04/27/2026 | News release | Distributed by Public on 04/27/2026 22:23
Depuis des siècles, les routes maritimes constituent les artères du commerce mondial, transportant marchandises, énergie et idées entre continents. Mais aujourd'hui, ces voies vitales sont sous pression. Piraterie, attaques armées, terrorisme maritime et tensions géopolitiques croissantes menacent la liberté de navigation et sapent les principes fondamentaux du droit de la mer, a déploré le chef de l'ONU, António Guterres, lors d'un débat au Conseil de sécurité sur la sécurité maritime.
La situation est particulièrement critique dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ainsi qu'une part importante des engrais.
Depuis début mars, en raison du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, les perturbations du trafic dans cette zone ont provoqué un choc économique immédiat : flambée des prix de l'énergie, hausse des coûts de transport et perturbations majeures des chaînes d'approvisionnement, les plus graves depuis la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, a souligné le chef de l'ONU.
Les conséquences humanitaires sont déjà visibles. Retards et surcoûts entravent l'acheminement de l'aide vitale, au moment même où débute la saison des semis dans plusieurs régions vulnérables. Le risque d'une crise alimentaire mondiale s'intensifie, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Les pays les moins avancés et les petits États insulaires, fortement dépendants des importations maritimes, sont les plus durement touchés, a-t-il noté.
Au-delà des chiffres, le Secrétaire général a rappelé le sort des marins : plus de 20.000 restent bloqués en mer et plus de 2.000 navires commerciaux font face à des risques accrus. « Ces hommes et ces femmes ne sont parties à aucun conflit. Ce sont des travailleurs civils qui assurent l'approvisionnement du monde. Leur sécurité, leur bien-être et leurs droits doivent être protégés - en tout temps », a-t-il insisté, appelant à soutenir un mécanisme d'évacuation d'urgence préparé par l'Organisation maritime internationale (OMI).
Face à cette crise, il a exhorté les belligérants à rouvrir le détroit d'Ormuz, à garantir un passage sûr et sans entrave, et à respecter pleinement le droit international : « Ouvrez le détroit. Laissez passer les navires, sans péages, sans discrimination. Laissez reprendre le commerce. Laissez respirer l'économie mondiale ».
« L'océan doit rester un espace de paix et de coopération », a-t-il ajouté, appelant à la retenue, au dialogue et à des solutions pacifiques.
Rappelant les priorités de l'ONU, il a insisté sur trois axes : le respect du droit international, la lutte contre les causes profondes de l'insécurité maritime, et le renforcement de la coopération internationale. « Le moment est venu de choisir - et d'agir », a-t-il conclu.