Oxfam International

07/08/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/08/2026 16:43

Les pays riches surestiment d’environ 100 milliards de dollars la valeur réelle de leur financement climatique

Publié: 8th juillet 2026

Selon une nouvelle analyse d'Oxfam, les pays riches ont une nouvelle fois gonflé la « valeur réelle » des financements climatiques qu'ils fournissent aux pays à revenu faible et intermédiaire, en la surestimant d'environ 100 milliards de dollars en 2024. La surestimation est encore plus importante que celle de 2022 qui s'élevait à 88 milliards de dollars.

Les pays riches affirment avoir mobilisé près de $137 milliards de financements climatiques en 2024 afin d'aider les pays du Sud à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, à s'adapter aux effets dévastateurs de la crise climatique et à limiter les impacts. Sur ce montant, $106 milliards correspondent à des financements publics, dont 69 milliards (65 %) sous forme de prêts. Et un grand nombre de ces prêts sont accordés aux conditions du marché qui ne nécessitent presqu'aucun effort financier de la part des pays riches tout en alourdissant la dette des pays du Sud global.

Oxfam estime que la « valeur réelle » des financements climatiques fournis par les pays riches en 2024 se situe entre 33 et 45 milliards de dollars, soit tout au plus un tiers du montant déclaré.

Seuls 15 à 18 milliards de dollars ont été consacrés à l'adaptation.

Cette analyse intervient quelques semaines seulement après les négociations climatiques de Bonn, au cours desquelles les gouvernements des pays riches ont refusé de renforcer l'engagement pris lors de la COP30 au Brésil de tripler les financements consacrés à l'adaptation d'ici 2035. Oxfam estime que même un triplement de ces financements permettrait de couvrir qu'un tiers des besoins d'adaptation des pays les plus pauvres.

Oxfam a calculé la « valeur réelle » des financements climatiques en estimant l'équivalent-don des prêts liés au climat et des autres instruments financiers qui ne sont pas des dons, plutôt que de retenir leur valeur nominale, afin d'évaluer l'effort financier réellement consenti par les pays riches. Cette méthode tient compte de la différence entre les prêts accordés aux conditions du marché et ceux octroyés à des conditions préférentielles, tout en corrigeant les évaluations souvent excessives de la contribution réelle de ces financements à l'action climatique.

« Une fois de plus, les pays les plus riches et les plus pollueurs gonflent la valeur des financements climatiques qu'ils fournissent, créant une illusion de solidarité alors qu'ils apportent bien moins qu'ils ne le prétendent », a déclaré Mariana Paoli, responsable des politiques climatiques chez Oxfam. « Au lieu d'aider les pays les plus pauvres à faire face à une crise à laquelle ils n'ont guère contribué, les pays riches aggravent leur endettement avec des prêts, dont beaucoup sont accordés à des conditions commerciales lucratives. C'est une ironie cruelle : ceux qui portent la plus grande responsabilité paient moins - et réalisent même des bénéfices - tandis que ceux qui sont les moins responsables paient davantage. »

« Ce dont nous avons besoin, ce sont des financements climatiques publics sous forme de dons, à la hauteur de l'ampleur de la crise climatique - pas de tours de passe-passe comptables, pas de prêts qui aggravent la dette, et pas de promesses creuses. Les dons sont une bouée de sauvetage : ils permettent aux pays de s'adapter au changement climatique, de réduire leurs émissions, de protéger les populations et de répondre aux pertes et dommages causés par la crise climatique. À la COP31, les pays riches doivent augmenter de manière drastique les financements climatiques sous forme de dons et enfin respecter les engagements qu'ils ont pris. »

Notes aux rédactions

Les estimations d'Oxfam reposent sur une analyse inédite réalisée par INKA Consult et Steve Cutts, à partir des dernières bases de données de l'OCDE sur le financement du développement lié au climat pour 2023 et 2024. Les chiffres sont arrondis au demi-milliard de dollars le plus proche. Téléchargez la note méthodologique.

Selon l'OCDE, les pays riches déclarent avoir mobilisé 136,7 milliards de dollars de financements climatiques en faveur des pays du Sud global en 2024.

En 2022, les pays riches avaient déjà surestimé la « valeur réelle » de leurs financements climatiques de jusqu'à 88 milliards de dollars.

Selon le rapport de 2025 du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) sur l'écart en matière d'adaptation, les besoins de financement de l'adaptation des pays à revenu faible et intermédiaire sont estimés entre 310 et 365 milliards de dollars par an d'ici à 2035.

Lors des négociations climatiques de Bonn le mois dernier, les gouvernements des pays riches ont refusé de renforcer l'engagement pris six mois plus tôt lors de la COP30 à Belém (Brésil) de tripler les financements consacrés à l'adaptation. Oxfam estime que même un tel triplement ne couvrirait qu'un tiers des financements nécessaires pour répondre aux besoins des pays les plus pauvres.

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