10/13/2026 | Press release | Archived content
Monsieur le Ministre Musaab Nazzal Al -ali,
Mesdames et Messieurs les Ministres, Ambassadrices et Ambassadeurs, et Cheffes et Chefs de délégation,
Mon ami, Responsable du bureau régional, Dr Adham Ismail,
Chers collègues et amis, chères collègues et amies,
Permettez-moi tout d'abord de remercier le Dr Adham, et vous toutes et tous, pour vos aimables paroles et pour votre soutien, qui me remplissent à la fois d'humilité et de fierté.
Je remercie également le Gouvernement et le peuple égyptiens pour leur contribution en tant qu'hôtes du Bureau régional de la Méditerranée orientale, pour leur engagement de longue date en faveur de la santé et pour leur soutien à l'OMS.
Je félicite en particulier l'Égypte d'avoir conservé son statut de niveau « or » sur la voie de l'élimination de l'hépatite C, et je me réjouis de remettre officiellement le certificat de vérification à Monsieur le Ministre Abdel-Ghaffar demain.
Je tiens également à remercier le Dr Adham Ismail d'avoir accepté de remplir les fonctions de Responsable du bureau régional. Il s'acquitte très bien de sa mission, ce qui ne m'étonne pas.
Je me réjouis de travailler avec lui et je tiens à lui assurer, ainsi qu'au personnel des bureaux régionaux et nationaux, mon soutien indéfectible.
Je suis conscient que l'année écoulée a de nouveau été une année difficile pour la Région, et pour le monde en général.
Cette Région est le théâtre de plus de conflits que toute autre, avec les urgences sanitaires et humanitaires que cela entraîne, comme l'a déjà souligné le Dr Adham.
Les services de santé eux-mêmes ont été pris pour cible.
Votre Région a subi plus d'attaques contre des établissements de santé, des agents et agentes de santé et des patients et patientes que toute autre.
Les hôpitaux, les ambulances et personnels de santé sont protégés par le droit international humanitaire. Ils ne doivent jamais être pris pour cible.
La plupart des États Membres ont été touchés d'une manière ou d'une autre, et continuent de l'être.
Dans bon nombre de vos pays, l'OMS met tout en œuvre pour soutenir les systèmes de santé, les services de santé et les agents et agentes de santé, ainsi que pour acheminer des fournitures médicales.
Nos équipes de pays à Gaza, au Soudan, au Yémen, au Liban, en Afghanistan et ailleurs sont restées sur le terrain et ont continué à remplir leur mission, souvent en prenant de grands risques personnels.
Je les remercie, ainsi que les personnels de santé de la Région, qui assurent la continuité des services alors que tout le reste est à l'arrêt.
Mais ce dont la Région a le plus besoin, c'est une chose que l'OMS ne peut pas lui apporter : la paix.
Le meilleur remède, c'est la paix.
Outre les conséquences des conflits, de nombreux pays ont également subi les effets de coupes budgétaires soudaines et sévères.
Comme l'indique le Rapport du Directeur régional, près de 2000 établissements de santé ont été touchés dans toute la Région.
Face à cette situation, l'OMS fournit un appui aux pays pour les aider à surmonter cette crise et à opérer une transition d'une situation de dépendance à l'aide extérieure vers une souveraineté sanitaire, reposant sur leurs ressources nationales.
C'est également l'objectif central de l'initiative « Accra Reset », dirigée par le président ghanéen John Mahama.
Lors de cette session, le Comité examinera une résolution sur le financement de la santé destinée à renforcer la protection financière.
Elle vise à faire de la souveraineté sanitaire une réalité concrète, avec davantage d'investissements nationaux dans la santé, un financement prioritaire des soins de santé primaires, et la protection des familles contre les coûts catastrophiques.
Je remercie l'Égypte et Oman pour leur coprésidence du Groupe spécial régional sur le financement de la santé, et je vous invite instamment à adopter cette résolution.
Je salue également les progrès réalisés vers la mise en place d'un mécanisme régional d'achats groupés, dirigé et pris en charge par les États Membres.
La mutualisation de la demande constitue un moyen concret de faire baisser les prix, de garantir l'approvisionnement et de réduire la dépendance.
Malgré les pressions qui pèsent sur elle, cette Région continue de montrer ce dont elle est capable.
Je tiens à féliciter la Libye et la Tunisie pour avoir réussi, comme l'Égypte avant elles, à éliminer le trachome en tant que problème de santé publique ; le Koweït et le Qatar, pour avoir interrompu la transmission endémique de la rougeole et de la rubéole ; et le Maroc, pour avoir endigué l'hépatite B.
L'une des résolutions qui vous est présentée, relative à une approche d'élimination axée sur plusieurs maladies transmissibles, peut accélérer ces progrès, en favorisant un regroupement des programmes dans le cadre des soins de santé primaires, plutôt que de combattre une seule maladie à la fois. Je vous encourage à l'adopter.
Et nous devons venir à bout de la poliomyélite.
L'Afghanistan et le Pakistan sont les deux derniers pays où le poliovirus sauvage est encore endémique, et la transmission y est désormais plus étroitement circonscrite qu'elle ne l'a été depuis des années.
La dernière ligne droite est toujours la plus difficile. Je demande aux gouvernements de ces deux pays, ainsi qu'à tous les partenaires, de poursuivre leurs efforts jusqu'à ce que plus aucun enfant, nulle part, ne soit paralysé à cause de la poliomyélite.
Bien que nous soyons avant tout préoccupés par l'impact qu'ont les coupes budgétaires sur les pays, l'année et demie qui vient de s'écouler a également été difficile pour l'OMS elle-même, comme vous le savez.
Une chute brutale de nos financements nous a contraints à réduire notre budget et nos effectifs.
De nombreux amis et partenaires se sont sincèrement inquiétés pour l'avenir de l'OMS.
J'ai toujours pensé que le plus grand risque pour l'OMS n'était pas de perdre des financements, mais de perdre son intégrité. Les financements peuvent être ajustés, mais la perte d'intégrité est bien plus difficile à corriger.
C'est le choix auquel l'OMS a été confrontée. Nous avons choisi de préserver notre intégrité, de défendre la science et de gérer les conséquences financières.
Je tiens à vous assurer que nous sommes désormais parvenus à une situation de stabilité - même s'il subsiste bien sûr des poches de pénurie, comme l'a dit le Dr Adham - et que notre Organisation va de l'avant, plus légère, davantage centrée sur sa mission principale et mieux à même de servir les États Membres.
Les deux premières augmentations des contributions fixées ont permis d'atténuer l'impact des coupes budgétaires que nous avons subies, ainsi que celui du retrait des États-Unis. Sans cela, nous aurions perdu bien plus de collègues que ce n'est le cas aujourd'hui.
Je tiens donc à vous remercier pour votre soutien, notamment dans le cadre de l'augmentation des contributions fixées.
De fait, la plupart des économies que nous avons réalisées sont le résultat de coupes opérées aux échelons supérieurs : nous avons réduit de moitié le nombre de sous-directrices et sous-directeurs généraux, et de près de la moitié le nombre de directrices et directeurs.
À bien des égards, nous sommes aujourd'hui en meilleure position.
Nos réserves ont désormais doublé par rapport à ce qu'elles étaient lorsque j'ai pris mes fonctions de Directeur général, notre budget a augmenté de 23 %, et nous disposons de 95 % des ressources nécessaires pour l'exercice en cours, malgré quelques poches de pénurie, comme je l'ai déjà évoqué.
Pour autant, l'OMS n'est qu'un des éléments de l'architecture de la santé mondiale.
Les chocs financiers de l'année écoulée ont mis en lumière des faiblesses dans cette architecture qui ne peuvent plus être ignorées.
Lors de l'Assemblée mondiale de la Santé en mai, les États Membres ont chargé le Secrétariat d'organiser un processus conjoint de réforme de l'architecture de la santé mondiale qui soit centré sur les pays, inclusif et transparent.
Un groupe spécial a désormais été créé à cette fin ; il rendra compte de ses travaux dans le courant de l'année.
Cette Région, qui supporte une part si importante des besoins humanitaires mondiaux, doit pouvoir faire valoir son point de vue avec force dans l'élaboration de cette réforme.
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Comme vous le savez, et comme l'a rappelé le Dr Adham tout à l'heure, il s'agit de ma dernière session du Comité régional en tant que Directeur général, avant que mon mandat ne prenne fin en août de l'année prochaine.
Pour cette dernière année, j'ai quatre demandes particulières à vous adresser.
Premièrement, je vous demande d'approuver la prochaine augmentation des contributions fixées lors de l'Assemblée mondiale de la Santé de l'année prochaine.
Les deux premières augmentations ont contribué à rendre l'OMS plus résiliente et plus indépendante, et nous ont également aidés à atténuer l'impact des coupes budgétaires. Nous devons poursuivre dans cette voie.
Si cette augmentation des contributions fixées est approuvée en mai 2027, elle constituera, avec les deux augmentations déjà décidées en 2023 et 2025, un précieux cadeau pour la personne qui me succédera au poste de Directeur général ou de Directrice générale, quelle qu'elle soit.
Deuxièmement, je vous demande de consolider le travail considérable que nous avons accompli dans le cadre de la transformation et du processus de définition des priorités et de réalignement, afin de bâtir une OMS mieux à même de servir les États Membres, dans un esprit de neutralité et d'impartialité, et en mettant l'accent sur l'intégrité.
Troisièmement, je vous demande de participer activement au processus de réforme de l'architecture de la santé mondiale.
Quatrièmement, je vous demande de mener à bonne fin les négociations sur l'annexe PABS, afin que l'Accord sur les pandémies puisse enfin être soumis au processus de ratification et entrer en vigueur.
Et enfin, je vous demande de choisir la paix.
Lorsque je me suis adressé pour la première fois à ce Comité, au Pakistan en 2017, je revenais tout juste du Yémen et je vous ai dit que la seule solution était une solution politique.
Neuf ans plus tard, cela reste vrai - au Yémen comme dans tant d'autres zones de tension dans la Région.
Le déclenchement des conflits n'est pas inévitable, mais leur fin l'est : tous les conflits connaissent une fin.
La seule question est de savoir combien de temps cela prendra et quelles souffrances auront été occasionnées.
Ces deux situations - le déclenchement et la fin des conflits - relèvent d'un choix : le choix de rompre la paix ou de la rétablir.
C'est le choix auquel sont confrontés de nombreux pays de cette Région, et au-delà.
Il ne peut y avoir de santé sans paix.
Excellences, chers collègues et amis, chères collègues et amies,
Ce fut le plus grand honneur de ma vie de vous servir en tant que Directeur général.
Je vous remercie toutes et tous pour le soutien que vous m'avez apporté au cours de ces neuf dernières années - et merci encore pour les paroles aimables que vous m'avez adressées cet après-midi.
Je compte sur votre soutien pour l'année à venir - car je vais encore être à vos côtés pendant plus de 10 mois - et je reste déterminé à vous servir, vous et les populations de la Région, avec toute l'énergie dont je dispose, jusqu'à la fin de mon mandat.
Shukran jazeelan. Je vous remercie.
Focus