UNHCR - Office of the United Nations High Commissioner for Refugees

06/11/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/11/2026 04:38

Avec 7 réfugiés sur 10 déplacés durablement, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés appelle à redoubler d'efforts afin d’apporter des solutions

GENÈVE - Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a présenté aujourd'hui le Rapport sur les tendances mondiales, publication phare du HCR, qui révèle que les déplacements forcés à l'échelle mondiale ont diminué pour la première fois en dix ans, tout en restant à un niveau inacceptable.

En 2025, 5,4 millions de personnes ont échappé à la violence et aux persécutions en fuyant vers d'autres pays. Mais le rapport indique également que les retours s'accélèrent : 14,7 millions de personnes déplacées sont retournées dans leur région ou pays d'origine en 2025 (4,4 millions de réfugiés et 10,3 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays), avec une forte augmentation en Afghanistan, au Soudan et en Syrie. Les retours de réfugiés ont atteint leur deuxième plus haut niveau depuis que le HCR a commencé à publier des statistiques sur les retours en 1965, même si beaucoup ont eu lieu sous la contrainte et dans des conditions précaires.

Dans l'ensemble, les données font état d'une baisse de 3 % du nombre total de réfugiés en 2025, qui s'établit à 41,6 millions. Fait encourageant, près de 46 000 apatrides ont obtenu la nationalité dans 24 pays l'année dernière.

Alors que 70 % des réfugiés restent en exil pendant de longues années et que beaucoup vivent en dessous du seuil de pauvreté, Barham Salih a également exhorté la communauté internationale à soutenir une nouvelle initiative visant à sortir des millions de personnes d'un déplacement de longue durée et de leur dépendance à l'aide humanitaire.

« Pour un trop grand nombre de réfugiés, le déplacement constitue au départ une bouée de sauvetage, mais il dure toute une vie. », a rappelé le chef du HCR. « L'aide humanitaire sauve des vies, mais elle n'est pas une fin en soi et ne permet pas aux réfugiés de jouer un rôle actif dans la construction de leur avenir. Nous avons besoin d'un changement de paradigme afin de redonner espoir et de nouvelles perspectives aux personnes qui fuient la guerre et les persécutions. »

Barham Salih a présenté un objectif clair et mesurable : réduire de plus de moitié, au cours de la prochaine décennie, le nombre de réfugiés en situation de déplacement de longue durée dépendant de l'aide humanitaire, afin d'offrir de meilleures perspectives à de millions de personnes. Cet objectif, qui se concentre sur les pays à revenu faible et intermédiaire où sont accueillis la plupart des réfugiés, serait atteint en élargissant les possibilités de retour, de réinstallation et d'octroi de visas humanitaires pour les réfugiés, tout en opérant une transition des formes traditionnelles d'aide vers l'autonomie.

Cette initiative appelle les gouvernements, les acteurs humanitaires et du développement, le secteur privé et la société civile à redoubler d'efforts pour autonomiser les réfugiés tout en garantissant l'asile et la protection, ce qui est plus crucial que jamais alors que 2026 marquera le 75e anniversaire de la Convention relative au statut des réfugiés.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a présenté les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif ambitieux, qui vise à faire passer les revenus que les réfugiés gagnent par eux-mêmes (hors aide humanitaire) au niveau du seuil de pauvreté national du pays où ils vivent.

Les retours volontaires doivent constituer la solution principale. La résolution d'une poignée des principaux conflits mondiaux permettrait à des millions de réfugiés supplémentaires de rentrer chez eux en toute sécurité et dans la dignité.

Un autre pilier essentiel pour atteindre cet objectif consiste à intégrer les réfugiés dans les systèmes nationaux : éducation, soins de santé, services financiers et marchés du travail, afin de leur permettre de générer des revenus et de contribuer aux économies locales et nationales. Cela nécessite des investissements bien plus importants de la part d'un large éventail de partenaires pour venir en aide aux pays d'accueil déjà surchargés.

Pour conclure, Barham Salih a souligné qu'il était urgent de proposer davantage de solutions pour les réfugiés dans les pays d'accueil, telles que la réinstallation des personnes les plus vulnérables, le regroupement familial et l'accès à des permis de travail et à des bourses d'études. L'écart entre les places disponibles et les besoins est énorme et ne cesse de se creuser. Le rapport indique qu'en 2025, le nombre d'arrivées par le biais de la réinstallation ou du parrainage a chuté de plus de moitié par rapport à l'année précédente, pour s'établir à 81 800.

« L'asile et la protection sauvent des vies et ne sont pas négociables, mais nous ne pouvons accepter une situation où des millions de réfugiés resteraient piégés pendant des années, voire des décennies, sans perspective réaliste de reconstruire leur vie », a déclaré Barham Salih. « Nous avons désormais un objectif ambitieux, réalisable et quantifiable pour favoriser l'autonomie et transformer des vies. Le HCR mobilisera les efforts de l'ensemble de la société pour relever ce défi et créer des voies permettant à des millions de personnes de sortir du cycle infernal des déplacements prolongés. »

Notes à l'intention des médias

Le Rapport sur les tendances mondiales révèle que plus de 70 % des réfugiés et des autres personnes ayant besoin d'une protection internationale proviennent d'Afghanistan, du Soudan du Sud, du Soudan, de Syrie, d'Ukraine et du Venezuela. En 2025, les principaux pays d'accueil des réfugiés et autres personnes ayant besoin d'une protection internationale étaient : la Colombie (2,8 millions), l'Allemagne (2,7 millions), la Turquie (2,4 millions), l'Ouganda (1,9 million), la République islamique d'Iran (1,7 million), le Tchad (1,5 million) et le Pakistan (1,3 million).

Au total, les données du Centre de surveillance des déplacements internes indiquent qu'à la fin de l'année 2025, on estimait à 68,6 millions le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays en raison de conflits ou de violences, soit une baisse de 7 % par rapport à la fin de l'année 2024 ; le Soudan restait la crise la plus grave au monde avec 9,1 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays. La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté en février 2026, a entraîné le déplacement d'environ 1 million de personnes à l'intérieur du Liban à la mi-mai 2026 et 3,2 millions de personnes temporairement déplacées en République islamique d'Iran à la fin mars 2026.

On estimait à 4,5 millions le nombre d'apatrides dans le monde à la fin de 2025, soit 3 % de plus qu'un an auparavant.

UNHCR - Office of the United Nations High Commissioner for Refugees published this content on June 11, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 11, 2026 at 10:38 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]