02/26/2026 | News release | Distributed by Public on 02/26/2026 09:13
Pour la plupart des gens qu'elle côtoie, l'environnement dans lequel Estelle travaille est mystérieux. Elle se change pour y pénétrer, ne peut y introduire ni eau ni nourriture, les photos y sont interdites et ce qu'elle y fait est confidentiel. Ce lieu particulier, c'est l'installation nucléaire de base secrète (INBS) de la base navale de Toulon, plus précisément son laboratoire de chimie nucléaire. Comment est-elle arrivé à ce poste et qu'y fait-elle ?
Pour la jeune femme née dans le bassin toulonnais, tout est parti d'un goût pour la chimie développé au lycée. Après son BTS en technique physique pour l'industrie et le laboratoire, Estelle fait un stage dans le laboratoire de surveillance et d'expertise de la Marine nationale, à Toulon. Naît alors l'envie de travailler dans le domaine nucléaire, qui se confirme après sa licence en technique nucléaire et radioprotection. À l'issue d'un stage au centre du Commissariat à l'énergie atomique de Marcoule, elle est recrutée par celui de Grenoble pour des missions de radioprotection. De retour à Toulon, elle poursuit cette activité chez Onet, comme sous-traitante de Naval Group. Peu après, un poste se libère dans le laboratoire de chimie nucléaire de l'INBS, où sont entretenus les sous-marins nucléaires d'attaque (SNA). Estelle postule et à 22 ans, rejoint Naval Group.
Avec deux autres collaborateurs, Estelle vérifie l'état des circuits primaire et secondaire des SNA par le biais d'analyses physico-chimiques, dans le cadre de leur maintien en condition opérationnelle. « Les chimistes des équipages effectuent des prélèvements qu'ils nous transmettent pour que nous les analysions. Cela demande de la rigueur et de la minutie car les liquides que nous traitons sont potentiellement contaminants et leur manipulation est délicate. »
Estelle et son équipe effectuent également des analyses pour délivrer de l'eau déminéralisée aux navires à propulsion nucléaire, surveiller la piscine neutronique de l'INBS ou encore contrôler les effluents liquides provenant des navires, en vue de leur transport vers une zone de gestion des déchets radioactifs.
« Nous délivrons à bord les produits que les chimistes utilisent en mer pour vérifier le bon fonctionnement de la chaufferie. À leur retour, ils nous transmettent les résultats de leurs mesures, ajoute Estelle.
Enfin, il nous arrive de remplacer nos collaborateurs entre les laboratoires de radioprotection de Brest et Toulon : nous nous entraidons en cas de besoin. »
En poste depuis sept ans, Estelle se sent toujours aussi épanouie. Elle apprécie l'autonomie dont son laboratoire bénéficie et les bonnes relations tissées avec les chimistes des équipages. « Mon environnement le plaît et je ne m'ennuie jamais ! Avec l'arrivée des SNA de type Suffren, nous avons acquis de nouveaux appareils pour affiner nos analyses et améliorer nos méthodes. Le niveau d'exigence de notre client, le Service de soutien de la flotte (SSF), s'est accru, si bien que je me sens toujours challengée : nous avons beaucoup de travail et pas le droit à l'erreur. Sans oublier la pression liée au calendrier du MCO. »