03/05/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/06/2026 18:11
À chaque élection municipale, des millions de citoyens se rendent aux urnes pour choisir leurs représentants locaux. Mais que se passe-t-il concrètement le jour du vote dans un bureau de vote ? Derrière ce moment clé de la vie démocratique se cache une organisation très encadrée, destinée à garantir le secret du vote et la sincérité du scrutin. Vérène Gribonval, présidente de bureau de vote à Lyon, nous explique les coulisses de cette journée électorale.
Présidente de bureau de vote à Lyon
Déjà, il faut s'assurer que l'on est entré dans le bon bureau. Il arrive fréquemment que plusieurs bureaux de votes soient à la même adresse. Donc, on consulte sa carte électorale pour être sûr que l'on est dans le bon bureau.
On verra en entrant des tables avec des enveloppes et des bulletins de vote, des isoloirs qui sont comme des petits boxes avec des petits rideaux, une autre table sur laquelle est posée l'urne et une dernière table avec le registre pour les émargements et les procurations.
Ensuite, il y aura quelques personnes qui sont là pour nous accompagner dans la formalité de vote : des citoyens volontaires, des employés municipaux, parfois du personnel de sécurité pour vous aider à entrer dans les lieux, accéder aux ascenseurs… Enfin, on trouvera sur les murs un certains nombres d'affichages pour rappeler quelques éléments utiles pour le bon déroulement des élections.
Le bureau de vote est un lieu vivant toute la journée du vote. Au-delà des personnes mandatées pour l'accueil dans le bâtiment, ou aider à l'orientation, on y trouve des personnes qui vont s'assurer du bon déroulement du scrutin.
Le président du bureau de vote a la responsabilité de toutes les opérations qui vont se dérouler dans le bureau de vote, de l'installation le matin tôt au dépouillement après la clôture du bureau de vote. Il s'appuie sur ses assesseurs pour garantir la bonne tenue du bureau de vote.
Les assesseurs sont des personnes clés : pendant la journée, elles surveillent l'urne, la liste d'émargement et contrôlent les justificatifs d'identités. Les assesseurs peuvent se relayer pendant la journée mais l'urne est toujours surveillée par au moins deux personnes.
Le secrétaire rédige le procès-verbal pour décrire en détail comment tout s'est passé : le décompte des enveloppes, des bulletins, des anomalies éventuelles...
Les scrutateurs interviennent une fois que le vote est fini : ils ont pour mission de dépouiller le vote, c'est-à-dire d'ouvrir les enveloppes et de compter les voix recueillies par chaque liste de candidats. Ils vont aussi compter les bulletins nuls ou les bulletins blancs.
Le bureau de vote est un lieu de neutralité. Ce n'est plus le moment de faire campagne. La tenue vestimentaire est libre. Toutefois, il faut que la tenue portée permette de voir le visage de l'électeur. Même s'il y a un grand soleil, il faudra lâcher les lunettes de soleil ou la caquette à grande visière quelques secondes.
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Actualité · Élections
Publié le 04/02/2026
Deux cas de figure : si l'électeur a déjà son bulletin de vote, il peut se contenter de prendre uniquement l'enveloppe. En revanche, s'il souhaite utiliser un bulletin mis à disposition sur place, alors il doit prendre les bulletins d'au moins deux listes. C'est très important, car c'est cela qui permet de garantir le secret du vote. Personne ne saura quel bulletin a été choisi ou si un bulletin a été placé dans l'enveloppe.
Oui, c'est possible. Mais attention, il faut que ce soit bien le modèle qui a été mis à disposition par les candidats. Ça ne peut pas non plus être des noms écrits à la main sur une feuille blanche.
L'isoloir est le lieu où l'on choisit comment on va remplir l'enveloppe électorale. Cela se fait à l'abri des regards, pour que le vote reste bien secret. Il y a même souvent une poubelle à proximité immédiate pour se débarrasser des bulletins de vote inutiles.
En principe l'électeur entre seul dans l'isoloir. Toutefois, il est prévu des exceptions pour faciliter le vote. Par exemple, si une personne a besoin de se faire assister physiquement, alors elle peut se faire accompagner par la personne de son choix. Cette personne peut alors entrer dans l'isoloir et préparer l'enveloppe.
Concernant les enfants, l'usage est de tolérer qu'ils accompagnent leur parent s'ils sont jeunes, tant que cela ne perturbe pas le bon déroulement du vote et ne trahit pas le secret du vote.
C'est à chacun de décider ! Il n'y a pas de règle. Mais c'est vrai que les enveloppes sont petites et que faire rentrer le bulletin dans cette petite enveloppe nécessite parfois de multiples pliages.
Oui et non. C'est très encadré car il ne faut pas que la photo trahisse le secret du scrutin. Donc pas de photo dans l'isoloir par exemple. Par contre, en tant que présidente, j'autorise le jeune électeur qui est fier de voter pour la première fois à se faire prendre en photo lorsqu'il dépose son bulletin dans l'urne. C'est une fierté de citoyen qu'il ne faut pas gâcher. Mais je veille à ce qu'on ne voit pas sur la photo l'intérieur de l'urne ou bien d'autres électeurs.
Il n'est pas possible de changer quoi que ce soit. Une fois que le bulletin est dans l'urne les choses sont définitives. C'est pour cela que certains électeurs préfèrent préparer leur vote à la maison en apportant le bulletin qu'ils ont reçu par courrier.
C'est vrai que cela a un côté un peu étonnant ce « a voté » qui retentit continuellement dans le bureau de vote. Ce n'est pas qu'une tradition, c'est bien précisé dans le code électoral : au moment où l'électeur introduit son bulletin dans l'urne, le président constate publiquement le vote et prononce cette petite formule. Ainsi, l'assesseur qui tient le registre électoral saura qu'il peut faire signer l'électeur immédiatement après.
L'assesseur n'a pas le droit de toucher l'enveloppe qui contient le bulletin. C'est l'électeur qui agit ! En revanche, juste avant que l'enveloppe soit déposée dans l'urne, l'assesseur vérifie que l'électeur est bien inscrit sur les listes de ce bureau de vote, contrôle son identité et vérifie qu'il n'a pas déjà voté.
On va procéder au dépouillement. Cela se fait en plusieurs étapes. On prépare d'abord des tables pour faire des petites équipes de dépouillement. Ensuite, on ouvre l'urne. Et on compte les enveloppes et tout ce qu'on pourrait trouver dans l'urne. On compte aussi le nombre de signatures sur le registre des émargements. Et enfin, des volontaires placés autour des tables ouvrent une à une les enveloppes en notant ce qu'elles contenaient. Souvent, ce sont des électeurs qui sont passés pendant la journée et que l'on a sollicité pour donner un peu de leur temps en fin de journée pour cette étape qui est indispensable.
Certaines enveloppes spécifiques sont mises de côté pour pouvoir être contrôlées si nécessaires, par exemple si elles contiennent un bulletin blanc ou nul. Ensuite, tout est consigné sur un procès-verbal, le décompte des voix pour chaque liste ou chaque candidat. Dernière étape : le président du bureau de vote donne à la mairie le procès-verbal de son bureau de vote et le matériel de vote qui a été conservé.