétudes en matière de protection ».

Cette situation désastreuse est d'autant plus complexe à gérer en raison des conditions d'hébergement et des tensions qui pèsent sur les populations déplacées. En effet, l'impact humanitaire de la guerre continue de se faire sentir avec des milliers de personnes contraintes de vivre dans des conditions précaires, loin de chez elles.

Au moins 1,2 million de personnes sont déplacées, dont plus de 140 000 hébergées dans des abris collectifs. De nombreuses familles déplacées ont connu des déplacements répétés et restent dans l'impossibilité de rentrer chez elles en raison des hostilités en cours et des destructions généralisées.

« La surpopulation dans les abris et la pression soutenue sur les services essentiels persistent, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines », a insisté l'OCHA, relevant que l'accès humanitaire doit être « maintenu et une désescalade recherchée de toute urgence ».

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