UNOG - United Nations Office at Geneva

04/21/2026 | News release | Distributed by Public on 04/22/2026 00:36

Près de 8.000 migrants morts ou portés disparus en 2025

Près de 8.000 migrants et réfugiés sont morts ou portés disparus sur les routes migratoires dans le monde l'an dernier, un chiffre inférieur au record de 9.200 enregistré en 2024, selon un décompte publié mardi 21 avril par une agence des Nations Unies.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), cela porte le total depuis 2014 à plus de 82.000. Malgré une baisse des arrivées dans certaines régions, les données montrent que les routes migratoires évoluent plutôt que de s'apaiser, les risques restant élevés le long de trajets de plus en plus dangereux.

« Les près de 8.000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l'aggravation d'un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables », a indiqué l'OIM dans son rapport annuel. Depuis le début de cette année, l'OIM a déjà enregistré 1.723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires.

« Les itinéraires évoluent en réponse aux conflits, aux pressions climatiques et aux changements de politique, mais les risques restent bien réels », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l'OIM. « Derrière ces chiffres se cachent des personnes qui entreprennent des voyages périlleux et des familles qui attendent des nouvelles qui pourraient ne jamais arriver ».

Pression migratoire

Le rapport intitulé Aperçu mondial des voies migratoires 2025 montre que la baisse du nombre d'arrivées dans certaines régions ne traduit pas une baisse de la pression migratoire, mais plutôt une évolution des itinéraires, les mesures de contrôle, la dynamique des conflits et les pressions environnementales ayant modifié les voies de migration établies.

Selon l'OIM, la baisse enregistrée l'an dernier « est liée en partie à une baisse réelle du nombre de personnes qui tentent d'emprunter des routes migratoires irrégulières et dangereuses », en particulier sur le continent américain.

« Mais elle pourrait s'expliquer aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès de migrants sur les principaux axes de migration », a ajouté l'agence onusienne basée à Genève.

« Une baisse des mouvements ne signifie pas automatiquement des voyages plus sûrs, et sauver des vies nécessite une coopération internationale renforcée et un investissement soutenu dans des réponses fondées sur des données factuelles », précise l'OIM.

Photo : HCR/Komi Mensah
L'image d'un survivant parmi les passagers d'un bateau à la dérive au large des côtes mauritaniennes et en partance vers les Canaries (photo d'archives).

Route des Canaries plus longue et plus dangereuse

En Europe, le nombre total d'arrivées a baissé et le profil des mouvements a changé. Selon l'OIM, les ressortissants bangladais sont devenus le groupe le plus important, tandis que les arrivées de Syriens ont diminué à la suite de changements politiques et stratégiques.

Le long de la route atlantique d'Afrique de l'Ouest, les arrivées aux îles Canaries ont considérablement baissé après le renforcement de la coopération aux frontières, mais les trajets sont devenus plus longs, plus risqués et plus dispersés géographiquement.

Dans la Corne de l'Afrique, les mouvements vers l'Arabie saoudite ont légèrement diminué par rapport à 2024 mais sont restés supérieurs aux niveaux de 2023, tandis que les flux de l'Afrique de l'Est vers l'Afrique australe ont augmenté en fin d'année en raison de l'évolution de la demande de main-d'œuvre dans le sud de l'Éthiopie.

Dans les Amériques, les mouvements vers le nord le long de la route d'Amérique centrale ont fortement diminué par rapport à 2024.

Migrants bloqués

Dans toutes les régions, les données de l'OIM révèlent des pressions persistantes le long des itinéraires migratoires. Des milliers de migrants se sont retrouvés bloqués dans des zones frontalières, avec un accès limité à l'hébergement, aux soins de santé et à la protection, tandis que les retours et les relocalisations ont augmenté, ce qui a exercé une pression supplémentaire sur les services locaux et compliqué la réintégration.

Dans l'ensemble, ces conclusions montrent que l'évolution des itinéraires ne signifie pas une diminution des risques. À mesure que les parcours deviennent plus fragmentés et plus dangereux, les décès, les disparitions et les souffrances pèsent sur les familles restées au pays.

En amont du Forum international sur l'examen des migrations qui se tiendra en mai, l'OIM appelle à un renouvellement des engagements visant à protéger les migrants, à prévenir les décès et les disparitions, et à mieux soutenir les familles touchées par les tragédies liées à la migration.

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