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03/17/2026 | News release | Distributed by Public on 03/17/2026 12:32

Cisjordanie occupée : l’ONU craint un « nettoyage ethnique »

Le déplacement de plus de 36.000 Palestiniens en Cisjordanie occupée constitue « une expulsion massive de Palestiniens d'une ampleur inédite », a alerté mardi le Bureau des droits de l'homme de l'ONU.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), qui vient de publier son dernier rapport couvrant la période allant de novembre 2024 à fin octobre 2025, « les déplacements en Cisjordanie occupée, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza (...), semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif » sur l'ensemble des territoires occupés, « qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique ».

Le 19 février, le HCDH avait déjà indiqué craindre un « nettoyage ethnique » dans les territoires palestiniens occupés, en pointant du doigt une série d'actions israéliennes dont « l'intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, le refus d'apporter une aide humanitaire et les transferts forcés ».

Nations Unies
Des Palestiniens sont contraints de quitter le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est.

Transfert illégal de Palestiniens

Le document souligne aussi le risque accru de déplacement auquel sont exposés des milliers de Palestiniens appartenant à des communautés bédouines situées au nord-est de Jérusalem-Est en raison de l'avancement des projets de colonisation sur place.

Le « transfert illégal » de Palestiniens « constitue un crime de guerre », note le Haut-Commissariat. Et « dans certaines circonstances », de tels actes peuvent même « s'apparenter à un crime contre l'humanité ».

Le rapport conclut également que le transfert de pouvoir de l'armée israélienne aux autorités civiles, les mesures visant à confisquer des terres palestiniennes pour l'expansion des colonies, ainsi que d'autres politiques et pratiques discriminatoires « constituaient un régime institutionnalisé de discrimination, d'oppression et de violence systématiques de la part d'Israël à l'encontre des Palestiniens », en violation de l'interdiction de la ségrégation raciale et de l'apartheid prévue par le droit international.

© UNOCHA
Un Palestinien se tient au milieu des décombres de sa maison à Al Jiftlik-Abu al 'Ajaj, dans la région de Jéricho.

Violence commise par des colons

Plus largement, le document fait état, sur la période concernée, de « l'avancement ou de l'approbation, par les autorités israéliennes, de 36.973 unités de logement dans les colonies de Jérusalem-Est occupée et d'environ 27.200 dans le reste de la Cisjordanie ». Un nombre sans précédent de 84 nouveaux avant-postes ont également été établis au cours de la période considérée.

Ces derniers développements interviennent dans un contexte sécuritaire lourd. Les violences dans ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 ont flambé depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, et se sont poursuivies malgré l'entrée en vigueur le 10 octobre d'un cessez-le-feu à Gaza.

Ce rapport, qui couvre la période de 12 mois allant jusqu'au 31 octobre 2025, recense 1.732 incidents de violence commis par des colons ayant entraîné des blessés ou des dégâts matériels, contre 1.400 au cours de la période précédente. Cela inclut le harcèlement incessant, l'intimidation et la destruction de maisons et de terres agricoles.

© UNICEF/Alaa Badarneh
Des familles fuient leurs maisons en Cisjordanie, en raison de l'escalade continue de la violence (photo d'archives).

Confiscations de terres et expulsions forcées

Les attaques quotidiennes menées par des colons armés, des soldats et des « colons-soldats » - dont beaucoup ont été armés, équipés et formés par les autorités de l'État -, ainsi que la fermeture de nouvelles terres aux propriétaires fonciers et aux récoltants palestiniens, ont fait de la saison 2025 la pire depuis des décennies.

« La violence des colons s'est poursuivie de manière coordonnée, stratégique et largement impunie, les autorités israéliennes jouant un rôle central », indique le rapport, relevant que l'impunité persistante et généralisée « facilite et encourage la violence et le harcèlement à l'encontre des Palestiniens ».

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, appelle Israël « à cesser immédiatement et complètement la création et l'expansion des colonies, à évacuer tous les colons et à mettre fin à l'occupation » des territoires palestiniens.

Il demande également à Israël « de permettre le retour des Palestiniens déplacés et de mettre fin à toutes les pratiques de confiscation de terres, d'expulsions forcées et de démolitions de maisons ».

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