RSF - Reporters sans frontières

09/17/2026 | News release | Archived content

RSF demande au gouvernement espagnol de protéger le journaliste Luis Galeano et d’empêcher son expulsion vers le Nicaragua par les autorités américaines

Ce citoyen espagnol d'origine nicaraguayenne, exilé du Nicaragua depuis 2018 à la suite de graves persécutions, a été arrêté par les services d'immigration dans l'État américain de Floride le 14 septembre. Il fait l'objet d'une procédure aux États-Unis qui l'expose à un risque sérieux d'expulsion. Reporters sans frontières (RSF), par l'intermédiaire de sa section RSF Espagne, appelle le gouvernement espagnol à lui garantir une assistance consulaire immédiate et à faire tout ce qui est en son pouvoir pour s'assurer qu'il ne soit pas renvoyé au Nicaragua, où il pourrait courir un grave danger.

RSF demande de toute urgence au gouvernement espagnol d'intervenir auprès des autorités américaines pour assurer la protection du journaliste Luis Manuel Chavarria Galeano, qui est actuellement détenu par les services de l'immigration et risque d'être expulsé vers le Nicaragua. Selon des informations obtenues par RSF, la police de l'immigration (ICE) a déclaré qu'il s'agissait d'une arrestation effectuée par le service des douanes et de la protection des frontières (CBP).

Arrêté le 14 septembre à Orlando alors qu'il travaillait comme chauffeur Uber, le journaliste, directeur de l'émission de radio Café con Voz, est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Baker, en Floride, et doit comparaître devant un juge de l'immigration le 2 octobre. Sa situation est particulièrement préoccupante compte tenu des persécutions dont il a déjà été victime au Nicaragua pour son travail de journaliste indépendant. Il avait été contraint de fuir le pays en 2018 au milieu d'une vague de manifestations qui a déclenché une répression sévère contre la presse indépendante menée par le régime Ortega-Murillo. Depuis, il poursuit son travail de journaliste depuis l'exil. En février 2023, les autorités nicaraguayennes ont en outre révoqué sa nationalité ainsi que celle de 93 autres Nicaraguayens qu'elles qualifiaient de « traîtres à la patrie ».

"L'Espagne ne peut pas rester les bras croisés alors qu'un de ses citoyens, un journaliste persécuté pour avoir fait son métier, est détenu aux États-Unis et risque d'être renvoyé dans un pays qu'il a fui à cause d'une répression sévère, où sa sécurité pourrait être gravement menacée. L'Espagne doit utiliser tous les moyens diplomatiques et consulaires à sa disposition pour garantir sa sécurité et empêcher son retour dans un pays où il risque fort d'être pris pour cible à cause de son travail de journaliste.

Edith Rodríguez Cachera
Vice-présidente de RSF Espagne

Un citoyen espagnol

RSF insiste sur le fait qu'une circonstance fondamentale doit être prise en compte par les autorités américaines : Luis Manuel Chavarria Galeano est un citoyen espagnol. Le gouvernement espagnol lui a accordé la nationalité par le biais de la procédure de naturalisation "carta de naturaleza", en vertu du décret royal n° 449/2025, daté du 3 juin, publié au Journal officiel le 4 juillet 2025.

RSF a demandé au ministère espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, ainsi qu'au consulat général d'Espagne à Miami, d'activer immédiatement tous les mécanismes appropriés de protection et d'assistance consulaires, et d'informer officiellement les autorités américaines du statut de Luis Galeano en tant que citoyen espagnol et journaliste en exil. Les autorités espagnoles doivent entreprendre les démarches diplomatiques nécessaires auprès des États-Unis pour empêcher son expulsion vers le Nicaragua et suivre activement sa situation jusqu'à ce que la procédure soit réglée. Si les autorités américaines ordonnent finalement son expulsion, le gouvernement espagnol doit envisager de faciliter son transfert vers l'Espagne.

L'audience d'immigration étant prévue le 2 octobre, une action diplomatique urgente s'impose.

RSF rappelle que le journalisme indépendant reste sévèrement réprimé au Nicaragua et que des centaines de journalistes nicaraguayens ont été contraints de quitter le pays. Le renvoi de Luis Galeano au Nicaragua serait particulièrement grave, compte tenu de son parcours professionnel, de son exil et de la révocation de sa nationalité nicaraguayenne.

Le Nicaragua est le pays d'Amérique latine le plus mal classé dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF, occupant la 168e place sur 180 pays et territoires, et l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Le climat de terreur imposé par Daniel Ortega et Rosario Murillo a anéanti le journalisme indépendant dans le pays et envoyé des centaines de journalistes en prison ou en exil.

Plusieurs associations de journalistes ont déjà demandé aux autorités américaines de libérer Luis Galeano et ont appelé à ce que les journalistes qui ont fui le Nicaragua à cause de persécutions liées à leur travail soient protégés plutôt que pris pour cible par les services de l'immigration.

L'Association interaméricaine de la presse (IAPA) a également appelé les autorités américaines à empêcher son expulsion, à respecter les garanties procédurales et à lui garantir l'accès à une représentation juridique.

RSF continuera à suivre de près la situation de Luis Galeano et demande au gouvernement espagnol de fournir des informations sur les mesures qu'il a prises pour assurer sa protection.

Publié le 17.09.2026
RSF - Reporters sans frontières published this content on September 17, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on September 28, 2026 at 20:45 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]