06/04/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/04/2026 10:28
Toute décision politique concernant l'accès des enfants aux réseaux sociaux devrait être guidée par une approche fondée sur les droits de l'enfant, éclairée par les recherches les plus récentes et, surtout, par les voix des enfants eux-mêmes. Alors que de nombreux pays revoient leur législation sur l'accès des enfants aux réseaux sociaux, les participant·es à un dialogue organisé aujourd'hui au Conseil de l'Europe, dont de jeunes ambassadrices et ambassadeurs originaires d'Autriche, d'Irlande, d'Italie et de Malte, se sont interrogés sur la meilleure façon de concilier la protection des enfants avec le respect de leurs droits et la possibilité pour eux de participer de manière significative au débat public.
« À chaque fois, l'Europe se retrouve devant le même dilemme. Celui de devoir choisir entre la sécurité et les droits, comme s'ils étaient incompatibles », a déclaré le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, Alain Berset, dans son allocution d'ouverture. « Avec les réseaux sociaux, le débat se pose souvent dans les mêmes termes : faut-il couper l'accès pour protéger les enfants ou garantir leurs droits en acceptant les risques ? C'est un faux choix. Un choix qui mène dans une impasse », a-t-il averti.
Le ministre des Affaires sociales et de la Santé de Monaco, Christophe Robino, a confirmé que cette question complexe ne « semble pas relever strictement d'un simple choix entre liberté ou restriction. Elle consiste plutôt à construire les conditions d'une liberté compatible avec les droits de l'enfant et la protection de leur intérêt supérieur », a-t-il déclaré. « Dans l'espace européen de droits que nous construisons, le numérique ne peut pas devenir une zone d'exception. Les droits de l'enfant doivent y être aussi réels, aussi effectifs et aussi protecteurs qu'ailleurs. C'est dans cet esprit que Monaco s'est activement engagé, aux côtés des équipes du Conseil de l'Europe, dans l'organisation de ce dialogue », a-t-il souligné.
Les données montrent une augmentation des symptômes de dépendance liés à l'utilisation des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante dans la vie quotidienne des enfants, ce qui transforme leur façon de communiquer, d'apprendre et de s'exprimer. Une récente étude souligne l'ampleur et la complexité de ce problème. Dans les pays de l'OCDE, en semaine, 66 % des filles de 15 ans et 61 % des garçons de 15 ans passent trois heures ou plus par jour sur les réseaux sociaux, et plus de la moitié d'entre eux déclarent avoir vu des contenus dérangeants. Les statistiques relatives à la santé mentale sont tout aussi préoccupantes : selon l'Organisation mondiale de la santé, un enfant sur sept en Europe souffre d'un trouble mental ; chez les filles âgées de 15 à 19 ans, ce chiffre passe à une sur quatre. L'augmentation des symptômes dits « de type addiction » liés à l'utilisation des réseaux sociaux, signalés par 11 % des adolescent·es, ne peut être ignorée.
La santé mentale des enfants est une question de santé démocratique
« La santé mentale de nos enfants n'est pas une question de santé publique parmi d'autres. C'est aussi une question de santé démocratique », a souligné Alain Berset. Cela fait un lien avec le Nouveau Pacte démocratique pour l'Europe, une initiative pionnière du Conseil de l'Europe axée autour de trois piliers d'action pour la démocratie: apprendre, protéger et innover.
« Il ne s'agit pas de s'opposer à la révolution technologique. Mais de veiller à ce qu'elle se fasse dans le respect de la démocratie, des droits humains et de l'État de droit », a déclaré Alain Berset, soulignant l'importance du dialogue inclusif en la matière.
Organisé par le Comité directeur pour les droits de l'enfant (CDENF) et le Comité directeur pour les droits humains dans les domaines de la biomédecine et de la santé (CDBIO), sous les auspices de la Présidence de Monaco du Conseil de l'Europe, cet événement a rassemblé plus de 130 responsables politiques, expert·es internationaux de renom et autres parties prenantes, ainsi que plus de 300 participant·es en ligne.
Les discussions d'aujourd'hui alimenteront une note d'orientation qui sera élaborée par le CDENF pour aider les pays à élaborer leurs politiques.