10/21/2025 | News release | Distributed by Public on 10/21/2025 09:43
Abeer Etefa, responsable régionale principale de la communication du Programme alimentaire mondial (PAM), a déclaré mardi à des journalistes à Genève que depuis l'instauration du cessez-le-feu le 10 octobre, l'agence avait pu acheminer plus de 6.700 tonnes de nourriture, soit de quoi nourrir près d'un demi-million de personnes pendant deux semaines.
« Les livraisons quotidiennes se poursuivent et atteignent désormais en moyenne 750 tonnes », a déclaré Mme Etefa. « C'est bien mieux qu'avant le cessez-le-feu, mais cela reste bien en deçà de notre objectif, qui est d'environ 2.000 tonnes par jour ».
La porte-parole du PAM a expliqué qu'à moins que tous les points de passage frontaliers ne soient utilisés, atteindre cet objectif est « quasiment impossible ».
Actuellement, seuls les points de passage de Kerem Shalom et Kissufim, dans le sud, sont ouverts, et les « graves destructions » entravent l'accès du sud au nord, où l'état de famine a été déclaré en août.
« Nous avons besoin d'Erez, de Zikkim, et de la réouverture de ces points de passage frontaliers », a insisté Mme Etefa.
Atteindre le nord de Gaza avec des convois de grande envergure est une priorité, a-t-elle déclaré.
« Nous avons dégagé les routes vers le nord à grande échelle », a-t-elle ajouté, en retirant les débris des points de passage frontaliers afin de pouvoir rejoindre la ville de Gaza, où la situation est particulièrement critique.
« Mais nous avons besoin de la réouverture de ces points de passage pour pouvoir accueillir des convois de grande envergure ».
L'agence a commencé à rétablir son système de distribution alimentaire, avec pour objectif d'étendre l'aide à 145 points de distribution dans toute la bande de Gaza. Quelque 26 points de distribution ont déjà été rétablis.
« La réponse a été vraiment impressionnante », a dit Mme Etefa, décrivant les réactions de la population aux distributions alimentaires. « Les gens se présentent en nombre, reconnaissants de l'efficacité de la distribution de l'aide alimentaire » ainsi que de la « dignité » avec laquelle ils peuvent faire la queue et obtenir rapidement leurs rations alimentaires.
L'impact est significatif, en particulier pour « les plus vulnérables, les femmes, les ménages dirigés par une femme et les personnes âgées », a-t-elle déclaré.
La population est optimiste, mais un « optimisme prudent » règne quant à la durée des conditions actuelles, a déclaré Mme Etefa. Les bénéficiaires de l'aide alimentaire ont tendance à ne consommer qu'une partie de leurs rations et à conserver le reste en cas d'urgence, « car ils ne sont pas très sûrs de la durée du cessez-le-feu ni de la suite des événements ».
« La paix est fragile », a-t-elle souligné.
À la difficulté s'ajoute le prix prohibitif des denrées alimentaires à Gaza, et les approvisionnements ne sont toujours pas suffisants « pour être abordables », a ajouté la responsable onusienne. « L'accès à la nourriture reste un problème majeur… les gens peuvent trouver de la nourriture au marché, mais elle est inaccessible car extrêmement chère ».
Le PAM soutient les personnes les plus exposées à l'insécurité alimentaire grâce aux paiements numériques, qui ont permis à ce jour à quelque 140.000 personnes d'acheter de la nourriture sur les marchés locaux. L'objectif est de doubler le programme dans les semaines à venir.
La porte-parole du PAM a réitéré les appels de l'agence pour que des fournitures commerciales soient acheminées dans l'enclave et complètent l'aide. « L'aide humanitaire ne sera pas la seule solution pour faire face à la malnutrition sévère et assurer un panier alimentaire complet », a-t-elle expliqué.
Seule la mise en œuvre intégrale du cessez-le-feu permettra au PAM d'intervenir à l'échelle requise pour cette crise, a-t-elle souligné. « Maintenir le cessez-le-feu est vital ».
« C'est vraiment… le seul moyen de sauver des vies et de lutter contre la famine dans le nord de Gaza », a-t-elle conclu.