03/17/2026 | Press release | Archived content
ROME, Italie - Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies alerte aujourd'hui sur le fait que le nombre total de personnes confrontées à une faim aiguë dans le monde pourrait atteindre des niveaux sans précédent en 2026, si l'escalade de la situation au Moyen-Orient continue de déstabiliser l'économie mondiale.
Selon une nouvelle analyse du PAM, près de 45 millions de personnes supplémentaires pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë, voire pire (ce que l'on appelle IPC3+), d'ici le milieu de l'année, si le conflit ne prend pas fin et si les prix du pétrole restent supérieurs à 100 dollars le baril. Ces personnes viendraient s'ajouter aux 318 millions de personnes déjà en situation d'insécurité alimentaire dans le monde.
Lorsque la guerre en Ukraine a éclaté en 2022, provoquant une crise du coût de la vie, la faim dans le monde a atteint des niveaux records, touchant 349 millions de personnes. Les dernières projections du PAM indiquent que nous risquons de faire face à une situation similaire dans les mois à venir, si le conflit au Moyen-Orient se poursuit. En 2022, les prix des denrées alimentaires ont fortement augmenté, puis ont mis du temps à redescendre. Les familles vulnérables, déjà confrontées à la faim, se sont ainsi retrouvées, presque du jour au lendemain et pour de longues périodes, dans l'incapacité d'acheter des denrées alimentaires de base en raison de leur prix.
Même si, en 2026, le conflit touche une plaque tournante de l'énergie mondiale et non une région céréalière, l'impact potentiel est similaire, car les marchés de l'énergie et de l'alimentation sont étroitement liés.
Dans de nombreuses régions du monde, les familles vulnérables qui parviennent à se nourrir aujourd'hui pourraient bientôt se retrouver dans l'incapacité de se procurer de la nourriture, ou seulement en très petite quantité.
« Si ce conflit perdure, il aura des répercussions dans le monde entier, et les familles qui n'ont déjà pas les moyens de se payer leur prochain repas seront les plus durement touchées », a déclaré Carl Skau, directeur exécutif adjoint et responsable des opérations du PAM. « Sans une intervention humanitaire dotée de moyens financiers suffisants, cela pourrait être synonyme de catastrophe pour des millions de personnes qui se trouvent déjà au bord du gouffre. »
Le quasi-blocage du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et les risques croissants pesant sur la navigation en mer Rouge entraînent déjà une hausse des coûts de l'énergie, des carburants et des engrais, ce qui aggrave la faim au-delà du Moyen-Orient. Ce conflit a des répercussions considérables et ce sont les populations les plus vulnérables du monde qui seront les plus exposées à ses effets en cascade.
Selon l'analyse du PAM, les pays d'Afrique subsaharienne et d'Asie sont les plus vulnérables en raison de leur dépendance aux importations de denrées alimentaires et de carburant. Les projections indiquent une augmentation de 21 % du nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, et de 17 % en Afrique de l'Est et en Afrique australe. Une hausse de 24 % est prévue pour l'Asie.
Le Soudan, par exemple, importe environ 80 % de son blé ; une hausse du prix de cet aliment de base plongera donc davantage de familles dans la faim. En Somalie, pays frappé par une grave sécheresse, le prix de certains produits de première nécessité a augmenté d'au moins 20 % depuis le début du conflit, selon des rapports locaux. Ces deux pays, qui connaissent déjà un niveau élevé d'insécurité alimentaire, ont également été touchés par la famine ces dernières années.
Cette crise survient alors que le PAM est confronté à de graves déficits de financement, ce qui l'a contraint à redéfinir les priorités de ses programmes sur tous les continents, laissant ainsi de nombreuses personnes dans le besoin sans aide. Une aggravation de l'insécurité alimentaire qui ne s'accompagnerait pas d'une augmentation des ressources pourrait être catastrophique pour certains des pays les plus vulnérables du monde, déjà menacés par la famine.
Note à l'attention des rédacteurs :
Pour évaluer l'impact du conflit sur la faim dans le monde, les analystes du PAM ont d'abord évalué le nombre de personnes, avant la crise, qui n'avaient pas les moyens de se procurer une alimentation suffisamment énergétique (2 100 kcal par jour), puis ont modélisé un choc pétrolier prolongé à 100 dollars, entraînant une hausse des coûts de transport et des prix alimentaires mondiaux. En pondérant les impacts en fonction de la dépendance de chaque pays aux importations d'énergie et de denrées alimentaires, le nombre de personnes ne pouvant plus se permettre ce régime alimentaire a été recalculé, ce qui correspond à l'augmentation prévue de l'insécurité alimentaire aiguë.
La répartition de ces augmentations est la suivante :
Asie : 10 pays analysés ; 9,1 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë, soit une hausse de 24 %.
Afrique de l'Est et australe : 16 pays ont été analysés et 17,7 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 17,7 %.
Amérique latine et Caraïbes : 3 pays analysés ; 2,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une hausse de 16 %.
Moyen-Orient et Afrique du Nord : 12 pays analysés ; 5,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 14 %.
Afrique de l'Ouest et Afrique centrale : 12 pays analysés ; 10,4 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 21 %.
Vous pouvez accéder ici à des images vidéo de l'opération d'urgence du PAM au Liban.
Des photos en haute résolution sont disponibles ici et là .
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